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7/6/2009 La longue marche...La longue marche…
Nous avions appris à regarder le temps Mais pas à l’écouter Nous avions admis que le soleil est important Mais oublié qu’il brille Et nous corps se sont embrasés
Nous étions pressés
Dans la naissance de nos cendres, surpris, Nous n’avons rien emporté Rien que nous ne comprenions ainsi Et le ciel nous a recouverts Dans l’espérance d’un dieu isolé
Nous restions figés
Même dans la sagesse de nos pères Nous sommes restés prostrés Les yeux brûlés de trop de pluies d’hiver Nous avons gelé, sans la morsure du froid, Dans la douceur d’un sombre été.
Nous avons marché
Nous avons grandi loi de ces lois Qui abritent les égarés, Chemins tracés dans les sous-bois, Entrés dans le cortège de l’ignorance Nous n’avons pas beaucoup rêvé
Nous avons cherché
Nous voulions tant ! Puis l’espérance S’en est allée Les dieux ont enlacé les engeances Doucement soufflé les bougies Puis se sont retirés
Nous avons couru
Nos mains se sont élevées, en effigie, Pour récolter les gouttes dorées Mais, loin des stratégies Le ciel aussi s’était retiré Sans un regard.
Nous étions seuls. ©Nelly Voyage...
Voyage…
Nous partons mon Chéri A la flamme du temps ! Et qu’importe le vent Qu’importe les marées Nous partons mon Chéri A la flamme du temps !
Le voyage est un fou Qu’aucune loi n’émeut Il vole les matins Et s’élance au-dehors Le voyage est un fou Qu’aucune loi n’émeut
Et les quatre-saisons En font leur loi divine Renaissant chaque fois Qu’il est possible d’être Et les quatre-saisons En font leur loi divine
Alors, sabre-au-clair Marchons la tête haute Sans regarder l’avant Autrement qu’en nos rêves Alors, sabre-au-clair Marchons la tête haute
Nous partons mon Chéri A la flamme du temps ! Et qu’importe le vent Qu’importe les marées Nous partons mon Chéri A la flamme du temps ! ©Nelly 6/10/2009 Je respirais enfin...Je respirais enfin…
Je marchais dans ces déserts dorés Respirant la chance d’être Joyeuse comme un pinson peut-être Loin de ces rêves élaborés
Enchevêtrés comme les rêves Mes pierres devenaient tendres, Et d’ailleurs, pourquoi vouloir prétendre Que la candeur n’a pas de trêve ?
A mains nues dans ce bruit de pluie, Je chantonnais à perdre haleine Au clair-obscur des tendres peines, La lumière fut comme un ami
Chassons le temps s’il nous ennui ! Cessons donc de compter les heures Qui se transforment en vapeurs A chaque fois que vient minuit !
Si le dormeur vit dans sa tête, Et que le poète ne sait rien, Alors louons l’affreux saurien Qui transforme l’homme en bête.
Et quand le feu est presque éteint Et que dans l’âtre froidit la cendre, J’aimerai bien la descendre Moi, cette pente d’étain.
Sombre chemin, ou belle route ? Le monde à personne n’appartient Quand s’insinue bêtement le doute, Et que le froid certain devient
Je respire à pleine voix Le bonheur de t’avoir connu, Marchant, tirant sur l’inconnu, Toi le vagabond sans foi ni loi,
Prince du vent, bandit du temps, Tueur des heures éphémères Et des causes sans repère De revenir, il était temps !
Pieds nus dans ce bruit de monde Dans la houle enfle la lumière, Et dans l’orage, le ciel éclaire A tout jamais la mappemonde.
