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    7/6/2009

    La longue marche...

     

    La longue marche…

     

    Nous avions appris à regarder le temps

    Mais pas à l’écouter

    Nous avions admis que le soleil est important

    Mais oublié qu’il brille

    Et nous corps se sont embrasés

     

    Nous étions pressés

     

    Dans la naissance de nos cendres, surpris,

    Nous n’avons rien emporté

    Rien que nous ne comprenions ainsi

    Et le ciel nous a recouverts

    Dans l’espérance d’un dieu isolé

     

    Nous restions figés

     

    Même dans la sagesse de nos pères

    Nous sommes restés prostrés

    Les yeux brûlés de trop de pluies d’hiver

    Nous avons gelé, sans la morsure du froid,

    Dans la douceur d’un sombre été.

     

    Nous avons marché

     

    Nous avons grandi loi de ces lois

    Qui abritent les égarés,

    Chemins tracés dans les sous-bois,

    Entrés dans le cortège de l’ignorance

    Nous n’avons pas beaucoup rêvé

     

    Nous avons cherché

     

    Nous voulions tant ! Puis l’espérance

    S’en est allée

    Les dieux ont enlacé les engeances

    Doucement soufflé les bougies

    Puis se sont retirés

     

    Nous avons couru

     

    Nos mains se sont élevées, en effigie,

    Pour récolter les gouttes dorées

    Mais, loin des stratégies

    Le ciel aussi s’était retiré

    Sans un regard.

     

    Nous étions seuls.

    ©Nelly

    Voyage...

     

    Voyage…

     

    Nous partons mon Chéri

    A la flamme du temps !

    Et qu’importe le vent

    Qu’importe les marées

    Nous partons mon Chéri

    A la flamme du temps !

     

    Le voyage est un fou

    Qu’aucune loi n’émeut

    Il vole les matins

    Et s’élance au-dehors

    Le voyage est un fou

    Qu’aucune loi n’émeut

     

    Et les quatre-saisons

    En font leur loi divine

    Renaissant chaque fois

    Qu’il est possible d’être

    Et les quatre-saisons

    En font leur loi divine

     

    Alors, sabre-au-clair

    Marchons la tête haute

    Sans regarder l’avant

    Autrement qu’en nos rêves

    Alors, sabre-au-clair

    Marchons la tête haute

     

    Nous partons mon Chéri

    A la flamme du temps !

    Et qu’importe le vent

    Qu’importe les marées

    Nous partons mon Chéri

    A la flamme du temps !

    ©Nelly

    6/10/2009

    Je respirais enfin...

    Je respirais enfin…

     

    Je marchais dans ces déserts dorés

    Respirant la chance d’être

    Joyeuse comme un pinson peut-être

    Loin de ces rêves élaborés

     

    Enchevêtrés comme les rêves

    Mes pierres devenaient tendres,

    Et d’ailleurs, pourquoi vouloir prétendre

    Que la candeur n’a pas de trêve ?

     

    A mains nues dans ce bruit de pluie,

    Je chantonnais à perdre haleine

    Au clair-obscur des tendres peines,

    La lumière fut comme un ami

     

    Chassons le temps s’il nous ennui !

    Cessons donc de compter les heures

    Qui se transforment en vapeurs

    A chaque fois que vient minuit !

     

    Si le dormeur vit dans sa tête,

    Et que le poète ne sait rien,

    Alors louons l’affreux saurien

    Qui transforme l’homme en bête.

     

    Et quand le feu est presque éteint

    Et que dans l’âtre froidit la cendre,

    J’aimerai bien la descendre

    Moi, cette pente d’étain.

     

    Sombre chemin, ou belle route ?

    Le monde à personne n’appartient

    Quand s’insinue bêtement le doute,

    Et que le froid certain devient

     

    Je respire à pleine voix

    Le bonheur de t’avoir connu,

    Marchant, tirant sur l’inconnu,

    Toi le vagabond sans foi ni loi,

     

    Prince du vent, bandit du temps,

    Tueur des heures éphémères

    Et des causes sans repère

    De revenir, il était temps !

     

    Pieds nus dans ce bruit de monde

    Dans la houle enfle la lumière,

    Et dans l’orage, le ciel éclaire

    A tout jamais la mappemonde.

     

    Si la surface de l’eau

    N’est que lumière

    Alors mes prières

    Seront des flots.

    ©Nelly

    5/14/2009

    Sans histoire...

     

    Sans histoire…

     

    Je veux vous raconter ces molles enchanteresses

    Ces diverses beautés qui parent la jeunesse

    Je veux peindre en tout point la beauté de ces temps

    Où l’enfance s’allie aux matures latent

     

    Quand au vent balayant, ils offrent leur minois

    Ils nous font cet effet, à la coque de noix,

    D’un beau navire partant en conquête de large

    Placides et triomphants dans leurs habits si larges

     

    Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants

    Ces futurs chevaliers, ou ces pauvres amants

    Leurs gorges qui s’avancent, panneaux bombés et clairs

    Comme des boucliers accrochent leurs éclairs

     

    Quand au vent balayant, ils offrent leurs minois

    Ils nous font cet effet de craintes qui se noient

    Dans le sillage triste de ces étranges grâces

    Qui ont perdu la foi et se trouvent en disgrâce

     

    Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants

    Ils conquièrent parfois bien inopinément

    Ce rythme caressant, si lent, si paresseux,

    De ceux qui bougent tout sans devenir chanceux

     

    Je veux vous raconter ces molles enchanteresses,

    Ces diverses vertus dont seul une maîtresse

    Ne connaît pas le prix puisque libre est son corps ;

    Armoire aux doux secrets, alcôve sans décor

     

    Sous les volcans qu’ils chassent survivent les tourments

    Quand au vent balayant ils offrent leurs minois

    Qui, pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants

    Veulent vous raconter ces craintes qui se noient.

