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11/18/2009 L'invitation au voyage...![]()
Viendras-tu te promener avec moi dans ce pays, Où la sagesse est vertu mais la vertu n’est pas sage ? Car la fusion de nos âmes n’est point là dénaturée, Dans cet état de pureté tant vantée par les chamans. Je sais que le monde est beau si on sait le regarder, Et deviendra un joyau dans nos deux regards mêlés.
L’Amour nous est apparut et fleurit depuis longtemps Dans notre joli jardin où la porte restait close ; Car le jardinier parti avait emporté la clef. Au fil de toutes nos vies, les allées se ressemblaient, Mais toi tu as retrouvé le doux chemin de mon cœur.
Une vague d’amour intense déferle comme un ouragan, Nous enveloppant d’une écume qui pénètre notre corps, Et inonde notre esprit d’une tranquillité limpide.
Je t’invite à ce voyage dont nul autre ne sera, Car c’est toi que j’ai choisi à la lueur de mon âme. Qu’il est doux, à travers brume, de voir briller doucement L’étoile au cœur de la Nuit, et la lampe à la fenêtre.
Je trouverai les graines de fleurs, tu sais celles dont je rêve, Dans cet immense sol lavé et glacial comme le marbre Que sont les choses établies, et sèmerai l’Ere nouvelle.
Dans cette splendeur toute neuve à la vague senteur de l’ambre, S’abriteront bien nos âmes pour parler en grand secret La douce langue natale, le langage originel : Celui de l’Amour. ©Nelly 11/9/2009 Miroitement...
Miroitement…
J’aime la contemplation de tes yeux qui plissent Comme ces rubans de soi caressant nos transes Puis sourient dans la fusion de nos artifices
Mon regard se pose ainsi dans la transparence D’une opale malicieuse qui ravie se glisse Dans l’espace et la matière : morceaux de Silence
Eclats de vie et jouissance dansent au solstice D’un Eté emblématique teinté d’impatience Azuré et luxuriant sans feux d’artifice
J’aime la contemplation de tes yeux qui glissent Sur tous mes rubans de soie frissonnant d’errance Et j’aime écouter le chant de ce doux délice. ©Nelly 11/2/2009 Instants de grâce...(recueil Rêves divers)
Au temple de mes rêves, je médite un moment, Admirant l’alchimie filer tout doucement L’écheveau des pensées, aux lisières du Levant, En mélanges bleutés que disperse le vent.
Je suis une sirène, transformée par l’écrin De velours d’une scène d’arabesques d’airain, Sous le joug du pinceau de l’Artiste serein, Qui se plaît à briser la ligne de mes reins.
Toute d'or, puis grisée ; jolie métamorphose, D’une femme et d’un rêve en parfaite symbiose, Qui s’amusent à s’unir dans l’alcôve des choses, Libérées un beau jour sur un chemin d’osmose.
Si les courbes sublimes d’un corps éthéré, Lentement se devinent sous l’ombre jaspée, Par instant se répand, dans les nues irisées, Des nuances légères, savamment stylisées.
Comme un petit enfant s’élance, oublieux Des dangers du dehors, l’esprit se prend au jeu Des subtils labyrinthes en jolis camaïeux, Où se perdent, ravis, les chemins du gracieux.
Ces écharpes de soie qui se fondent et se traînent Dans le satin des gestes, délivrés de leurs chaînes, Frappés comme le seing sur le corps d’une reine, Disent la liberté et la joie suzeraines. ©Nelly 10/25/2009 Rêve sur la Loire...(recueil Rêves divers)
C'était un matin, un matin décor, De ces doux débuts, quand l'âme s'endort. Le vent a soufflé, a soufflé si fort, Que les souvenirs furent silence d'Or.
C’était un jour où, les mains se pressentent, Une aube comme ça, au cœur d’amarante, Où les liens terrestres, parfois, s’apparentent Aux déclarations d’enflammées amantes.
Prophètes des soifs en ces gracieux jours, Superbes et muettes esquisses d’amour, Les doigts avertis d’un artiste sourd Au soleil ligneux, s'unissent toujours.
La main du claveau se gante bientôt, Jette le plus loin son gris paletot, Dénude son corps comme l’Hottentot, Et grise les cœurs pris dans son étau,
Pour trouver enfin les corps en déroute, Dans de vieux linceuls imbibés de doute. Et l'ombre noiraude, appauvrie sans-doute Par trop de lumière mise sur sa route,
A coiffé le ciel d’un imperméable, Pour bien protéger les pleurs admirables, De ces espérances, enfin, avouables, Dans l’esprit ravi d’âmes charitables.
C'était un matin, un matin décor, De ces doux débuts, quand l'âme s'endort. Le vent a soufflé, a soufflé si fort, Que les souvenirs furent silence d'Or. ©Nelly 10/19/2009 Le Printemps des âmes...
Chaque instant passé auprès des êtres croisés, est une bénédiction. Chaque regard échangé, à travers la trame de la Vie s’écoulant, Est un cadeau qu’elle nous fait, limpide, parfumé : océan de sens, Nourriture terrestre partagée à la table des fusions rassurantes.
Avez-vous déjà plongé votre regard dans le miroir de l’autre ? Senti comme l’eau d’un songe, peut nous baigner d’une liqueur sucrée, Frustration naissante foulée au pied de la force d’attraction du reflet ; Mélange d’ambre bleuté, d’argent irisé de noir et de jade moiré.
Loin d’un songe où il nous est montré un puit profond, sombre, Si peu engageant, humide et froid, semblant détenir nos terreurs d’enfance. Construit de pierres, comme un contrefort menaçant et protecteur à la fois. Carapace. Un seau attaché à une corde, que l’on peut descendre pour y puiser une eau pure et claire.