Si la surface de l’eau N’est que lumière Alors mes prières Seront des flots. ©Nelly 5/14/2009 Sans histoire...Sans histoire…
Je veux vous raconter ces molles enchanteresses Ces diverses beautés qui parent la jeunesse Je veux peindre en tout point la beauté de ces temps Où l’enfance s’allie aux matures latent
Quand au vent balayant, ils offrent leur minois Ils nous font cet effet, à la coque de noix, D’un beau navire partant en conquête de large Placides et triomphants dans leurs habits si larges
Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants Ces futurs chevaliers, ou ces pauvres amants Leurs gorges qui s’avancent, panneaux bombés et clairs Comme des boucliers accrochent leurs éclairs
Quand au vent balayant, ils offrent leurs minois Ils nous font cet effet de craintes qui se noient Dans le sillage triste de ces étranges grâces Qui ont perdu la foi et se trouvent en disgrâce
Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants Ils conquièrent parfois bien inopinément Ce rythme caressant, si lent, si paresseux, De ceux qui bougent tout sans devenir chanceux
Je veux vous raconter ces molles enchanteresses, Ces diverses vertus dont seul une maîtresse Ne connaît pas le prix puisque libre est son corps ; Armoire aux doux secrets, alcôve sans décor
Sous les volcans qu’ils chassent survivent les tourments Quand au vent balayant ils offrent leurs minois Qui, pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants Veulent vous raconter ces craintes qui se noient. ©Nelly 5/11/2009 Solitaire amie...(Prose)
Solitaire amie…(Prose)
La solitude, nos vies, Ces chemins qui nous appellent Dans la fraîcheur des prés Où de l'eau brille. La solitude, prêtresse qui ouvre ses mains Quand la nuit tombe. Nous la voyons errer au faîte des heures Cherchant le rêve dans nos sommeils. C'est une invitée discrète, je l'aime...parfois. Parfois, aussi, je ne l’invite plus Car elle me pèse. Souriante ou grimaçante, son visage est ingrat A la tombée du soir Pas le matin…il fait si beau ! Dans l’ombre des décors, à nous, sans eux, Vivants et purs, mais pâles. Je veux plutôt donner aux autres Ce qui n’est pas, Ecouter sans entendre, et voir L’horizon rétrécit, sans yeux, oreilles Aux quatre vents, mélanger les essences. Et dans les branches mouillées, Inquiète, L’attente de ma solitude qui hésite. Première parole après un long silence Premier feu à prendre au bas d’un monde mort. Cette terre infertile, où tout pousse pourtant, De noir, sans vie, utile inconscience. Comme un tableau très sombre, Qui rappelle aux vivants, Que l’ombre ne grandit point auprès d’un corps détruit ; Arbre sans feuille, chemin perdu, Mais vie pourtant, sève cachée dessous l’écorce. La solitude, nos vies, Ces chemins qui nous appellent Dans la fraîcheur des prés. ©Nelly 4/29/2009 Mon herbier imparfait...Mon herbier imparfait…
Le plaisir de plonger dans cette volupté D’évoquer le Printemps avec ma volonté De tirer un soleil de mon cœur et de faire De mes immaculées une tiède atmosphère Est un reste d’enfance au parfum de verveine De menthe et de jasmin, qui souvent me reviennent Et font s’évaporer mes soucis vers le Ciel En remplissant gaiement tous mes sens de miel
C’est un si vaste champ que l’on peut feuilleter Cet herbier-souvenir au corps agrémenté D’herbes devenues rares, bric-à-brac si confus De formes et de couleurs, de parfums inconnus De majestueuses lignes comme un cygne évadé De sa cage de vert dont l’or vient à aider Le soleil délicat par fragments s’établir Achevant en beauté la page souvenir
Dans la fraîcheur des prés où la rosée s’amuse A rajeunir l’été pour en être sa muse Par la grâce de l’herbe s’allument les couleurs Pour le bal des amis habillés de lueurs Nuances de doré, de pourpre ou de carmin Toute vie en essence parcoure ces chemins Comme on cherche le rêve, nous voyons nos sommeils Danser sur une terre parsemée de vermeil Et, quand la nuit tombée, ils entrouvrent leurs mains Les anges aux cheveux blonds dansent avec les lutins
Rien ne bouge vraiment, et pourtant tout s’anime Dès que nos yeux parcourent l’immensité de rimes Butent sur l’ancien nom au latin suranné Et que l’on décortique comme le ferait un nez Respirant malgré nous ces parfums de jeunesse Nous enivrant, ravis, des errances traîtresses Nous parcourrons ainsi millier de kilomètres En voyant l’aube pâle grandir à la fenêtre
Ainsi dans l’océan où mon esprit s’exile Je pense aux matelots oubliés dans une île Par la verte bleutée d’une algue capricieuse Qui résonna sans doute d’une voie mélodieuse Les trompant sans vergogne dans ce somptueux décor Où ils cherchent toujours le plus petit accord Qui les réunira, ouvrira leur pensers Pour un beau jour enfin ! Chez eux les ramener.
