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Nelly R.B

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Ce que je suis..c'est ce que je crois....Et puis aussi...
Toutes les cuisines du monde, les Epices,
Les plantes, l'herboristerie, les Huiles Essentielles, l'Univers végétal...
11/18/2009

L'invitation au voyage...

 

Viendras-tu te promener avec moi dans ce pays,

Où la sagesse est vertu mais la vertu n’est pas sage ?

Car la fusion de nos âmes n’est point là dénaturée,

Dans cet état de pureté tant vantée par les chamans.

Je sais que le monde est beau si on sait le regarder,

Et deviendra un joyau dans nos deux regards mêlés.

 

L’Amour nous est apparut et fleurit depuis longtemps

Dans notre joli jardin où la porte restait close ;

Car le jardinier parti avait emporté la clef.

Au  fil de toutes nos vies, les allées se ressemblaient,

Mais toi tu as  retrouvé le doux chemin de mon cœur.

 

Une vague d’amour intense déferle comme un ouragan,

Nous enveloppant d’une écume qui pénètre notre corps,

Et inonde notre esprit d’une tranquillité limpide.

 

Je t’invite à ce voyage dont nul autre ne sera,

Car c’est toi que j’ai choisi à la lueur de mon âme.

Qu’il est doux, à travers brume, de voir briller doucement

L’étoile au cœur de la Nuit, et la lampe à la fenêtre.

 

Je trouverai les graines de fleurs, tu sais celles dont je rêve,

Dans cet immense sol lavé et glacial comme le marbre

Que sont les choses établies, et sèmerai l’Ere nouvelle.

 

Dans cette splendeur toute neuve à la vague senteur de l’ambre,

S’abriteront bien nos âmes pour parler en grand secret

La douce langue natale, le langage originel :

Celui de l’Amour.

©Nelly

11/9/2009

Miroitement...

 

Miroitement…

 

J’aime la contemplation de tes yeux qui plissent

Comme ces rubans de soi caressant nos transes

Puis sourient dans la fusion de nos artifices

 

Mon regard se pose ainsi dans la transparence

D’une opale malicieuse qui ravie se glisse

Dans l’espace et la matière : morceaux de Silence

 

Eclats de vie et jouissance dansent au solstice

D’un Eté emblématique teinté d’impatience

Azuré et luxuriant sans feux d’artifice

 

J’aime la contemplation de tes yeux qui glissent

Sur tous mes rubans de soie frissonnant d’errance

Et j’aime écouter le chant de ce doux délice.

©Nelly

11/2/2009

Instants de grâce...(recueil Rêves divers)

 

Au temple de mes rêves, je médite un moment,

Admirant l’alchimie filer tout doucement

L’écheveau des pensées, aux lisières du Levant,

En mélanges bleutés que disperse le vent.

 

Je suis une sirène, transformée par l’écrin

De velours d’une scène d’arabesques d’airain,

Sous le joug du pinceau de l’Artiste serein,

Qui se plaît à briser la ligne de mes reins.

 

Toute d'or, puis grisée ; jolie métamorphose,

D’une femme et d’un rêve en parfaite symbiose,

Qui s’amusent à s’unir dans l’alcôve des choses,

Libérées un beau jour sur un chemin d’osmose.

 

Si les courbes sublimes d’un corps éthéré,

Lentement se devinent sous l’ombre jaspée,

Par instant se répand, dans les nues irisées,

Des nuances légères, savamment stylisées.

 

Comme un petit enfant s’élance, oublieux

Des dangers du dehors, l’esprit se prend au jeu

Des subtils labyrinthes en jolis camaïeux,

Où se perdent, ravis, les chemins du gracieux.

 

Ces écharpes de soie qui se fondent et se traînent

Dans le satin des gestes, délivrés de leurs chaînes,

Frappés comme le seing sur le corps d’une reine,

Disent la liberté et la joie suzeraines.

©Nelly

10/25/2009

Rêve sur la Loire...(recueil Rêves divers)

 

 

C'était un matin, un matin décor,

De ces doux débuts, quand l'âme s'endort.

Le vent a soufflé, a soufflé si fort,

Que les souvenirs furent silence d'Or.

 

C’était un jour où, les mains se pressentent,

Une aube comme ça, au cœur d’amarante,

Où les liens terrestres, parfois, s’apparentent

Aux déclarations d’enflammées amantes.

 

Prophètes des soifs en ces gracieux jours,

Superbes et muettes esquisses d’amour,

Les doigts avertis d’un artiste sourd

Au soleil ligneux, s'unissent toujours.

 

La main du claveau se gante bientôt,

Jette le plus loin son gris paletot,

Dénude son corps comme l’Hottentot,

Et grise les cœurs pris dans son étau,

 

Pour trouver enfin les corps en déroute,

Dans de vieux linceuls imbibés de doute.

Et l'ombre noiraude, appauvrie sans-doute

Par trop de lumière mise sur sa route,

 

A coiffé le ciel d’un imperméable,

Pour bien protéger les pleurs admirables,

De ces espérances, enfin, avouables,

Dans l’esprit ravi d’âmes charitables.

 

C'était un matin, un matin décor,

De ces doux débuts, quand l'âme s'endort.

Le vent a soufflé, a soufflé si fort,

Que les souvenirs furent silence d'Or.

©Nelly

10/19/2009

Le Printemps des âmes...

 

Chaque instant passé auprès des êtres croisés, est une bénédiction.

Chaque regard échangé, à travers la trame de la Vie s’écoulant,

Est un cadeau qu’elle nous fait, limpide, parfumé : océan de sens,

Nourriture terrestre partagée à la table des fusions rassurantes.

 

Avez-vous déjà plongé votre regard dans le miroir de l’autre ?

Senti comme l’eau d’un songe, peut nous baigner d’une liqueur sucrée,

Frustration naissante foulée au pied de la force d’attraction du reflet ;

Mélange d’ambre bleuté, d’argent irisé de noir et de jade moiré.

 

Loin d’un songe où il nous est montré un puit profond, sombre,

Si peu engageant, humide et froid, semblant détenir nos terreurs d’enfance.

Construit de pierres, comme un contrefort menaçant et protecteur à la fois. Carapace.