La certitude d’un acquis certain : au fond de chaque âme se trouve la pureté de l’esprit. Prendre du temps pour la chercher, devenir pèlerin du désert des âmes cheminant, Pour finalement les faire émerger, est une quête sublime et riche. Inaltérable. Donner un sens à nos vies dans l’apprentissage de la vie des autres…Quel défi!
Puis chemin faisant, rencontrer celui ou celle qui mettra sa main dans la vôtre, Guide ou Lumière ? Quelle importance ! Horizon sans matière, rêve à l’état pur. Cette énergie vitale, moteur de toute une vie passée, présente et à venir. Toutes les vies. Autant d’obstacles, mais plus de peurs, plus de doutes. La dualité enfin réunie.
Arbre nu après l’hiver et ses froidures. Force de vie à l’intérieur, d’où surgira le nouveau. Plus d’inquiétude dans la beauté impermanente, dans la fraîcheur des finitudes. Pour une feuille tombée, combien de fleurs à naître ? ©Nelly 10/18/2009 Chemin faisant…
Cueille la vie, car le bonheur n'est pas Dans le Paradis des cimetières, Aussi belle que sera la tombe, Aussi nombreux que tous ceux-là Qui feront semblant de te regretter
Tout deviendra pauvre, nu, transfigurable, Nos meubles seront simples, simples comme des pierres La soif ne sera plus, nous qui aimions la soif Cette brûlure avait le don de nous faire vivre
Mais le plus cher, et non le moins cruel De tous les souvenirs sera la pluie Soudaine, brève, cette pluie d’été Dont nos bouches surprises s’enivraient
Nous marchions dans ce rideau, ces ondes rebelles C’était un autre monde que nous touchions, brillant, Remplaçant de ses larmes que nous n’avions plus Et nous en aimions tant le goût sur nos lèvres
Nos sens s’enivraient de cette odeur d’herbe Fraîche et vivante mais pourtant déjà loin Souffles mêlés, cheveux défaits, de l’or De l’or encore sans le savoir, la fin.
D’un horizon précaire, l’avenir était roi, Souverain incrédule d’un royaume au déclin. Pourtant tout est paisible, écouté sans regret, Mais malade en dedans, quand tout brille au dehors.
Oui, cueille la vie, elle te sera plus belle, Au jardin des sans-noms, l’écriture est si fine ! Et l’histoire est sereine nimbée de sa blancheur ; Compte bien chaque instant au cadran de ta vie. ©Nelly 10/14/2009 Le miroir de jade...
J'ai regardé tes yeux Comme on écoute la mer
Comme on contemple la mer Qui chantaient à la lune
Comme on admire la mer,
Comme on dévisage la mer De marée en marée,
Comme on regarde la mer… Ce n’est qu’une photo, Un simple instant de toi, Et pourtant j’ai aimé Ce qu’ils m’ont raconté. ©Nelly 10/12/2009 Réverbération...
Rêver que la beauté soit la vérité, Même, le visage de la mère, Ses mains terrestres qui recousent les blessures L’évidence d’un enfant Qui avance, étonné, sous une treille
Il se dresse heureux De tant de lumière De tant de beauté… Le visage d’une mère
Et plus tard, il l’entend Seul sans sa voix Comme s’il allait nu sur une plage Le souvenir originel
Il tenait un miroir rempli du ciel, Que troueraient à grands rayons, Recolorant le reflet, Les contours si fins de l’aura maternelle.
Il s’arrête pourtant, Ici ou là, Son pied pousse distrait L’eau dans le sable du reflet, Effaçant tout doucement Le visage de sa mère. ©Nelly 10/9/2009 La maison natale...La maison natale…
Ce lieu m’a adoptée aux brisées des vivants Je mets parfois un temps à me défaire d’avant Rentre dans mon costume pour aimer le présent Et dois recommencer un futur dans ce temps.
Le vent me dit pourquoi et la marée m’écoute Ils sont si personnels, si loin de mes déroutes Et, quand dans les pinèdes, je vois l’aube et sa route, Je ressens les chemins qu’il faut aimer sans doute.
Les lames d’horizon s’aiguisent tout doucement Tranchant dans mes paroles mes souffrances d’enfant J’aime si bien les dire, si bien me promenant, Parler de mes délires sans les nommer vraiment.
Oui, je sais qu’il faut être, et admettre les tords, Regarder dans les cœurs des années du dehors Pour mieux se reconstruire et aimer les trésors Quand l’amour nous recouvre d’un fabuleux décor.
Je reviendrai sans doute, me suis-je dit un jour, Il y a si longtemps ! Je ne suis plus toujours ! Je sais, et c’est si simple, sans sertis, sans contours, Je reviendrai un jour reconstruire ma tour.
Ce lieu m’a adoptée aux orées des brisants Noyant dans mes chagrins les douleurs de mes ans Me parlant de ces cours, aux horloges, gisants, Dans cet entre-deux terres au calme suffisant. ©Nelly 10/7/2009 La rose de Kris***Moment d’ab solitude…
L'Aube si délicate au corps drapé de soies Tissées par des mains fines, transparentes, reçoit Des amoureux du Jour, insensibles au Silence Le retour d’un bien-être où s’épuise l’essence
Transportés par leur sens, mais le cœur aux abois, Ils honorent la naissance de cette étrange loi Qui donne l’alchimie ; étrange renaissance, D’un savoir faire inné bercé de complaisance.
Comme pluie d’un matin, elle lave le dormeur Qui, mains nues dans ce bruit, recherche le meilleur Dans la houle qui s’enfle de pensées interdites Les richesses des foudres, redécouvrent ces rites.