Mon herbier imparfait, mon monde de fraîcheur, Derrière les ennuis et les vastes douleurs, Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse, Devient celui qui peut, d’une aile vigoureuse S’élancer vers les champs lumineux et sereins A l’instar d’un ange et son grand front d’airain Qui, ailes déployées, par-delà la mappemonde Sillonne gaiement l’immensité profonde.
Souvent, pour m’amuser, je prends pour équipage Les étoiles de mer, et les algues sauvages, Les jolies fleurs des champs, et les herbes folâtres Et je sèche leurs corps comme statue d’albâtre, Eternisant ainsi leur beauté éphémère Mêlant à chaque fois la forêt et la Mer., Dans une union sacrée aux espaces limpides Dont le feu clair remplit leur délicieux vide.
Il est possible en fait de renouer l’alliance Mystérieuse et subtile, où la nature danse Entre plantes et femmes, hommes et adiantes. Ressusciter ce pacte entre créatures vivantes, Tous à la recherche de l’essentiel, transparente Magie des instants oubliés, mystères des corps Des âmes en fusion, dont la souffrance s’endort Dès lors que l’union s’accomplie, tout doucement Force d’aimer, originel enchantement.
La voie des sens, des parfums, raffinement extrême Perception de ce que nous devons être mêmes Et non de ce que nous sommes, las, devenus. Nos émotions, nos instincts profonds, confondus En mémoires natives, à l’inverse des synthèses, Ne se contentent pas d’ouvrir une parenthèse Mais une émotion vraie, excursionniste et pure Pèlerine d’émois dans un désert impur
J’aime ce monde là, végétal et vivant, Simples des jardins, sauvages nées sous le Vent. Tel un arbre et son écorce, je respire, grandit, Dans cette alchimie séculaire, mon souffle suffit. Je ferme les yeux et perçoit cet horizon De nacre et de bleu en parfaite floraison. Point n’est besoin pour moi d’être ailleurs qu’ici, La force de mon corps, symbolique sursit.
Marche en avant précise sur les sentiers du temps Cœur et cheveux au Vent, je me donne souvent, Amoureuse d’effluves nécessaires à ma vie, Surprise à chaque fois quand l’étreinte survit Longtemps après que les corps se soient dispersés… Et doucement je flotte, douce coquille bercée, Fragile dans la mère des senteurs recouvrées, Où j’aime me noyer…venez m’y retrouver. ©Nelly 4/23/2009 Ce que les yeux racontent...Ce que les yeux racontent…
Je vois comme un impair la douleur dans tes yeux Qui se nourrit de « non » protégeant son envol Rassurée un instant par le désir frivole De ne pas perdre autant que l’autre vie de Dieu
Allume ta prunelle à la flamme des lustres ! Regarde le dessein de la vie qui se perd Et cherche le moyen de commettre l’impair Pour que Demain ne soit plus la proie de ses rustres !
Sois ce que tu voudras, mais SOIS, je t’en conjure Pour que naisse en ton cœur bien plus que l’indulgence Ou la ferme intention de repousser l’engeance, L’envie ne suffit plus, il faut trouver le pur !
Je t’aime ainsi ! Pourtant il te faut aujourd’hui Comme un astre éclipsé, sortir de la pénombre, Cheminer un instant, réapprendre le nombre, Dans sa rare beauté suivre la lame qui luit
Et trancher dans le vif d’un coup sec et vengeur Sans ressentir en toi la haine du trépas Car le mal est conquis quand la colère n’est pas, Et jalouse le sort de ceux qui ont du cœur
Si, quelque soir, d’un pleur obtenu sans effort, Pouvait fleurir enfin le végétal emblème Je me prends à songer que les larmes sont blêmes, Mais que le cœur n’est pas victime de son sort.