Un seau attaché à une corde, que l’on peut descendre pour y puiser une eau pure et claire.

 

La certitude d’un acquis certain : au fond de chaque âme se trouve la pureté de l’esprit.

Prendre du temps pour la chercher, devenir pèlerin du désert des âmes cheminant,

Pour finalement les faire émerger, est une quête sublime et riche. Inaltérable.

Donner un sens à nos vies dans l’apprentissage de la vie des autres…Quel défi!

 

Puis chemin faisant, rencontrer celui ou celle qui mettra sa main dans la vôtre,

Guide ou Lumière ? Quelle importance ! Horizon sans matière, rêve à l’état pur.

Cette énergie vitale, moteur de toute une vie passée, présente et à venir. Toutes les vies.

Autant d’obstacles, mais plus de peurs, plus de doutes. La dualité enfin réunie.

 

Arbre nu après l’hiver et ses froidures. Force de vie à l’intérieur, d’où surgira le nouveau.

Plus d’inquiétude dans la beauté impermanente, dans la fraîcheur des finitudes.

Pour une feuille tombée, combien de fleurs à naître ?

 ©Nelly

10/18/2009

Chemin faisant…

 

Cueille la vie, car le bonheur n'est pas

Dans le Paradis des cimetières,

Aussi belle que sera  la tombe,

Aussi nombreux que tous ceux-là

Qui feront semblant de te regretter

 

Tout deviendra pauvre, nu, transfigurable,

Nos meubles seront simples, simples comme des pierres

La soif ne sera plus, nous qui aimions la soif

Cette brûlure avait le don de nous faire vivre

 

Mais le plus cher, et non le moins cruel

De tous les souvenirs sera la pluie

Soudaine, brève, cette pluie d’été

Dont nos bouches surprises s’enivraient

 

Nous marchions dans ce rideau, ces ondes rebelles

C’était un autre monde que nous touchions, brillant,

Remplaçant de ses larmes que nous n’avions plus

Et nous en aimions tant le goût sur nos lèvres

 

Nos sens s’enivraient de cette odeur d’herbe

Fraîche et vivante mais pourtant déjà loin

Souffles mêlés, cheveux défaits, de l’or

De l’or encore sans le savoir, la fin.

 

D’un horizon précaire, l’avenir était roi,

Souverain incrédule d’un royaume au déclin.

Pourtant tout est paisible, écouté sans regret,

Mais malade en dedans, quand tout brille au dehors.

 

Oui, cueille la vie, elle te sera plus belle,

Au jardin des sans-noms, l’écriture est si fine !

Et l’histoire est sereine nimbée de sa blancheur ;

Compte bien chaque instant au cadran de ta vie.

©Nelly

10/14/2009

Le miroir de jade...

 

 

J'ai regardé tes yeux

Comme on écoute la mer
Qui me disaient
De marée en marée
Les histoires d'amantes perdues
Et de vies oubliées


J'ai regardé tes yeux

Comme on contemple la mer
Revenir jour après jour
Dire de tragiques légendes
A mes rêves assoupis
Echoués sur des brisants.

J'ai regardé tes yeux

Qui chantaient à la lune
Des mélodies douces et bleues,
Et heureux se jetaient
Sur les fiers rivages oubliés
Ruisselants de couleurs
Et de vertes certitudes.

 

Comme on admire la mer,
j’ai regardé tes yeux
S’imprimer dans le vent
Et le long des quais
Sombres et beaux
Où les rêves viennent parfois
S'amarrer entre deux départs


J'ai regardé tes yeux

Comme on dévisage la mer
Quand elle revient lassée,

De marée en marée,
Lécher le pas des grèves
Où des marins fatigués
Racontent aux albatros
les guerres oubliées


J'ai regardé tes yeux,

Comme on regarde la mer…

Ce n’est qu’une photo,

Un simple instant de toi,

Et pourtant j’ai aimé

Ce qu’ils m’ont raconté.

©Nelly

10/12/2009

Réverbération...

 

 

 

Rêver que la beauté soit la vérité,

Même, le visage de la mère,

Ses mains terrestres qui recousent les blessures

L’évidence d’un enfant

Qui avance, étonné, sous une treille

 

Il se dresse heureux

De tant de lumière

De tant de beauté…

Le visage d’une mère

 

Et plus tard, il l’entend

Seul sans sa voix

Comme s’il allait nu sur une plage

Le souvenir originel

 

Il tenait un miroir rempli du ciel,

Que troueraient à grands rayons,

Recolorant le reflet,

Les contours si fins de l’aura maternelle.

 

Il s’arrête pourtant, Ici ou là,

Son pied pousse distrait

L’eau dans le sable du reflet,

Effaçant tout doucement

Le visage de sa mère.

©Nelly

10/9/2009

La maison natale...

 

La maison natale…

 

Ce lieu m’a adoptée aux brisées des vivants

Je mets parfois un temps à me défaire d’avant

Rentre dans mon costume pour aimer le présent

Et dois recommencer un futur dans ce temps.

 

Le vent me dit pourquoi et la marée m’écoute

Ils sont si personnels, si loin de mes déroutes

Et, quand dans les pinèdes, je vois l’aube et sa route,

Je ressens les chemins qu’il faut aimer sans doute.

 

Les lames d’horizon s’aiguisent tout doucement

Tranchant dans mes paroles mes souffrances d’enfant

J’aime si bien les dire, si bien me promenant,

Parler de mes délires sans les nommer vraiment.

 

Oui, je sais qu’il faut être, et admettre les tords,

Regarder dans les cœurs des années du dehors

Pour mieux se reconstruire et aimer les trésors

Quand l’amour nous recouvre d’un fabuleux décor.

 

Je reviendrai sans doute, me suis-je dit un jour,

Il y a si longtemps ! Je ne suis plus toujours !

Je sais, et c’est si simple, sans sertis, sans contours,

Je reviendrai un jour reconstruire ma tour.

 

Ce lieu m’a adoptée aux orées des brisants

Noyant dans mes chagrins les douleurs de mes ans

Me parlant de ces cours, aux horloges, gisants,

Dans cet entre-deux terres au calme suffisant.