Enchevêtrés, véloces, les troncs d’arbres sans couleur, Dont le courant rapide à clos les yeux rageurs, Sourient à son étreinte, et puis soudain s’agitent, Et cherchent l’autre corps quand celui-ci les quitte.
Bruit de l’eau sur les toits murmure l’organsin, La chaleur sans l’ombrage et le rêve enfantin, Envahissant le ciel d’un cri bref et magique Faisant jaillir enfin ! La Lumière mystique.
Ce clapotement sinistre, pareil au premier froid, Redonne à chaque instant un parfum de naissance Sans comptage de temps bien oublieux des heures Ce moment suspendu dans l’espace émérite Se donne aux fiancés de l’Aube chaque matin Dans l’étreinte du sable devenu chimérique. ©Nelly 10/6/2009 Epître à l'aimer...Epître à l’Aimé…
Maintenant que d’enfance qui me fit l’âme obscure Je sors, pâle et vainqueur Et que je sens la paix par cet amour si pur Qui reste dans mon cœur
Maintenant que je puis, assise au bord des ondes, Emue par ce superbe et tranquille horizon, Examiner en moi les vérités profondes Et admirer les fleurs qui sont dans le gazon
Maintenant que les mots ont trouvé le chemin De cette vérité Et que je trouve enfin du dessein d’un demain La réelle beauté
Maintenant que l’esprit dans la Lumière se meut Franchissant les barrières sans se heurter le front Dans toutes les afflictions des autres, et s’émeut De ressentir enfin ! La peine sans l’affront
Maintenant que sa main, qui rajeunit mon monde Et trie mes souvenirs Pour en recoudre presque les blessures immondes Panse mon avenir
Je viens à toi ma Vie qui me fit tant souffrir Et porter, apaisée, Les lambeaux de mon cœur pour étoffe, et l’offrir Aux heures mal aisées
Je dis que le tombeau où je m’étais glissée, Qui me semblait si doux au regard des moments Difficiles et cruels que tu m’as imposés, Malgré le froid cruel, ouvre le firmament . Je conviens humblement que rêver la beauté N’est pas la reconnaître, Que le reflet n’est rien, dans cette immensité Sans le Soleil terrestre.
Je ressens désormais, comme une certitude, Que la colère n’est pas le plus joli combat, Mais l’expression secrète des tristes servitudes Qui nous lient en-dedans, et nous gâchent ici-bas.
Si je tombe à genoux dans ce fleuve de paix , Où les mots ne sont pas Absous de compassion et si loin de l’épée, C’est que je sais cela.
Et que trancher l’artère de l’agneau si confiant Qui suivait la parole à l’oreille murmurée, N’est pas belle mission pour nous, certifiant Les voies, les espérances, les rêves démesurés.
L’éternelle recherche du plus profond soumise A ces mêmes regards, Devenus, en ce temps, deux sphères qui se brisent, Ne sachant s’émouvoir.
Je reconnais que l’être est souvent malaisé, Et que de voir charmant tout ce qui peut partir Est une vision là, qu’il nous faudrait briser, Pour accepter ceci et non point le subir.
Nos destins ténébreux vont sous des lois immenses Que rien ne déconcerte, Que tu ne peux hélas y trouver de clémence Que les pensées désertent.
Puisque tu es la Vie, utile à nos desseins, Et que nous t’implorons chaque soir en secret, Ecoute nos prières, appelle tous les saints A réécrire les lois en de tendres décrets.
Nous ne voyons jamais qu’un seul côté des choses, L’autre devient la Nuit. Le mystère s’épaissit, amenant la nécrose, Niant la Lumière qui luit.
Le mystère effrayant que l’homme doit subir, Sans connaître les causes, devient un joug trop lourd. Tout ce qu’il voit est court, inutile à mourir, Et le fardeau s’ajoute aux recherches d’amour . Ce long chemin sublime, ô combien difficile ! Ne te fais rien à toi ! Tu es la création, la roue indéfectible Qui nous offre le toit,
Mais ne peut se mouvoir sans écraser quelqu’un; Du fruit tombant de l’arbre, à l’oiseau de son nid, De la fleur éphémère, dont s’enfuit le parfum, A l’aurore éclatante qu’aux vesprées tu renies.
Les herbes et les fleurs, je sais bien, je sais bien, Doivent, sous le Ciel bleu, Passer d’un jour à l’autre, et reprendre les biens Et pousser quand il pleut.
Il m’a fallut du temps, et de pauvres souffrances, Pour comprendre le fait que tout change et s’efface, Mais aujourd’hui, j’avoue que dans la rayonnance, Je me sens éclairée et devine les traces.
Maintenant que je vois, de quoi le monde est fait, Et que le beau existe, Je me courbe à tes pieds, devant tes cieux parfaits, Que la douleur assiste.
Je cesse d’accuser, je cesse de maudire, Je regarde toujours ce moment de ma vie, Où il m’est apparut aux portes du gésir, Et je m’en nourrirais jusqu’au bout de l’obvie.
Laisse-moi me pencher sur la glaciale toile Où pleurait cette enfant, Laisse-moi la regarder, et rechercher l’étoile Qui brille au firmament.
Et si mes larmes coulent, tu nous as faits pour ça ! Je laisserais les pleurs se répandrent et faiblirent Sur mes joues insensibles à ce qui ne sera, Mais ne sentirais point la colère revenir.
Et ne t’irrites pas que je sois de la sorte Ô ma Vie ! Cette plaie A trop longtemps saigné, portée par la cohorte Des frayeurs qui brûlaient
L’étoffe de mon enfance meurtrie et bafouée, Par l’inconscience d’un père, aujourd’hui disparu, Qui n’a pas su donner autre chose que le fouet, Car sa terreur du monde lui était apparue.