Je préfère, un instant, voir plus que l’horizon Dans cette plaine hideuse ou les esprits sont morts De n’être pas compris, et perdent la raison Qui fait leur existence dans cet humble décor
Regarde ! Je ne suis rien, qu’un être sans visage, Un marin sans bateau, un soldat sans armée, Je nage, ou je survis en demandant rivage, Regardant l’autre rive comme un antre sacré
Je voudrais aujourd’hui poser enfin mes armes Et regarder l’enfant avec que compassion Lui murmurer des mots, et récolter ses larmes Pour l’offrir en bassin pour pieuses ablutions
Il suffit pour cela ne plus voir dans tes yeux La douleur qui nourrit protégeant son envol Par ces « non » que le cœur protège, capricieux Que la raison surprend mais que le temps affole. ©Nelly 2/20/2009 Les pierres tendres...Les pierres tendres…
Toute la sépia d’un soir d’été ne saurait dire L’odeur de l’herbe, l’étoffe de la pluie, terre, Nos recommencements, nos hâtes, nos souvenirs, Marchands de pluie, une autre sphère
Nos espoirs étaient simples, lisses comme des pierres, Dont nous envahissions les fentes dans les murs Les mêmes, comme toujours, comme le lierre, Envahissant le tronc, pour s’en nourrir, sans blessures
Sans l’étouffer, seulement le parer de vert La force de l’enfance, l’espoir d’ un autre monde Parler, presque chanter, après l’avoir souffert Ce lambeau d’étoffe nous rappelle la ronde
« Traîne, traine mon balais…j’marirai mes filles… » Sauf que…faire de ce lambeau de tissus usé ? On le trouve dans sa mémoire, il nous titille, On le déplace ; les images, les années,
Et puis soudain, les larmes, brusques, qui montent, Nous submergent, et on ne dit rien dans ses mots D’avant, l’autrefois sans nom se démonte, Devient un océan, musique d’une mer sans défaut
Et l’on devient coquillage, lavé, relavé Par cette onde magique, transparente, inertielle Projeté sur un écran tactile, délavé, Parfaitement pur, comme une guérison partielle
Ce ne sont plus nos doigts qui s’agitent, mais des mains, Des milliers de mains, sur un piano géant, guérisseuses, Dans la matière où trébuche l’espoir, demain, Au rêve de l’artiste, l’image attend, heureuse
Sa délivrance, son tarissement de l’angoisse d’être. Reconnaissante enfin de ce droit qu’on lui donna De vivre, d’être là, ici, ailleurs, d’aimer, Et de vouloir aller plus loin, sans disparaître. ©Nelly 2/9/2009 Ebauche de l'esprit...
Ebauche de l’esprit…
Le charme est indéniable pour le cœur amoureux… Dans le nid de ces yeux, où rien ne se révèle De doux, ni d’amer, Se blottissent, ravis, les sens où s’entremêlent, L’Or avec le fer Orfèvrerie si pure et ahurissant jeu
Comme le sable morne recherche le désert, Le sentiment perdu réclame son azur Dans ton corps si beau ! Resplendit à jamais comme un trésor qui dure Miroir de ta peau Mer odorante et vaste, et jamais ne se perd
Quand tout n’est qu’Or, acier, lumière et diamant, La froide majesté ni trouve point sa place Belle d’abandon Et son âme rêveuse se liquéfie de glace Cherchant à tâton Le fardeau de l’errance pendue au firmament
Lors sa tête d’enfant écrasée de paresse Se balance en cadence alanguie et heureuse Au creux de ton cou Et la bouche remonte lentement et fiévreuse Recherche le tout Promis par cette nature avide de caresses
Rappelons-nous l’objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d’été, sous un Soleil si doux Et Ciel pour témoin Au fond de nos regards, lit semé de cailloux, Au vent du matin Qui, surpris, nous regarde, puis d’un souffle se pâme
Tout cela descendait, montait comme une vague, Déferlante et docile, tout à tour, et vivante Egale au plaisir En formes effacées, fluides, comme l’eau courante Tel un souvenir… Une traînée de vide et de plein qui divaguent
Ebauche lente à venir sur la toile oubliée, Perdue dans le dédale de toutes ses pensées Et que l’Artiste achève juste par la mémoire Mais au fait j’y songe… Etait-ce la mémoire ? ©Nelly 1/27/2009 La beauté des souvenirs...La beauté des souvenirs…
Avant que le rêve ne nous prenne, indécis, Le rossignol a chanté encore une fois. Ce fut comme un frisson dans ma mémoire, ici, Il a chanté comme s’endort la vie parfois. Et c’était de l’Or.