©Nelly

10/7/2009

La rose de Kris***

Moment d’ab solitude…

 

L'Aube si délicate au corps drapé de soies

Tissées par des mains fines, transparentes, reçoit

Des amoureux du Jour, insensibles au Silence

Le retour d’un bien-être où s’épuise l’essence

 

Transportés par leur sens, mais le cœur aux abois,

Ils honorent la naissance de cette étrange loi

Qui donne l’alchimie ; étrange renaissance,

D’un savoir faire inné bercé de complaisance.

 

Comme pluie d’un matin, elle lave le dormeur

Qui, mains nues dans ce bruit, recherche le meilleur

Dans la houle qui s’enfle de pensées interdites

Les richesses des foudres, redécouvrent ces rites.

 

Enchevêtrés, véloces, les troncs d’arbres sans couleur,

Dont le courant rapide à clos les yeux rageurs,

Sourient à son étreinte, et puis soudain s’agitent,

Et cherchent l’autre corps quand celui-ci les quitte.

 

Bruit de l’eau sur les toits murmure l’organsin,

La chaleur sans l’ombrage et le rêve enfantin,

Envahissant le ciel d’un cri bref et magique

Faisant jaillir enfin ! La Lumière mystique.

 

Ce clapotement sinistre, pareil au premier froid,

Redonne à chaque instant un parfum de naissance

Sans comptage de temps bien oublieux des heures

Ce moment suspendu dans l’espace émérite

Se donne aux fiancés de l’Aube chaque matin

Dans l’étreinte du sable devenu chimérique.

©Nelly

10/6/2009

Epître à l'aimer...

 

Epître à l’Aimé…

 

Maintenant que d’enfance qui me fit l’âme obscure

Je sors, pâle et vainqueur

Et que je sens la paix par cet amour si pur

Qui reste dans mon cœur

 

Maintenant que je puis, assise au bord des ondes,

Emue par ce superbe et tranquille horizon,

Examiner en moi les vérités profondes

Et admirer les fleurs qui sont dans le gazon

 

Maintenant que les mots ont trouvé le chemin

De cette vérité

Et que je trouve enfin du dessein d’un demain

La réelle beauté

 

Maintenant que l’esprit dans la Lumière se meut

Franchissant les barrières sans se heurter le front

Dans toutes les afflictions des autres, et s’émeut

De ressentir enfin ! La peine sans l’affront

 

Maintenant que sa main, qui rajeunit mon monde

Et trie mes souvenirs

Pour en recoudre presque les blessures immondes

Panse mon avenir

 

Je viens à toi ma Vie qui me fit tant souffrir

Et porter, apaisée,

Les lambeaux de mon cœur pour étoffe, et l’offrir

Aux heures mal aisées

 

Je dis que le tombeau où je m’étais glissée,

Qui me semblait si doux au regard des moments

Difficiles et cruels que tu m’as imposés,

Malgré le froid cruel, ouvre le firmament

 .

Je conviens humblement que rêver la beauté

N’est pas la reconnaître,

Que le reflet n’est rien, dans cette immensité

Sans le Soleil terrestre.

 

Je ressens désormais, comme une certitude,

Que la colère n’est pas le plus joli combat,

Mais l’expression secrète des tristes servitudes

Qui nous lient en-dedans, et nous gâchent ici-bas.

 

Si je tombe à genoux dans ce fleuve de paix ,

Où les mots ne sont pas

Absous de compassion et si loin de l’épée,

C’est que je sais cela.

 

Et que trancher l’artère de l’agneau si confiant

Qui suivait la parole à l’oreille murmurée,

N’est pas belle mission pour nous, certifiant

Les voies, les espérances, les rêves démesurés.

 

L’éternelle recherche du plus profond soumise

A ces mêmes regards,

Devenus, en ce temps, deux sphères qui se brisent,

Ne sachant s’émouvoir.

 

Je reconnais que l’être est souvent malaisé,

Et que de voir charmant tout ce qui peut partir

Est une vision là, qu’il nous faudrait briser,

Pour accepter ceci et non point le subir.

 

Nos destins ténébreux vont sous des lois immenses

Que rien ne déconcerte,

Que tu ne peux hélas y trouver de clémence

Que les pensées désertent.

 

Puisque tu es la Vie, utile à nos desseins,

Et que nous t’implorons chaque soir en secret,

Ecoute nos prières, appelle tous les saints

A réécrire les lois en de tendres décrets.

 

Nous ne voyons jamais qu’un seul côté des choses,

L’autre devient la Nuit.

Le mystère s’épaissit, amenant la nécrose,

Niant la Lumière qui luit.

 

Le mystère effrayant que l’homme doit subir,

Sans connaître les causes, devient un joug trop lourd.

Tout ce qu’il voit est court, inutile à mourir,

Et le fardeau s’ajoute aux recherches d’amour

 .

Ce long chemin sublime, ô combien difficile !

Ne te fais rien à toi !

Tu es la création, la roue indéfectible

Qui nous offre le toit,

 

Mais ne peut se mouvoir sans écraser quelqu’un;

Du fruit tombant de l’arbre, à l’oiseau de son nid,

De la fleur éphémère, dont s’enfuit le parfum,

A l’aurore éclatante qu’aux vesprées tu renies.

 

Les herbes et les fleurs,  je sais bien, je sais bien,

Doivent, sous le Ciel bleu,

Passer d’un jour à l’autre, et reprendre les biens

Et pousser quand il pleut.

 

Il m’a fallut du temps, et de pauvres souffrances,

Pour comprendre le fait que tout change et s’efface,

Mais aujourd’hui, j’avoue que dans la rayonnance,

Je me sens éclairée et devine les traces.

 

Maintenant que je vois, de quoi le monde est fait,

Et que le beau existe,

Je me courbe à tes pieds, devant tes cieux parfaits,

Que la douleur assiste.

 

Je cesse d’accuser, je cesse de maudire,

Je regarde toujours ce moment de ma vie,

Où il m’est apparut aux portes du gésir,

Et je m’en nourrirais jusqu’au bout de l’obvie.

 

Laisse-moi me pencher sur la glaciale toile

Où pleurait cette enfant,

Laisse-moi la regarder, et rechercher l’étoile

Qui brille au firmament.