Vois-tu, je reconnais quel magnifique cadeau Tu m’as offert un jour, Un beau jour de septembre, dans mon cœur en radeau ; Le visage de l’Amour.
Que c’est la seule joie ici-bas qui persiste De tout ce qu’on rêva, Et que c’est accepter que c’est chose bien triste Le jour où il s’en va.
Alors je marcherais, si cela devait être, Aveugle sans Lumière, mais confiante en ton pas. Toutes ces traces-là, disséminées peut-être, Mais sûrement lisibles, car toilées de trépas.
Et chaque jour nouveau sera un autre monde, Dans l’absolu débat Des discussions stériles, du fond d’un gouffre immonde Où jamais tu n’seras.
Et dans tes tendres bras emprunts de rayonnance, Je veux, à tout jamais, me perdre sans attendre, Recherchant l’illusion dans sa belle abondance, Et trouver de l’enfant, et le beau, et le tendre.
Celui qui ne fut pas, et que je mandais tant, L’unique inconsolable ; La main qui se dérobe au pauvre cœur battant Dans le noir immuable.
Toi ! La Lumière Céleste ! Toi, l’absolu chemin ! Reviens et réponds-moi ! Je saurai t’écouter, Car tu es faite d’heures et de songes divins, De douleurs et d’espoirs, de rien d’éternité !
De force et de faiblesse, comme le clair-obscur, Cet impossible fait, Car il ne peut s’agir que de demi-mesure Dans son plus bel effet.
Tu te plais à plonger au sein de ton image ; Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur Se distrait quelquefois de sa propre rumeur, Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Nous sommes tous les deux ténébreux et discrets, Homme né de ton double que tous les jours abîment, Que, tellement avide de garder ses secrets, Tu ne nourris jamais de tes richesses intimes.
Tu es belle pourtant ! comme un rêve de pierre, Vie rêvée, Vie aimée ! Eternelle et muette ainsi que la matière Dont tu nous animais.
Et sombres mendiants tu fais de nous parfois, Frissonnants, misérables, magnifiques et glacés, Tous droits dans nos armures, surveillant nos beffrois Ignorant que le temps ne fera que passer.
Mais ces calmes héros, pareils à ces peintures Qui ne vivent jamais, Courbés sur leur destin de souffrances qui durent, Attendent désormais.
Regardent le sillage et ne daignent rien voir, Lors qu’ils percent le vrai et terrifiant secret, Se tiennent à la barre et veillent le flot noir Des sèves d’énergie, tel un fleuve sacré.
Désespérés, réels, et toujours si confiants Malgré leurs cris aphones, Persuadés en fait que d’être méfiants Ne change pas la donne.
Tu ne fais que passer dans ta fausse chaleur, Nous offrant en secret l’inaccessible vrai. Il nous est nécessaire de l’admettre désormais Car le temps est ami quand il n’est plus de peur. ©Nelly 10/5/2009 Un jour de pluie, à la fenêtre...Un jour de pluie, à la fenêtre…
Un souffle impatient secoue les feuilles des arbres, La rivière des pluies glisse sur les toits glabres Et l’horizon blêmit ; Les nuages, affolés, courent se réfugier Dans le cocon ouaté des anges effrayés, Pour attendre la nuit
Des plaques de métal ont mis leur campement Dans le ciel orphelin du doux rayonnement De son astre doré, Assombrissant d’un coup les lisières boisées, Recouvrant de leurs voiles les étendues toisées, De nouveau dédorées.
Tout semble dilué dans cet étrange nu. L’aquarelle figée d’un artiste inconnu Nous emmène hors du temps Nous rappelant ainsi qu’existe l’éphémère, Et que l’homme a le temps d’en connaître l’amer Dans ses cruels instants. ©Nelly 10/3/2009 Songe d'automneSonge d’automne…
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! La brume est épaissie, il pleut en do funèbre, J’entends déjà venir le cortège si lourd
D’octobre et de novembre, ces jumeaux en colère, Qui, d’un coup sec et dur, balayent les mystères Des soirées douces et tièdes, parfumées d’espérance. Comme une fée allume, dans un ciel infernal L’aurore d’un miracle d’une scène banale
J’écoute en frémissant le doux chant d’un oiseau Egaré, inconscient, jetant des petits cris, Comme de l’eau bénite sur mon cœur prit d’assaut, Par les plaies de ce froid où le soleil fut prit.
Tout l’hiver va rentrer dans mon être forcé, Et, comme le soleil que le jour froid, glacé, Etreint, décolorant dans ses bras qui ne bougent Mon cœur enseveli dans un bloc froid et rouge.