Sur la couche de son plaisir, puis du repos, Ainsi, consentit son rêve, à l’arrivant, Où faisait halte son errance, dans cet îlot, Il avait replié sous sa tête, l’avant. Sublime décor.
C’était comme un sommeil d’été, des choses proches, Un feu qui passe, chaque fois, de branche en branche, Transmutation des métaux en rêve, approche, D’un univers si clôturé, une revanche ; Une année encore.
Dans les brumes de mes sommeils si incessants, Aller ainsi, avec le même orient, si loin, Au-delà des images, tableaux harassants, Qui chacun, parfaits firmaments d’étoiles, oints, Deviennent trésor.
Les soirs n’ont tant de la beauté qui s’attarde, Ne peut quitter une terre qu’elle a tant aimée, La façonnant de ses mains de lumière blafarde Qui dévale avec grand bruit dans mon écharde D’avenir sans mors.
Et disent autre chose que ce qui est vraiment, Leur beauté, leurs mensonges, traverser l’angoisse De quelques-uns, mais aussi le bonheur, présent, Dont le feu court dans le passé en cendre ; la poisse Fait place à l’aurore. ©Nelly 1/13/2009 Croyance...Croyance…
L'espérance d'un Dieu inaccessible et beau... ©Nelly et Domi 12/29/2008 Tant de choix...
Tant de choix…
Et des choses et des noms, c’était comme si Les voies, les espérances s’unissaient en même point ; A l’aval de ce fleuve, fleuve de paix, d’amour, Trop pour ce monde, entre ciel et chambre, ainsi Qu’un soleil terrestre, le minime dans ses mains Où parfois le miroir se prend au jeu du toujours.
Evidence d’une vérité qui avance, Comme l’enfant émerveillé sous la treille, Étonné d’être là, si petit, cœur battant. Il se dresse heureux, perdu d’innocence, Tend sa main pour saisir les merveilles ; La grappe rouge du raisin, insouciant.
Tant de Lumière dans son cœur où n’est plus La chaleur d’un sourire, une main maternelle Caressant ses souffrances, comme on flatte la vie. L’enfant-roi, disparu, englouti, reclus Dans son antre sans paix, indifférent au ciel Qui se couvre parfois au détour d’une obvie
Comme s’il allait nu, sur une plage, ici Ou là, seul dans sa voix, dans ses rêves, incertain. Il s’arrête pourtant, distrait, et son pied pousse L’eau dans le sable, une lampe cachée, voici, L’ombre dansante dans la trouée d’un matin, Telle cette lumière dans l’esprit, pâle et douce.
Vivante illusion que ces mains savantes, avant, Qui préservèrent la braise sous la cendre, si vives, Si vraies. Qui d’un pied nu aura laissé l’empreinte ? Qui redessine ce doux visage d’enfant ? Nul n’a voulu, nul n’est venu, qui vive, Seulement le souvenir dans la mémoire qui s’éreinte. ©Nelly 12/21/2008 Forêt de sapins au salon d'ivoire...Rencontre au hasard des blogs de poésie... Ce texte sublime, au coeur de l'hiver, est un coup de coeur. Il est l'oeuvre d'un ami poète québecois Réal. Encore bravo cher cousin!! Forêt de sapins au salon d’ivoire Réal 12/8/2008 Note astrale...La note astrale…
J’ai souvent évoqué cette Lune enchantée Vénus la si belle, légendaire et dévote Qui bâti dans les cœurs un peu d’éternité Jusqu’à ce que l’oubli les jette dans sa hotte.
Ainsi qu’une médaille Vénus s’étalait Comme un fleuve dormant sur le corps de la Nuit Fabuleuse endémie de partout ruisselait Eclaboussant de vie les ombres de l’ennui.
Dans cette aube pluvieuse, s’éveillait lentement La lumière crue des âmes, mouvante et délicieuse, Que tourmentait sans cesse un curieux sentiment Mêlé de solitude et présence pieuse.