 

Et si mes larmes coulent, tu nous as faits pour ça !

Je laisserais les pleurs se répandrent et faiblirent

Sur mes joues insensibles à ce qui ne sera,

Mais ne sentirais point la colère revenir.

 

Et ne t’irrites pas que je sois de la sorte

Ô ma Vie ! Cette plaie

A trop longtemps saigné, portée par la cohorte

Des frayeurs qui brûlaient

 

L’étoffe de mon enfance meurtrie et bafouée,

Par l’inconscience d’un père, aujourd’hui disparu,

Qui n’a pas su donner autre chose que le fouet,

Car sa terreur du monde lui était apparue.

 

Vois-tu, je reconnais quel magnifique cadeau

Tu m’as offert un jour,

Un beau jour de septembre, dans mon cœur en radeau ;

Le visage de l’Amour.

 

Que c’est la seule joie ici-bas qui persiste

De tout ce qu’on rêva,

Et que c’est accepter que c’est chose bien triste

Le jour où il s’en va.

 

Alors je marcherais, si cela devait être,

Aveugle sans Lumière, mais confiante en ton pas.

Toutes ces traces-là, disséminées peut-être,

Mais sûrement lisibles, car toilées de trépas.

 

Et chaque jour nouveau sera un autre monde,

Dans l’absolu débat

Des discussions stériles, du fond d’un gouffre immonde

Où jamais tu n’seras.

 

Et dans tes tendres bras emprunts de rayonnance,

Je veux, à tout jamais, me perdre sans attendre,

Recherchant l’illusion dans sa belle abondance,

Et trouver de l’enfant, et le beau, et le tendre.

 

Celui qui ne fut pas, et que je mandais tant,

L’unique inconsolable ;

La main qui se dérobe au pauvre cœur battant

Dans le noir immuable.

 

Toi ! La Lumière Céleste ! Toi, l’absolu chemin !

Reviens et réponds-moi ! Je saurai t’écouter,

Car tu es faite d’heures et de songes divins,

De douleurs et d’espoirs, de rien d’éternité !

 

De force et de faiblesse, comme le clair-obscur,

Cet impossible fait,

Car il ne peut s’agir que de demi-mesure

Dans son plus bel effet.

 

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;

Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur

Se distrait quelquefois de sa propre rumeur,

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

 

Nous sommes tous les deux ténébreux et discrets,

Homme né de ton double que tous les jours abîment,

Que, tellement avide de garder ses secrets,

Tu ne nourris jamais de tes richesses intimes.

 

Tu es belle pourtant ! comme un rêve de pierre,

Vie rêvée, Vie aimée !

Eternelle et muette ainsi que la matière

Dont tu nous animais.

 

Et sombres mendiants tu fais de nous parfois,

Frissonnants, misérables, magnifiques et glacés,

Tous droits dans nos armures, surveillant nos beffrois

Ignorant que le temps ne fera que passer.

 

Mais ces calmes héros, pareils à ces peintures

Qui ne vivent jamais,

Courbés sur leur destin de souffrances qui durent,

Attendent désormais.

 

Regardent le sillage et ne daignent rien voir,

Lors qu’ils percent le vrai et terrifiant secret,

Se tiennent à la barre et veillent le flot noir

Des sèves d’énergie, tel un fleuve sacré.

 

Désespérés, réels, et toujours si confiants

Malgré leurs cris aphones,

Persuadés en fait que d’être méfiants

Ne change pas la donne.

 

Tu ne fais que passer dans ta fausse chaleur,

Nous offrant en secret l’inaccessible vrai.

Il nous est nécessaire de l’admettre désormais

Car le temps est ami quand il n’est plus de peur.

©Nelly

10/5/2009

Un jour de pluie, à la fenêtre...

 

Un jour de pluie, à la fenêtre…

 

Un souffle impatient secoue  les feuilles des arbres,

La rivière des pluies glisse sur les toits glabres

Et l’horizon blêmit ;

Les nuages, affolés, courent se réfugier

Dans le cocon ouaté des anges effrayés,

Pour attendre la nuit

 

Des plaques de métal ont mis leur campement

Dans le ciel orphelin du doux rayonnement

De son astre doré,

Assombrissant d’un coup les lisières boisées,

Recouvrant de leurs voiles les étendues toisées,

De nouveau dédorées.

 

Tout semble dilué dans cet étrange nu.

L’aquarelle figée d’un artiste inconnu

Nous emmène hors du temps

Nous rappelant ainsi qu’existe l’éphémère,

Et que l’homme a le temps d’en connaître l’amer

Dans ses cruels instants.

©Nelly

10/3/2009

Songe d'automne

Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.net

 

Songe d’automne…

 

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !

La brume est épaissie, il pleut en do funèbre,

J’entends déjà venir le cortège si lourd

 

D’octobre et de novembre, ces jumeaux en colère,

Qui, d’un coup sec et dur, balayent les mystères

Des soirées douces et tièdes, parfumées d’espérance.

Comme une fée allume, dans un ciel infernal

L’aurore d’un miracle d’une scène banale

 

J’écoute en frémissant le doux chant d’un oiseau

Egaré, inconscient, jetant des petits cris,

Comme de l’eau bénite sur mon cœur prit d’assaut,

Par les plaies de ce froid où le soleil fut prit.

 

Tout l’hiver va rentrer dans mon être forcé,

Et, comme le soleil que le jour froid, glacé,

Etreint, décolorant dans ses bras qui ne bougent

Mon cœur enseveli dans un bloc froid et rouge.

 

Il me semble pourtant – C’était hier l’été ?

Et voici qu’il est là ce rougeoyant automne,

Avec ses compagnes les langueurs monotones !

Ce bruit mystérieux sonne l’éternité.

©Nelly

10/1/2009

Sans Soleil, ni levant...