Il me semble pourtant – C’était hier l’été ? Et voici qu’il est là ce rougeoyant automne, Avec ses compagnes les langueurs monotones ! Ce bruit mystérieux sonne l’éternité. ©Nelly 10/1/2009 Sans Soleil, ni levant...Sans Soleil, ni le Vent…
Epiant le bon moment, je capture le Vent Dans l’espace interdit de mon esprit brumeux Au hasard des chemins devenus oublieux De toutes mes souffrances, depuis que tu es là, Remerciant encore notre Soleil Levant
J’implore ta pitié, toi l’unique que j’aime, Pour faire que plus jamais le soleil ne se couvre D’un suaire de gris quand la Nuit se découvre Vocation d’amoureuse des confins, au-delà, Des amours composés d’un lien d’anathème
Un Soleil sans chaleur à traversé ma Vie, Et mes yeux de brouillards ne voyaient plus le vrai. Dans ce pays plus nu que la glace recouvrait. Ni animaux, ni fleurs n’ont aimé celui-là, Cette froide cruauté où la noirceur survit
J’ai bu bien des poisons pour endormir mon cœur Jalousant, oui, le sort des plus vils animaux Qui peuvent se plonger dans un sommeil d’émaux Alors que je souffrais de devoir vivre là Dévidant l’écheveau du temps au fil des heures
Si, quelquefois, d’un pleur obtenu sans effort, Tu pouvais seulement me noyer ma cruelle Vie, fais-le et n’attends pas, icelui ou icelle Qui viendraient, nobles cœurs, d’un plus bel au-delà, Secourir ma pauvre âme frémissante d’encor
Tu n’as pas écouté, et m’a offert ce glaive Afin de conquérir ma douce liberté, Non pas celle de l’âme, mais celle de l’aimer Au-delà des questions et tristes pugilats. Son regard fut vigueur, et la douleur fut brève
Et là, au bon moment, je capture le Vent, A la triste beauté dont la douleur se prive Et dont le souvenir pour l’amour me ravive, Si profonde douleur ; tu ne seras pas là Au moment de mourir sous mon Soleil Levant. ©Nelly 9/30/2009 L'esprit retors...L’esprit retors…
Il allait maintes fois se promener jadis S’amusant, sans vergogne, à bien brouiller les pistes Il était fort agile à tous ces jeux de vices Semant ici et là les doutes arrivistes
Il ne regrettait rien, même si par malheur, Les conséquences étaient, au plus haut, désastreuses Pour les corps qu’il aimait ainsi, et sans douleur, Posséder aussi bien que leurs âmes fumeuses
Cet esprit-là, dommage, n’était pas de ceux Qui aiment voyager dans des corps admirables Et dont les âmes claires venues d’autres cieux Rayonnaient en tout point, de sourires aimables
Non, mes amis, cet esprit-là se perd d’ennui Dans ces lieux trop tranquilles, où il fait bon bien vivre ! Lui, son chemin de vie, c’est la belle noirceur Le goût du gouffre immonde où rien ne peut survivre
Tous les parfums de souffre il aime à respirer Et s’il n’en trouve point, peut les réintroduire Dans un certain lieu, et les réinventer S'en délecter c’est sûr, même parfois s’en enduire
La fange est son domaine, et le limon ses terres, Sur lesquelles un soleil grisâtre se répand Tels de noirs bataillons de larves délétères Coulent en liquide épais d’affreux haillons puants
Pourtant un jour aussi, sera-t-il semblable A cette vase infâme qu’il aura déversée Etoile sans yeux, méprise lamentable, Et deviendra ainsi ce qu’il a bien semé. ©Nelly 9/14/2009 Une lettre...
Une lettre…
Je ne conçois pas ce qui a pu donner lieu A cette lettre née d’un souffle captieux D’une force telle, que les mots ont figé Dans l’asphalte noircit les effluves légers
Peut-être…peut-être mais…je ne saurai le dire C’est ainsi, pour raison, que je choisis d’écrire Mon souffle et ma raison trouveront le chemin Du corps de cet esprit qui guidera ma main
Partir pour mieux aimer, aimer ne plus partir Est un gage si beau qu’il faut au devenir Engager la parole et ne plus regarder Qu’au-delà de l’envol nos plus simples idées
Je me réveille tôt le cœur rempli de toi Au souvenir léger soufflant sous notre toit Une flamme qui brûle à la bougie du temps Découvrant au matin un délicieux Printemps
Objet perpétuel de mes douces pensées Tu es l’égérie dont je ne puis me lasser Mon imagination s’épuise joyeusement A voir ce que tu fais, en délicieux tourments
Ton sourire si doux rempli notre maison D’un Soleil irréel offrant la floraison A notre Amour unique, en bouquet de prunelles Qui fait la Vie plus douce et la lumière plus belle
Chemins de voies lactées où le repos n’est pas Une nécessité mais plutôt un appât Pour attirer nos corps brûlant à l’équateur D’une île sous le Vent à l’ombre de nos cœurs
Tu es comme ces nuits que la fraîcheur recouvre Aux portes des sommeils que la chaleur découvre Soufflant aux draps de soie des idées délicieuses Au perlé des instants dans des coupes précieuses
Si j’entrouvre mes lèvres c’est pour mieux recueillir Au bord de tous nos rêves les diamants du plaisir Que je projette ainsi sur la toile des nues En couleurs intenses, superbes et saugrenues
Que nous avons volé un beau jour de Septembre A Monsieur l’Océan et son arène d’ambre Noyés dans nos deux mains tout en gardant la trace D’une pureté d’eau qui jamais ne s’efface.
Vois-tu la transparence d’un Automne d’audaces ? Et le plaisir si fort, étonnant car fugace De l’effort de nos mots pour oublier le verbe Qui ne signifie rien quand frissonnent les herbes ?
Je n’aurais jamais cru qu’un bonheur pouvait être Aussi beau, aussi fort sans vouloir transparaître Dans le fond d’un tableau au génie de l’artiste Qui ne sait pas vraiment ce qu’il fait mais insiste
Pour donner en naissance, un chef-d’œuvre mouvant Qui oscille parfois prit aux sables mouvants, Entraînant avec lui des passés qui se tordent Mais ne peuvent hisser leurs bras jusqu’à la corde
Et doucement s’éteignent en laissant derrière eux Une traînée blanchâtre d’un vide vaporeux Imprégnant pour toujours l’esprit dans la matière Tel un fossile nu imprimé dans la pierre.