Ravie d’illuminer un ciel bourbeux et noir La douceur endormie réveillait dans les prés Les vers comme les roses, et les fontaines-miroir, Rajeunissant les cœurs et les jeunes cyprès.
Tout à coup, au milieu de l’intimité libre, Eclose et vibratoire, une note plaintive, Devenait un sonore instrument où ne vibre Que la claire gaité, puissante et fugitive.
Syllabe brève puis longue, hésitation de l’ïambe Qui n’ose pas franchir le souffle qui espère, Ce son qui réunit divisant les choriambes… Ce beau commencement quand l’aurore se terre. ©Nelly 11/30/2008 L'étoile livide...(A mon ami d'enfance, Philippe, disparu le 27 Novembre dernier)L’étoile livide…
Ils s'attardaient, le soir, sur la terrasse d'ambre D'où partaient les chemins, de sable clair et doux Sous un ciel sans nombre. Et si nue devant nous Etait l'Etoile sans vie, nous devenions ses membres
Elle était l’illusion, un espoir que l’on fume, Le feu naissant de soi, des cendres désunies. A la flamme plus vaste que celle d’un ciel terni, Ce jour là nous avons rendu ce que nous fûmes.
Et nos pas s’en allèrent dans l’herbe sans mémoire, Dormant, ne nous sachant, nous en aimions le goût. Suante, empoussiérée, l’attente malgré nous, Poursuivait son chemin, recherchant le savoir.
Au lieu qu’encor, de nuit, sous des arbres bruyants, Elle s’arrête et frappe à des portes fermées, Elle préférait marcher vers des mains endiablées Et, d’un cri, embrasé, le crépuscule fuyant.
Et vite elle nous menait là où la nuit retombe, Là où deux pas devant il n’est plus rien qu’on sache. Plus de chemin pour nous ; de l’herbe qu’on arrache, Plus de passage à gué…un parfum d’outre-tombe. ©Nelly
11/20/2008 C'est si beau...C’est si beau…
Un cœur qui brille dans la pénombre Et ne sait plus où est le nombre Tant la Lumière est apparente Et la Vérité sous-jacente C’est si beau Un ange parfois assoupie Au bord du Monde qui dévie Comme le satin d’un cercueil Qui oblige qu’on s’y recueille C’est si beau
Un violon nomade du Soir Qui chante le doux sur le tard Sans accompagner la tristesse Vers la sortie telle une princesse C’est si beau Ces mains qui jouent de l’arc-en-ciel Sur la toile de l’inertiel Et puis ces cris…et puis ces riens Qui changent le pieu en païen C’est si beau
C’est si beau de croire à l’oubli D’y voir un champ sans aucun pli Un chant d’Amour qu’aurait aimé Un poète fou ou bien désuet C’est si beau … C’est si beau de croire que jamais L’ab solitude est un chevet Sur lequel repose le foyer Qui brûle au cœur d’un air noyé C’est si beau
De penser au lieu de le faire De l’espérer comme l’enfer Alors que l’Amour inédit Se contente du Paradis C’est si beau De regarder sans vraiment voir La peau si blanche sous satin noir Et la noirceur du désespoir C’est si beau
De se réveiller un matin Et de se dire : « je n’crois en rien ! » Et de sourire à l’enfant né, Simple caprice d’ailleurs, inné C’est si beau Un cœur qui brille dans la pénombre Et ne sait plus si vit son ombre. C’est si beau… ©Nelly 11/9/2008 Vogue l'Ame...Vogue l’Ame…
Aux Chemins oubliés que nimbe l’amertume ; Tous mes vagues à l’âme dans leur manteau d’écume Deviennent des récifs échoués sous ma plume Mourant tout simplement sous son voile de brume
Et sous les Cieux ravis que leur Aube progresse, Des journées infinies tissent de belles promesses Pour les cœurs engourdis des belles poétesses Qui deviennent ainsi étranges prophétesses
Si les marchands de rêves, qui s’endorment déjà Sous un Ciel de traîne qu’ils n’achèveront pas Esquissent des enfants leurs contours jouvenceaux C’est pour mieux retrouver de l’enfance le beau
Quand l’interminable se prend à nos jeux Jouant à cache-cache, brûlant mille feux, Je te veux ami, et non demi-dieu Pour mieux m’endormir au creux de tes yeux
Et finir ainsi l’esquisse divine Qui fut commencée en courbe d’échine Dans un Ciel d’orage où l’âme devine Les formes mouvantes d’ombres sibyllines.