 

Sans Soleil, ni le Vent…

 

Epiant le bon moment, je capture le Vent

Dans l’espace interdit de mon esprit brumeux

Au hasard des chemins devenus oublieux

De toutes mes souffrances, depuis que tu es là,

Remerciant encore notre Soleil Levant

 

J’implore ta pitié, toi l’unique que j’aime,

Pour faire que plus jamais le soleil ne se couvre

D’un suaire de gris quand la Nuit se découvre

Vocation d’amoureuse des confins, au-delà,

Des amours composés d’un lien d’anathème

 

Un Soleil sans chaleur à traversé ma Vie,

Et mes yeux de brouillards ne voyaient plus le vrai.

Dans ce pays plus nu que la glace recouvrait.

Ni animaux, ni fleurs n’ont aimé celui-là,

Cette froide cruauté où la noirceur survit

 

J’ai bu bien des poisons pour endormir mon cœur

Jalousant, oui, le sort des plus vils animaux

Qui peuvent se plonger dans un sommeil d’émaux

Alors que je souffrais de devoir vivre là

Dévidant l’écheveau du temps au fil des heures

 

Si, quelquefois, d’un pleur obtenu sans effort,

Tu pouvais seulement me noyer ma cruelle

Vie, fais-le et n’attends pas, icelui ou icelle

Qui viendraient, nobles cœurs, d’un plus bel au-delà,

Secourir ma pauvre âme frémissante d’encor

 

Tu n’as pas écouté, et m’a offert ce glaive

Afin de conquérir ma douce liberté,

Non pas celle de l’âme, mais celle de l’aimer

Au-delà des questions et tristes pugilats.

Son regard fut vigueur, et la douleur fut brève

 

Et là, au bon moment, je capture le Vent,

A la triste beauté dont la douleur se prive

Et dont le souvenir pour l’amour me ravive,

Si profonde douleur ; tu ne seras pas là

Au moment de mourir sous mon Soleil Levant.

©Nelly

9/30/2009

L'esprit retors...

 

L’esprit retors…

 

Il allait maintes fois se promener jadis

S’amusant, sans vergogne, à bien brouiller les pistes

Il était fort agile à tous ces jeux de vices

Semant ici et là les doutes arrivistes

 

Il ne regrettait rien, même si par malheur,

Les conséquences étaient, au plus haut, désastreuses

Pour les corps qu’il aimait ainsi, et sans douleur,

Posséder aussi bien que leurs âmes fumeuses

 

Cet esprit-là, dommage, n’était pas de ceux

Qui aiment voyager dans des corps admirables

Et dont les âmes claires venues d’autres cieux

Rayonnaient en tout point, de sourires aimables

 

Non, mes amis, cet esprit-là se perd d’ennui

Dans ces lieux trop tranquilles, où il fait bon bien vivre !

Lui, son chemin de vie, c’est la belle noirceur

Le goût du gouffre immonde où rien ne peut survivre

 

Tous les parfums de souffre il aime à respirer

Et s’il n’en trouve point, peut les réintroduire

Dans un certain lieu, et les réinventer

S'en délecter c’est sûr, même parfois s’en enduire

 

La fange est son domaine, et le limon ses terres,

Sur lesquelles un soleil grisâtre se répand

Tels de noirs bataillons de larves délétères

Coulent en liquide épais d’affreux haillons puants

 

Pourtant un jour aussi, sera-t-il semblable

A cette vase infâme qu’il aura déversée

Etoile sans yeux, méprise lamentable,

Et deviendra ainsi ce qu’il a bien semé.

©Nelly

9/14/2009

Une lettre...

 

 

Une lettre…

 

Je ne conçois pas ce qui a pu donner lieu

A cette lettre née d’un souffle captieux

D’une force telle, que les mots ont figé

Dans l’asphalte noircit les effluves légers

 

Peut-être…peut-être mais…je ne saurai le dire

C’est ainsi, pour raison, que je choisis d’écrire

Mon souffle et ma raison trouveront le chemin

Du corps de cet esprit qui guidera ma main

 

Partir pour mieux aimer, aimer ne plus partir

Est un gage si beau qu’il faut au devenir

Engager la parole et ne plus regarder

Qu’au-delà de l’envol nos plus simples idées

 

Je me réveille tôt le cœur rempli de toi

Au souvenir léger soufflant sous notre toit

Une flamme qui brûle à la bougie du temps

Découvrant au matin un délicieux Printemps

 

Objet perpétuel de mes douces pensées

Tu es l’égérie dont je ne puis me lasser

Mon imagination s’épuise joyeusement

A voir ce que tu fais, en délicieux tourments

 

Ton sourire si doux rempli notre maison

D’un Soleil irréel offrant la floraison

A notre Amour unique, en bouquet de prunelles

Qui fait la Vie plus douce et la lumière plus belle

 

Chemins de voies lactées où le repos n’est pas

Une nécessité mais plutôt un appât

Pour attirer nos corps brûlant à l’équateur

D’une île sous le Vent à l’ombre de nos cœurs

 

Tu es comme ces nuits que la fraîcheur recouvre

Aux portes des sommeils que la chaleur découvre

Soufflant aux draps de soie des idées délicieuses

Au perlé des instants dans des coupes précieuses

 

Si j’entrouvre mes lèvres c’est pour mieux recueillir

Au bord de tous nos rêves les diamants du plaisir

Que je projette ainsi sur la toile des nues

En couleurs intenses, superbes et saugrenues

 

Que nous avons volé un beau jour de Septembre

A Monsieur l’Océan et son arène d’ambre

Noyés dans nos deux mains tout en gardant la trace

D’une pureté d’eau qui jamais ne s’efface.

 

Vois-tu la transparence d’un Automne d’audaces ?

Et le plaisir si fort, étonnant car fugace

De l’effort de nos mots pour oublier le verbe

Qui ne signifie rien quand frissonnent les herbes ?

 

Je n’aurais jamais cru qu’un bonheur pouvait être

Aussi beau, aussi fort sans vouloir transparaître

Dans le fond d’un tableau au génie de l’artiste

Qui ne sait pas vraiment ce qu’il fait mais insiste

 

Pour donner en naissance, un chef-d’œuvre mouvant

Qui oscille parfois prit aux sables mouvants,

Entraînant avec lui des passés qui se tordent

Mais ne peuvent hisser leurs bras jusqu’à la corde

 

Et doucement s’éteignent en laissant derrière eux

Une traînée blanchâtre d’un vide vaporeux

Imprégnant pour toujours l’esprit dans la matière

Tel un fossile nu imprimé dans la pierre.