Vois-tu mon Bel Amour, de mes plus beaux voyages, Tu es l’inestimable, mais aussi le plus sage De tous les doux trésors qu’il me fut bien donné De découvrir un jour en savoir ordonné
Si je ne conçois pas ce qui peut donner lieu A cette lettre née des ailes d’un courlieu Mon cœur lui n’attend pas qu’arrive la leçon Pour admirer, en rêve, son vol sous la mousson.
©Nelly 7/6/2009 La longue marche...La longue marche…
Nous avions appris à regarder le temps Mais pas à l’écouter Nous avions admis que le soleil est important Mais oublié qu’il brille Et nos corps se sont embrasés
Nous étions pressés
Dans la naissance de nos cendres, surpris, Nous n’avons rien emporté Rien que nous ne comprenions ainsi Et le ciel nous a recouverts Dans l’espérance d’un dieu isolé
Nous restions figés
Même dans la sagesse de nos pères Nous sommes restés prostrés Les yeux brûlés de trop de pluies d’hiver Nous avons gelé, sans la morsure du froid, Dans la douceur d’un sombre été.
Nous avons marché
Nous avons grandi loi de ces lois Qui abritent les égarés, Chemins tracés dans les sous-bois, Entrés dans le cortège de l’ignorance Nous n’avons pas beaucoup rêvé
Nous avons cherché
Nous voulions tant ! Puis l’espérance S’en est allée Les dieux ont enlacé les engeances Doucement soufflé les bougies Puis se sont retirés
Nous avons couru
Nos mains se sont élevées, en effigie, Pour récolter les gouttes dorées Mais, loin des stratégies Le ciel aussi s’était retiré Sans un regard.
Nous étions seuls. ©Nelly Voyage...
Voyage…
Nous partons mon Chéri A la flamme du temps ! Et qu’importe le vent Qu’importe les marées Nous partons mon Chéri A la flamme du temps !
Le voyage est un fou Qu’aucune loi n’émeut Il vole les matins Et s’élance au-dehors Le voyage est un fou Qu’aucune loi n’émeut
Et les quatre-saisons En font leur loi divine Renaissant chaque fois Qu’il est possible d’être Et les quatre-saisons En font leur loi divine
Alors, sabre-au-clair Marchons la tête haute Sans regarder l’avant Autrement qu’en nos rêves Alors, sabre-au-clair Marchons la tête haute
Nous partons mon Chéri A la flamme du temps ! Et qu’importe le vent Qu’importe les marées Nous partons mon Chéri A la flamme du temps ! ©Nelly 6/10/2009 Je respirais enfin...Je respirais enfin…
Je marchais dans ces déserts dorés Respirant la chance d’être Joyeuse comme un pinson peut-être Loin de ces rêves élaborés
Enchevêtrés comme les rêves Mes pierres devenaient tendres, Et d’ailleurs, pourquoi vouloir prétendre Que la candeur n’a pas de trêve ?
A mains nues dans ce bruit de pluie, Je chantonnais à perdre haleine Au clair-obscur des tendres peines, La lumière fut comme un ami
Chassons le temps s’il nous ennui ! Cessons donc de compter les heures Qui se transforment en vapeurs A chaque fois que vient minuit !
Si le dormeur vit dans sa tête, Et que le poète ne sait rien, Alors louons l’affreux saurien Qui transforme l’homme en bête.
Et quand le feu est presque éteint Et que dans l’âtre froidit la cendre, J’aimerai bien la descendre Moi, cette pente d’étain.
Sombre chemin, ou belle route ? Le monde à personne n’appartient Quand s’insinue bêtement le doute, Et que le froid certain devient
Je respire à pleine voix Le bonheur de t’avoir connu, Marchant, tirant sur l’inconnu, Toi le vagabond sans foi ni loi,
Prince du vent, bandit du temps, Tueur des heures éphémères Et des causes sans repère De revenir, il était temps !
Pieds nus dans ce bruit de monde Dans la houle enfle la lumière, Et dans l’orage, le ciel éclaire A tout jamais la mappemonde.
Si la surface de l’eau N’est que lumière Alors mes prières Seront des flots. ©Nelly 5/14/2009 Sans histoire...Sans histoire…
Je veux vous raconter ces molles enchanteresses Ces diverses beautés qui parent la jeunesse Je veux peindre en tout point la beauté de ces temps Où l’enfance s’allie aux matures latent
Quand au vent balayant, ils offrent leur minois Ils nous font cet effet, à la coque de noix, D’un beau navire partant en conquête de large Placides et triomphants dans leurs habits si larges
Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants Ces futurs chevaliers, ou ces pauvres amants Leurs gorges qui s’avancent, panneaux bombés et clairs Comme des boucliers accrochent leurs éclairs
Quand au vent balayant, ils offrent leurs minois Ils nous font cet effet de craintes qui se noient Dans le sillage triste de ces étranges grâces Qui ont perdu la foi et se trouvent en disgrâce
Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants Ils conquièrent parfois bien inopinément Ce rythme caressant, si lent, si paresseux, De ceux qui bougent tout sans devenir chanceux
Je veux vous raconter ces molles enchanteresses, Ces diverses vertus dont seul une maîtresse Ne connaît pas le prix puisque libre est son corps ; Armoire aux doux secrets, alcôve sans décor
Sous les volcans qu’ils chassent survivent les tourments Quand au vent balayant ils offrent leurs minois Qui, pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants Veulent vous raconter ces craintes qui se noient. ©Nelly 5/11/2009 Solitaire amie...(Prose)
Solitaire amie…(Prose)