Pour s’élever là où naît le courage Afin d’arrêter ce curieux voyage Qui ne mène à rien d’autre qu’au naufrage Je me permets donc de finir la page
Où chemineront, nimbés d’infortune, Mes vagues à l’âme en manteau d’écume Devenus récifs mourant sous ma plume Pour s’étendre alors noyés sous la brume. ©Nelly Renaissance...Renaissance…
J’ai besoin quelquefois de marcher au Soleil Si les chemins sans terres Dans des brumes si pures, entourée de merveilles Où l’âme s’enterre
Je regarde l’instant où le bleu se mélange A la grise chimère Et redessine encore l’esquisse si étrange De notre terre-mère
Avancée si fragile désirée, redoutée, Annonciatrice d’hivers De printemps, de bonheur et de sensuels étés, Dans leurs teintes de vert
J’en redemande encore, et je cherche et je trouve Ces moments sans impairs Suspendus dans l’espace et le temps qui approuvent Quand le bonheur opère
- tu peux venir te poser sur moi Soleil si doux ! Te tatouer sur ma peau T’accrocher à mon ancre, te lover dans mon cou J’ai trouvé le repos !
J’ai besoin quelquefois de marcher au Soleil Si les chemins sans terres Dans des brumes si pures, entourée de merveilles Car parfois je m’y perds. ©Nelly 10/24/2008 Dans l’Aube d’un poète…Dans l’Aube d’un poète…
La transparence est là, hurlant sa Vérité
Tapie sous un sonnet dans sa pâle beauté,
Douce comme satin d’une aube sans son voile,
Parure si fragile qui parfois se dévoile.
Tant de larmes ont coulé, et couleront encore
Et l'âme du poète ; sa sensibilité,
Continue son ouvrage avec humilité
Faisant naître en ce Monde un fabuleux décor,
Erigé comme un fort où ne viennent jamais
Se battre les remords, pas plus que les regrets,
Ni les sempiternelles questions de l’autre rive ;
Il maintient le navire, évite la dérive.
Poète de toujours, ou même d’un instant,
A chacun de tes mots posons encore un pas,
Sur ce si long chemin qui chasse le trépas
Et sur lequel, mA foi, sommes bien hésitants.
Sur le terrain boueux que nous foulons parfois,
Oublieux de l’Amour et sa force de loi,
Nous, devenus forçats résignés et funèbres,
Découvrons lourdement de trop longues ténèbres,
Et enfin nous voyons ce qui rend plus complètes,
Les mystérieuses lois de nos vies si parfaites ;
Sortir de notre fosse née d’un parcours « injuste »,
Pour accéder enfin à la Lumière des Justes !
Et c’est à sa Lumière, sa chandelle d’écrits,
-Quoique le sujet soit bien triste en vérité-
Qu’enfin nous moissonnons, nourrissant la Beauté
De ce monde si beau que l’imparfait décrit.
©Nelly 10/9/2008 ContrasteContraste…
Mariage de fleurs et de saisons Coule la vie sans déraison Subtiles teintes Déclinaison Jamais ne feinte
L’absolue sienne dans son étreinte Nous dit les ocres que rien n’éreinte Coule la vie Pas de contraintes Dans l’infini
L’enivrante monotonie D’un peintre fier de son génie Silence d’Or Et rêverie Qui nous endort
Nuls astres d’ailleurs, nuls météores Du Soleil même aux teintes fluor Chasse le brumeux Qui nous dévore Au fond des yeux
Pendule au rythme laborieux Ponctue le temps d’un son curieux Et rassurant Comme un adieu Au firmament ©Nelly 10/7/2008 Elle regarde...