 

Vois-tu mon Bel Amour, de mes plus beaux voyages,

Tu es l’inestimable, mais aussi le plus sage

De tous les doux trésors qu’il me fut bien donné

De découvrir un jour en savoir ordonné

 

Si je ne conçois pas ce qui peut donner lieu

A cette lettre née des ailes d’un courlieu

Mon cœur lui n’attend pas qu’arrive la leçon

Pour admirer, en rêve, son vol sous la mousson.

©Nelly

7/6/2009

La longue marche...

 

La longue marche…

 

Nous avions appris à regarder le temps

Mais pas à l’écouter

Nous avions admis que le soleil est important

Mais oublié qu’il brille

Et nos corps se sont embrasés

 

Nous étions pressés

 

Dans la naissance de nos cendres, surpris,

Nous n’avons rien emporté

Rien que nous ne comprenions ainsi

Et le ciel nous a recouverts

Dans l’espérance d’un dieu isolé

 

Nous restions figés

 

Même dans la sagesse de nos pères

Nous sommes restés prostrés

Les yeux brûlés de trop de pluies d’hiver

Nous avons gelé, sans la morsure du froid,

Dans la douceur d’un sombre été.

 

Nous avons marché

 

Nous avons grandi loi de ces lois

Qui abritent les égarés,

Chemins tracés dans les sous-bois,

Entrés dans le cortège de l’ignorance

Nous n’avons pas beaucoup rêvé

 

Nous avons cherché

 

Nous voulions tant ! Puis l’espérance

S’en est allée

Les dieux ont enlacé les engeances

Doucement soufflé les bougies

Puis se sont retirés

 

Nous avons couru

 

Nos mains se sont élevées, en effigie,

Pour récolter les gouttes dorées

Mais, loin des stratégies

Le ciel aussi s’était retiré

Sans un regard.

 

Nous étions seuls.

©Nelly

Voyage...

 

Voyage…

 

Nous partons mon Chéri

A la flamme du temps !

Et qu’importe le vent

Qu’importe les marées

Nous partons mon Chéri

A la flamme du temps !

 

Le voyage est un fou

Qu’aucune loi n’émeut

Il vole les matins

Et s’élance au-dehors

Le voyage est un fou

Qu’aucune loi n’émeut

 

Et les quatre-saisons

En font leur loi divine

Renaissant chaque fois

Qu’il est possible d’être

Et les quatre-saisons

En font leur loi divine

 

Alors, sabre-au-clair

Marchons la tête haute

Sans regarder l’avant

Autrement qu’en nos rêves

Alors, sabre-au-clair

Marchons la tête haute

 

Nous partons mon Chéri

A la flamme du temps !

Et qu’importe le vent

Qu’importe les marées

Nous partons mon Chéri

A la flamme du temps !

©Nelly

6/10/2009

Je respirais enfin...

Je respirais enfin…

 

Je marchais dans ces déserts dorés

Respirant la chance d’être

Joyeuse comme un pinson peut-être

Loin de ces rêves élaborés

 

Enchevêtrés comme les rêves

Mes pierres devenaient tendres,

Et d’ailleurs, pourquoi vouloir prétendre

Que la candeur n’a pas de trêve ?

 

A mains nues dans ce bruit de pluie,

Je chantonnais à perdre haleine

Au clair-obscur des tendres peines,

La lumière fut comme un ami

 

Chassons le temps s’il nous ennui !

Cessons donc de compter les heures

Qui se transforment en vapeurs

A chaque fois que vient minuit !

 

Si le dormeur vit dans sa tête,

Et que le poète ne sait rien,

Alors louons l’affreux saurien

Qui transforme l’homme en bête.

 

Et quand le feu est presque éteint

Et que dans l’âtre froidit la cendre,

J’aimerai bien la descendre

Moi, cette pente d’étain.

 

Sombre chemin, ou belle route ?

Le monde à personne n’appartient

Quand s’insinue bêtement le doute,

Et que le froid certain devient

 

Je respire à pleine voix

Le bonheur de t’avoir connu,

Marchant, tirant sur l’inconnu,

Toi le vagabond sans foi ni loi,

 

Prince du vent, bandit du temps,

Tueur des heures éphémères

Et des causes sans repère

De revenir, il était temps !

 

Pieds nus dans ce bruit de monde

Dans la houle enfle la lumière,

Et dans l’orage, le ciel éclaire

A tout jamais la mappemonde.

 

Si la surface de l’eau

N’est que lumière

Alors mes prières

Seront des flots.

©Nelly

5/14/2009

Sans histoire...

 

Sans histoire…

 

Je veux vous raconter ces molles enchanteresses

Ces diverses beautés qui parent la jeunesse

Je veux peindre en tout point la beauté de ces temps

Où l’enfance s’allie aux matures latent

 

Quand au vent balayant, ils offrent leur minois

Ils nous font cet effet, à la coque de noix,

D’un beau navire partant en conquête de large

Placides et triomphants dans leurs habits si larges

 

Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants

Ces futurs chevaliers, ou ces pauvres amants

Leurs gorges qui s’avancent, panneaux bombés et clairs

Comme des boucliers accrochent leurs éclairs

 

Quand au vent balayant, ils offrent leurs minois

Ils nous font cet effet de craintes qui se noient

Dans le sillage triste de ces étranges grâces

Qui ont perdu la foi et se trouvent en disgrâce

 

Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants

Ils conquièrent parfois bien inopinément

Ce rythme caressant, si lent, si paresseux,

De ceux qui bougent tout sans devenir chanceux

 

Je veux vous raconter ces molles enchanteresses,

Ces diverses vertus dont seul une maîtresse

Ne connaît pas le prix puisque libre est son corps ;

Armoire aux doux secrets, alcôve sans décor

 

Sous les volcans qu’ils chassent survivent les tourments

Quand au vent balayant ils offrent leurs minois

Qui, pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants

Veulent vous raconter ces craintes qui se noient.

©Nelly

5/11/2009

Solitaire amie...(Prose)

 

Solitaire amie…(Prose)

 

La solitude, nos vies,

Ces chemins qui nous appellent

Dans la fraîcheur des prés

Où de l'eau brille.