La solitude, nos vies, Ces chemins qui nous appellent Dans la fraîcheur des prés Où de l'eau brille. La solitude, prêtresse qui ouvre ses mains Quand la nuit tombe. Nous la voyons errer au faîte des heures Cherchant le rêve dans nos sommeils. C'est une invitée discrète, je l'aime...parfois. Parfois, aussi, je ne l’invite plus Car elle me pèse. Souriante ou grimaçante, son visage est ingrat A la tombée du soir Pas le matin…il fait si beau ! Dans l’ombre des décors, à nous, sans eux, Vivants et purs, mais pâles. Je veux plutôt donner aux autres Ce qui n’est pas, Ecouter sans entendre, et voir L’horizon rétrécit, sans yeux, oreilles Aux quatre vents, mélanger les essences. Et dans les branches mouillées, Inquiète, L’attente de ma solitude qui hésite. Première parole après un long silence Premier feu à prendre au bas d’un monde mort. Cette terre infertile, où tout pousse pourtant, De noir, sans vie, utile inconscience. Comme un tableau très sombre, Qui rappelle aux vivants, Que l’ombre ne grandit point auprès d’un corps détruit ; Arbre sans feuille, chemin perdu, Mais vie pourtant, sève cachée dessous l’écorce. La solitude, nos vies, Ces chemins qui nous appellent Dans la fraîcheur des prés. ©Nelly 4/29/2009 Mon herbier imparfait...Mon herbier imparfait…
Le plaisir de plonger dans cette volupté D’évoquer le Printemps avec ma volonté De tirer un soleil de mon cœur et de faire De mes immaculées une tiède atmosphère Est un reste d’enfance au parfum de verveine De menthe et de jasmin, qui souvent me reviennent Et font s’évaporer mes soucis vers le Ciel En remplissant gaiement tous mes sens de miel
C’est un si vaste champ que l’on peut feuilleter Cet herbier-souvenir au corps agrémenté D’herbes devenues rares, bric-à-brac si confus De formes et de couleurs, de parfums inconnus De majestueuses lignes comme un cygne évadé De sa cage de vert dont l’or vient à aider Le soleil délicat par fragments s’établir Achevant en beauté la page souvenir
Dans la fraîcheur des prés où la rosée s’amuse A rajeunir l’été pour en être sa muse Par la grâce de l’herbe s’allument les couleurs Pour le bal des amis habillés de lueurs Nuances de doré, de pourpre ou de carmin Toute vie en essence parcoure ces chemins Comme on cherche le rêve, nous voyons nos sommeils Danser sur une terre parsemée de vermeil Et, quand la nuit tombée, ils entrouvrent leurs mains Les anges aux cheveux blonds dansent avec les lutins
Rien ne bouge vraiment, et pourtant tout s’anime Dès que nos yeux parcourent l’immensité de rimes Butent sur l’ancien nom au latin suranné Et que l’on décortique comme le ferait un nez Respirant malgré nous ces parfums de jeunesse Nous enivrant, ravis, des errances traîtresses Nous parcourrons ainsi millier de kilomètres En voyant l’aube pâle grandir à la fenêtre
Ainsi dans l’océan où mon esprit s’exile Je pense aux matelots oubliés dans une île Par la verte bleutée d’une algue capricieuse Qui résonna sans doute d’une voie mélodieuse Les trompant sans vergogne dans ce somptueux décor Où ils cherchent toujours le plus petit accord Qui les réunira, ouvrira leur pensers Pour un beau jour enfin ! Chez eux les ramener.
Mon herbier imparfait, mon monde de fraîcheur, Derrière les ennuis et les vastes douleurs, Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse, Devient celui qui peut, d’une aile vigoureuse S’élancer vers les champs lumineux et sereins A l’instar d’un ange et son grand front d’airain Qui, ailes déployées, par-delà la mappemonde Sillonne gaiement l’immensité profonde.
Souvent, pour m’amuser, je prends pour équipage Les étoiles de mer, et les algues sauvages, Les jolies fleurs des champs, et les herbes folâtres Et je sèche leurs corps comme statue d’albâtre, Eternisant ainsi leur beauté éphémère Mêlant à chaque fois la forêt et la Mer., Dans une union sacrée aux espaces limpides Dont le feu clair remplit leur délicieux vide.
Il est possible en fait de renouer l’alliance Mystérieuse et subtile, où la nature danse Entre plantes et femmes, hommes et adiantes. Ressusciter ce pacte entre créatures vivantes, Tous à la recherche de l’essentiel, transparente Magie des instants oubliés, mystères des corps Des âmes en fusion, dont la souffrance s’endort Dès lors que l’union s’accomplie, tout doucement Force d’aimer, originel enchantement.
La voie des sens, des parfums, raffinement extrême Perception de ce que nous devons être mêmes Et non de ce que nous sommes, las, devenus. Nos émotions, nos instincts profonds, confondus En mémoires natives, à l’inverse des synthèses, Ne se contentent pas d’ouvrir une parenthèse Mais une émotion vraie, excursionniste et pure Pèlerine d’émois dans un désert impur
J’aime ce monde là, végétal et vivant, Simples des jardins, sauvages nées sous le Vent. Tel un arbre et son écorce, je respire, grandit, Dans cette alchimie séculaire, mon souffle suffit. Je ferme les yeux et perçoit cet horizon De nacre et de bleu en parfaite floraison. Point n’est besoin pour moi d’être ailleurs qu’ici, La force de mon corps, symbolique sursit.
Marche en avant précise sur les sentiers du temps Cœur et cheveux au Vent, je me donne souvent, Amoureuse d’effluves nécessaires à ma vie, Surprise à chaque fois quand l’étreinte survit Longtemps après que les corps se soient dispersés… Et doucement je flotte, douce coquille bercée, Fragile dans la mère des senteurs recouvrées, Où j’aime me noyer…venez m’y retrouver. ©Nelly 4/23/2009 Ce que les yeux racontent...Ce que les yeux racontent…
Je vois comme un impair la douleur dans tes yeux Qui se nourrit de « non » protégeant son envol Rassurée un instant par le désir frivole De ne pas perdre autant que l’autre vie de Dieu
Allume ta prunelle à la flamme des lustres ! Regarde le dessein de la vie qui se perd Et cherche le moyen de commettre l’impair Pour que Demain ne soit plus la proie de ses rustres !