Elle regarde…
Elle regarde l’azur dont les rayons parfaits S’accouplent singuliers, à ceux, de son regard Etranges et pénétrants, dans les ombres du Soir, Puis deviennent fragiles quand dorment les effraies
Tel le fluide soyeux de l’onde sur un corps Découvrant au matin la blanche nudité, Se dévoilent au fond des riens d’éternité Qui vous font frissonner dans ce curieux décor.
Trahissant sans façon l’humide profondeur, Une flamme vacille rendant la nuit plus noire, Emblématique scène d’un profond désespoir Sortie droit d’un tableau, absoute de laideur.
Tête-à-tête si sombre, mais tout aussi limpide, Que le cœur au miroir dès l’instant qu’il se mire, Pour puits de Vérité quand s’endort un empire Où semble s’égarer une étoile livide.
Son absolu regard ne demande pourquoi Qu’à l’instant du repos dans ce détroit fatal Tel un navire pris dans un piège de cristal Pour avoir oublier, l’Océan et ses lois.
« Souviens-toi que la Vie reprend ce qu’elle donne, Car elle aime tricher, et gagner, car elle gagne ! C’est sa loi, c’est ainsi. Malgré toute sa hargne Lorsque le jour décroit, la nuit devient madone. »
De cet accouplement, aucune lassitude, Ne viendra perturber les vibrantes douleurs Que les cœurs plein d’effroi refusent dans la peur De voir se reconstruire l’hideuse solitude.
Si l’amour est son phare, le bateau est son âme Perdu, sans capitaine, il reconnaît pourtant A l’attache si fine, son ancre dont le temps Use si bien le fer, et dont le bois se pâme.
Tantôt sonnera l’heure où la Vie gagnera. Il lui faudra partir vers un nouvel ailleurs, Lors elle emmènera, assez près de son cœur, Cette absolue fusion que l’Amour lui donna. ©Nelly 9/30/2008 J'ai vu la Colombe...J’ai vu la Colombe…
Il pleure en hiver et marche au jardin L’étrange univers, Dans les yeux d’un homme au sourire divin ; Viendra la Colombe ?…
Noyant sans façon les cieux d’outre-tombe D’un Soleil carmin, Et rayonnera sans chinoises ombres Au curieux destin ?
Il marche en hiver et pleure au jardin Cet étrange monde, Dans l’aura d’un Etre aux gestes ondins Choyant la Colombe.
Nourris de couleurs et douces prières, Des espoirs sans fin, Montent au créneau jouant pour hier L’harmonie céleste.
Il prie au jardin, marchant sur les restes D’un ancien Monde ; Le Soleil d’été brille dans ses gestes… J’ai vu la Colombe. ©Nelly 8/25/2008 L'Or du fruit mûr...
L’Or du fruit mûr…
C’est un bonheur sans nom que de vouloir aimer Tout cela ? Et le plus Notre bonheur, celui qu’on a construit, C’est le nôtre, vaste Sans puissance d’oubli, et après qu’il eu plu
Et encore, et l’Eté, la terre qui vient à nous Comme pour demander Qu’une autre main la guide, et que rien ne la brûle Hormis cette Lumière Sortie tout droit de nous et qui est sans esprit
Nos âmes tentent le gué, mais nos corps s’y refusent, Et se prennent au rien Et l’une et l’autre soient de notre suffisance, Persuadés, en fait Que rien n’a d’importance, que le fait d’être aimés
Lors la Vie devient eau. Bois de cette eau qui est, Fleuve qui devient rêve, Et se trompe de lit, perdu à tout jamais, Comme cesse le temps. Et lorsque l’on revient, on voit qu’il dort en paix.
Nimbé de son pouvoir, se détacher enfin De ce qui fut chemin, Et ne plus rechercher le fruit inaccessible Sur l’arbre de l’hiver Où grelotte toujours celui qui ne sait pas.
Quant tout est immobile, sentir le bruissement Imperceptible, doux, L’imminence du fruit ! Ouverture de l’Aube, Malgré la grange vide ; Palette de couleurs pour un œil averti.
L’un à l’autre nous sommes, et l‘absence et le mot, Ne sont qu’un à jamais Dilués dans sa couleur inconnue et superbe ; La couleur de nos traces Comme brillance et or, quand l’eau quitte la main. ©Nelly |
Nelly vous transmet du Soleil...Bienvenue dans mon Univers…
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