La solitude, prêtresse qui ouvre ses mains

Quand la nuit tombe.

Nous la voyons errer au faîte des heures

Cherchant le rêve dans nos sommeils.

C'est une invitée discrète, je l'aime...parfois.

Parfois, aussi, je ne l’invite plus

Car elle me pèse.

Souriante ou grimaçante, son visage est ingrat

A la tombée du soir

Pas le matin…il fait si beau !

Dans l’ombre des décors, à nous, sans eux,

Vivants et purs, mais pâles.

Je veux plutôt donner aux autres

Ce qui n’est pas,

Ecouter sans entendre, et voir

L’horizon rétrécit, sans yeux, oreilles

Aux quatre vents, mélanger les essences.

Et dans les branches mouillées,

Inquiète,

L’attente de ma solitude qui hésite.

Première parole après un long silence

Premier feu à prendre au bas d’un monde mort.

Cette terre infertile, où tout pousse pourtant,

De noir, sans vie, utile inconscience.

Comme un tableau très sombre,

Qui rappelle aux vivants,

Que l’ombre ne grandit point auprès d’un corps détruit ;

Arbre sans feuille, chemin perdu,

Mais vie pourtant, sève cachée dessous l’écorce.

La solitude, nos vies,

Ces chemins qui nous appellent

Dans la fraîcheur des prés.

©Nelly

4/29/2009

Mon herbier imparfait...

 

Mon herbier imparfait…

 

Le plaisir de plonger dans cette volupté

D’évoquer le Printemps avec ma volonté

De tirer un soleil de mon cœur et de faire

De mes immaculées une tiède atmosphère

Est un reste d’enfance au parfum de verveine

De menthe et de jasmin, qui souvent me reviennent

Et font s’évaporer mes soucis vers le Ciel

En remplissant gaiement tous mes sens de miel

 

C’est un si vaste champ que l’on peut feuilleter

Cet herbier-souvenir au corps agrémenté

D’herbes devenues rares, bric-à-brac si confus

De formes et de couleurs, de parfums inconnus

De majestueuses lignes comme un cygne évadé

De sa cage de vert dont l’or vient à aider

Le soleil délicat par fragments s’établir

Achevant en beauté la page souvenir

 

Dans la fraîcheur des prés où la rosée s’amuse

A rajeunir l’été pour en être sa muse

Par la grâce de l’herbe s’allument les couleurs

Pour le bal des amis habillés de lueurs

Nuances de doré, de pourpre ou de carmin

Toute vie en essence parcoure ces chemins

Comme on cherche le rêve, nous voyons nos sommeils

Danser sur une terre parsemée de vermeil

Et, quand la nuit tombée, ils entrouvrent leurs mains

Les anges aux cheveux blonds dansent avec les lutins

 

Rien ne bouge vraiment, et pourtant tout s’anime

Dès que nos yeux parcourent l’immensité de rimes

Butent sur l’ancien nom au latin suranné

Et que l’on décortique comme le ferait un nez

Respirant malgré nous ces parfums de jeunesse

Nous enivrant, ravis, des errances traîtresses

Nous parcourrons ainsi millier de kilomètres

En voyant l’aube pâle grandir à la fenêtre

 

Ainsi dans l’océan où mon esprit s’exile

Je pense aux matelots oubliés dans une île

Par la verte bleutée d’une algue capricieuse

Qui résonna sans doute d’une voie mélodieuse

Les trompant sans vergogne dans ce somptueux décor

Où ils cherchent toujours le plus petit accord

Qui les réunira, ouvrira leur pensers

Pour un beau jour enfin ! Chez eux les ramener.

 

Mon herbier imparfait, mon monde de fraîcheur,

Derrière les ennuis et les vastes douleurs,

Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,

Devient celui qui peut, d’une aile vigoureuse

S’élancer vers les champs lumineux et sereins

A l’instar d’un ange et son grand front d’airain

Qui, ailes déployées, par-delà la mappemonde

Sillonne gaiement l’immensité profonde.

 

Souvent, pour m’amuser, je prends pour équipage

Les étoiles de mer, et les algues sauvages,

Les jolies fleurs des champs, et les herbes folâtres

Et je sèche leurs corps comme statue d’albâtre,

Eternisant ainsi leur beauté éphémère

Mêlant à chaque fois la forêt et la Mer.,

Dans une union sacrée aux espaces limpides

Dont le feu clair remplit leur délicieux vide.

 

Il est possible en fait de renouer l’alliance

Mystérieuse et subtile, où la nature danse

Entre plantes et femmes, hommes et adiantes.

Ressusciter ce pacte entre créatures vivantes,

Tous à la recherche de l’essentiel, transparente

Magie des instants oubliés, mystères des corps

Des âmes en fusion, dont la souffrance s’endort

Dès lors que l’union s’accomplie, tout doucement

Force d’aimer, originel enchantement.

 

La voie des sens, des parfums, raffinement extrême

Perception de ce que nous devons être mêmes

Et non de ce que nous sommes, las, devenus.

Nos émotions, nos instincts profonds, confondus

En mémoires natives, à l’inverse des synthèses,

Ne se contentent pas d’ouvrir une parenthèse

Mais une émotion vraie, excursionniste et pure

Pèlerine d’émois dans un désert impur

 

J’aime ce monde là, végétal et vivant,

Simples des jardins, sauvages nées sous le Vent.

Tel un arbre et son écorce, je respire, grandit,

Dans cette alchimie séculaire, mon souffle suffit.

Je ferme les yeux et perçoit cet horizon

De nacre et de bleu en parfaite floraison.

Point n’est besoin pour moi d’être ailleurs qu’ici,

La force de mon corps, symbolique sursit.

 

Marche en avant précise sur les sentiers du temps

Cœur et cheveux au Vent, je me donne souvent,

Amoureuse d’effluves nécessaires à ma vie,

Surprise à chaque fois quand l’étreinte survit

Longtemps après que les corps se soient dispersés…

Et doucement je flotte, douce coquille bercée,

Fragile dans la mère des senteurs recouvrées,

Où j’aime me noyer…venez m’y retrouver.