Sois ce que tu voudras, mais SOIS, je t’en conjure Pour que naisse en ton cœur bien plus que l’indulgence Ou la ferme intention de repousser l’engeance, L’envie ne suffit plus, il faut trouver le pur !
Je t’aime ainsi ! Pourtant il te faut aujourd’hui Comme un astre éclipsé, sortir de la pénombre, Cheminer un instant, réapprendre le nombre, Dans sa rare beauté suivre la lame qui luit
Et trancher dans le vif d’un coup sec et vengeur Sans ressentir en toi la haine du trépas Car le mal est conquis quand la colère n’est pas, Et jalouse le sort de ceux qui ont du cœur
Si, quelque soir, d’un pleur obtenu sans effort, Pouvait fleurir enfin le végétal emblème Je me prends à songer que les larmes sont blêmes, Mais que le cœur n’est pas victime de son sort.
Je préfère, un instant, voir plus que l’horizon Dans cette plaine hideuse ou les esprits sont morts De n’être pas compris, et perdent la raison Qui fait leur existence dans cet humble décor
Regarde ! Je ne suis rien, qu’un être sans visage, Un marin sans bateau, un soldat sans armée, Je nage, ou je survis en demandant rivage, Regardant l’autre rive comme un antre sacré
Je voudrais aujourd’hui poser enfin mes armes Et regarder l’enfant avec que compassion Lui murmurer des mots, et récolter ses larmes Pour l’offrir en bassin pour pieuses ablutions
Il suffit pour cela ne plus voir dans tes yeux La douleur qui nourrit protégeant son envol Par ces « non » que le cœur protège, capricieux Que la raison surprend mais que le temps affole. ©Nelly 2/20/2009 Les pierres tendres...Les pierres tendres…
Toute la sépia d’un soir d’été ne saurait dire L’odeur de l’herbe, l’étoffe de la pluie, terre, Nos recommencements, nos hâtes, nos souvenirs, Marchands de pluie, une autre sphère
Nos espoirs étaient simples, lisses comme des pierres, Dont nous envahissions les fentes dans les murs Les mêmes, comme toujours, comme le lierre, Envahissant le tronc, pour s’en nourrir, sans blessures
Sans l’étouffer, seulement le parer de vert La force de l’enfance, l’espoir d’ un autre monde Parler, presque chanter, après l’avoir souffert Ce lambeau d’étoffe nous rappelle la ronde
« Traîne, traine mon balais…j’marirai mes filles… » Sauf que…faire de ce lambeau de tissus usé ? On le trouve dans sa mémoire, il nous titille, On le déplace ; les images, les années,
Et puis soudain, les larmes, brusques, qui montent, Nous submergent, et on ne dit rien dans ses mots D’avant, l’autrefois sans nom se démonte, Devient un océan, musique d’une mer sans défaut
Et l’on devient coquillage, lavé, relavé Par cette onde magique, transparente, inertielle Projeté sur un écran tactile, délavé, Parfaitement pur, comme une guérison partielle
Ce ne sont plus nos doigts qui s’agitent, mais des mains, Des milliers de mains, sur un piano géant, guérisseuses, Dans la matière où trébuche l’espoir, demain, Au rêve de l’artiste, l’image attend, heureuse
Sa délivrance, son tarissement de l’angoisse d’être. Reconnaissante enfin de ce droit qu’on lui donna De vivre, d’être là, ici, ailleurs, d’aimer, Et de vouloir aller plus loin, sans disparaître. ©Nelly 2/9/2009 Ebauche de l'esprit...
Ebauche de l’esprit…
Le charme est indéniable pour le cœur amoureux… Dans le nid de ces yeux, où rien ne se révèle De doux, ni d’amer, Se blottissent, ravis, les sens où s’entremêlent, L’Or avec le fer Orfèvrerie si pure et ahurissant jeu
Comme le sable morne recherche le désert, Le sentiment perdu réclame son azur Dans ton corps si beau ! Resplendit à jamais comme un trésor qui dure Miroir de ta peau Mer odorante et vaste, et jamais ne se perd
Quand tout n’est qu’Or, acier, lumière et diamant, La froide majesté ni trouve point sa place Belle d’abandon Et son âme rêveuse se liquéfie de glace Cherchant à tâton Le fardeau de l’errance pendue au firmament
Lors sa tête d’enfant écrasée de paresse Se balance en cadence alanguie et heureuse Au creux de ton cou Et la bouche remonte lentement et fiévreuse Recherche le tout Promis par cette nature avide de caresses
Rappelons-nous l’objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d’été, sous un Soleil si doux Et Ciel pour témoin Au fond de nos regards, lit semé de cailloux, Au vent du matin Qui, surpris, nous regarde, puis d’un souffle se pâme
Tout cela descendait, montait comme une vague, Déferlante et docile, tout à tour, et vivante Egale au plaisir En formes effacées, fluides, comme l’eau courante Tel un souvenir… Une traînée de vide et de plein qui divaguent
Ebauche lente à venir sur la toile oubliée, Perdue dans le dédale de toutes ses pensées Et que l’Artiste achève juste par la mémoire Mais au fait j’y songe… Etait-ce la mémoire ? ©Nelly |
Nelly vous transmet du Soleil...Bienvenue dans mon Univers… |
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