©Nelly

4/23/2009

Ce que les yeux racontent...

 

Ce que les yeux racontent…

 

Je vois comme un impair la douleur dans tes yeux

Qui se nourrit de « non » protégeant son envol

Rassurée un instant par le désir frivole

De ne pas perdre autant que l’autre vie de Dieu

 

Allume ta prunelle à la flamme des lustres !

Regarde le dessein de la vie qui se perd

Et cherche le moyen de commettre l’impair

Pour que Demain ne soit plus la proie de ses rustres !

 

Sois ce que tu voudras, mais SOIS, je t’en conjure

Pour que naisse en ton cœur bien plus que l’indulgence

Ou la ferme intention de repousser l’engeance,

L’envie ne suffit plus, il faut trouver le pur !

 

Je t’aime ainsi ! Pourtant il te faut aujourd’hui

Comme un astre éclipsé, sortir de la pénombre,

Cheminer un instant, réapprendre le nombre,

Dans sa rare beauté  suivre la lame qui luit

 

Et trancher dans le vif d’un coup sec et vengeur

Sans ressentir en toi la haine du trépas

Car le mal est conquis quand la colère n’est pas,

Et jalouse le sort de ceux qui ont du cœur

 

Si, quelque soir, d’un pleur obtenu sans effort,

Pouvait fleurir enfin le végétal emblème

Je me prends à songer que les larmes sont blêmes,

Mais que le cœur n’est pas victime de son sort.

 

Je préfère, un instant, voir plus que l’horizon

Dans cette plaine hideuse ou les esprits sont morts

De n’être pas compris, et perdent la raison

Qui fait leur existence dans cet humble décor

 

Regarde ! Je ne suis rien, qu’un être sans visage,

Un marin sans bateau, un soldat sans armée,

Je nage, ou je survis en demandant rivage,

Regardant l’autre rive comme un antre sacré

 

Je voudrais aujourd’hui poser enfin mes armes

Et regarder l’enfant avec que compassion

Lui murmurer des mots, et récolter ses larmes

Pour l’offrir en  bassin pour pieuses ablutions

 

Il suffit pour cela ne plus voir dans tes yeux

La douleur qui nourrit protégeant son envol

Par ces « non » que le cœur protège, capricieux

Que la raison surprend mais que le temps affole.

©Nelly

2/20/2009

Les pierres tendres...

 

Les pierres tendres…

 

Toute la sépia d’un soir d’été ne saurait dire

L’odeur de l’herbe, l’étoffe de la pluie, terre,

Nos recommencements, nos hâtes, nos souvenirs,

Marchands de pluie, une autre sphère

 

Nos espoirs étaient simples, lisses comme des pierres,

Dont nous envahissions les fentes dans les murs

Les mêmes, comme toujours, comme le lierre,

Envahissant le tronc, pour s’en nourrir, sans blessures

 

Sans l’étouffer, seulement le parer de vert

La force de l’enfance, l’espoir d’ un autre monde

Parler, presque chanter, après l’avoir souffert

Ce lambeau d’étoffe nous rappelle la ronde

 

« Traîne, traine mon balais…j’marirai mes filles… »

Sauf que…faire de ce lambeau de tissus usé ?

On le trouve dans sa mémoire, il nous titille,

On le déplace ; les images, les années,

 

Et puis soudain, les larmes, brusques, qui montent,

Nous submergent, et on ne dit rien dans ses mots

D’avant, l’autrefois sans nom se démonte,

Devient un océan, musique d’une mer sans défaut

 

Et l’on devient coquillage, lavé, relavé

Par cette onde magique, transparente, inertielle

Projeté sur un écran tactile, délavé,

Parfaitement pur, comme une guérison partielle

 

Ce ne sont plus nos doigts qui s’agitent, mais des mains,

Des milliers de mains, sur un piano géant, guérisseuses,

Dans la matière où trébuche l’espoir, demain,

Au rêve de l’artiste, l’image attend, heureuse

 

Sa délivrance, son tarissement de l’angoisse d’être.

Reconnaissante enfin de ce droit qu’on lui donna

De vivre, d’être là, ici, ailleurs, d’aimer,

Et de vouloir aller plus loin, sans disparaître.

©Nelly

2/9/2009

Ebauche de l'esprit...

 

 

Ebauche de l’esprit…

 

Le charme est indéniable pour le cœur amoureux…

Dans le nid de ces yeux, où rien ne se révèle

De doux, ni d’amer,

Se blottissent, ravis, les sens où s’entremêlent,

L’Or avec le fer

Orfèvrerie si pure et ahurissant jeu

 

Comme le sable morne recherche le désert,

Le sentiment perdu réclame son azur

Dans ton corps si beau !

Resplendit à jamais comme un trésor qui dure

Miroir de ta peau

Mer odorante et vaste, et jamais ne se perd

 

Quand tout n’est qu’Or, acier, lumière et diamant,

La froide majesté ni trouve point sa place

Belle d’abandon

Et son âme rêveuse se liquéfie de glace

Cherchant à tâton

Le fardeau de l’errance pendue au firmament

 

Lors sa tête d’enfant écrasée de paresse

Se balance en cadence alanguie et heureuse

Au creux de ton cou

Et la bouche remonte lentement et fiévreuse

Recherche le tout

Promis par cette nature avide de caresses

 

Rappelons-nous l’objet que nous vîmes, mon âme,

Ce beau matin d’été, sous un Soleil si doux

Et Ciel pour témoin

Au fond de nos regards, lit semé de cailloux,

Au vent du matin

Qui, surpris, nous regarde, puis d’un souffle se pâme

 

Tout cela descendait, montait comme une vague,

Déferlante et docile, tout à tour, et vivante

Egale au plaisir

En formes effacées, fluides, comme l’eau courante

Tel un souvenir…

Une traînée de vide et de plein qui divaguent

 

Ebauche lente à venir sur la toile oubliée,

Perdue dans le dédale de toutes ses pensées

Et que l’Artiste achève juste par la mémoire

Mais au fait j’y songe… Etait-ce la mémoire ?

©Nelly

 

Nelly vous transmet du Soleil...

Bienvenue dans mon Univers…