    ©Nelly

    5/11/2009

    Solitaire amie...(Prose)

     

    Solitaire amie…(Prose)

     

    La solitude, nos vies,

    Ces chemins qui nous appellent

    Dans la fraîcheur des prés

    Où de l'eau brille.

    La solitude, prêtresse qui ouvre ses mains

    Quand la nuit tombe.

    Nous la voyons errer au faîte des heures

    Cherchant le rêve dans nos sommeils.

    C'est une invitée discrète, je l'aime...parfois.

    Parfois, aussi, je ne l’invite plus

    Car elle me pèse.

    Souriante ou grimaçante, son visage est ingrat

    A la tombée du soir

    Pas le matin…il fait si beau !

    Dans l’ombre des décors, à nous, sans eux,

    Vivants et purs, mais pâles.

    Je veux plutôt donner aux autres

    Ce qui n’est pas,

    Ecouter sans entendre, et voir

    L’horizon rétrécit, sans yeux, oreilles

    Aux quatre vents, mélanger les essences.

    Et dans les branches mouillées,

    Inquiète,

    L’attente de ma solitude qui hésite.

    Première parole après un long silence

    Premier feu à prendre au bas d’un monde mort.

    Cette terre infertile, où tout pousse pourtant,

    De noir, sans vie, utile inconscience.

    Comme un tableau très sombre,

    Qui rappelle aux vivants,

    Que l’ombre ne grandit point auprès d’un corps détruit ;

    Arbre sans feuille, chemin perdu,

    Mais vie pourtant, sève cachée dessous l’écorce.

    La solitude, nos vies,

    Ces chemins qui nous appellent

    Dans la fraîcheur des prés.

    ©Nelly

    4/29/2009

    Mon herbier imparfait...

     

    Mon herbier imparfait…

     

    Le plaisir de plonger dans cette volupté

    D’évoquer le Printemps avec ma volonté

    De tirer un soleil de mon cœur et de faire

    De mes immaculées une tiède atmosphère

    Est un reste d’enfance au parfum de verveine

    De menthe et de jasmin, qui souvent me reviennent

    Et font s’évaporer mes soucis vers le Ciel

    En remplissant gaiement tous mes sens de miel

     

    C’est un si vaste champ que l’on peut feuilleter

    Cet herbier-souvenir au corps agrémenté

    D’herbes devenues rares, bric-à-brac si confus

    De formes et de couleurs, de parfums inconnus

    De majestueuses lignes comme un cygne évadé

    De sa cage de vert dont l’or vient à aider

    Le soleil délicat par fragments s’établir

    Achevant en beauté la page souvenir

     

    Dans la fraîcheur des prés où la rosée s’amuse

    A rajeunir l’été pour en être sa muse

    Par la grâce de l’herbe s’allument les couleurs

    Pour le bal des amis habillés de lueurs

    Nuances de doré, de pourpre ou de carmin

    Toute vie en essence parcoure ces chemins

    Comme on cherche le rêve, nous voyons nos sommeils

    Danser sur une terre parsemée de vermeil

    Et, quand la nuit tombée, ils entrouvrent leurs mains

    Les anges aux cheveux blonds dansent avec les lutins

     

    Rien ne bouge vraiment, et pourtant tout s’anime

    Dès que nos yeux parcourent l’immensité de rimes

    Butent sur l’ancien nom au latin suranné

    Et que l’on décortique comme le ferait un nez

    Respirant malgré nous ces parfums de jeunesse

    Nous enivrant, ravis, des errances traîtresses

    Nous parcourrons ainsi millier de kilomètres

    En voyant l’aube pâle grandir à la fenêtre

     

    Ainsi dans l’océan où mon esprit s’exile

    Je pense aux matelots oubliés dans une île

    Par la verte bleutée d’une algue capricieuse

    Qui résonna sans doute d’une voie mélodieuse

    Les trompant sans vergogne dans ce somptueux décor

    Où ils cherchent toujours le plus petit accord

    Qui les réunira, ouvrira leur pensers

    Pour un beau jour enfin ! Chez eux les ramener.

     

    Mon herbier imparfait, mon monde de fraîcheur,

    Derrière les ennuis et les vastes douleurs,

    Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,

    Devient celui qui peut, d’une aile vigoureuse

    S’élancer vers les champs lumineux et sereins

    A l’instar d’un ange et son grand front d’airain

    Qui, ailes déployées, par-delà la mappemonde

    Sillonne gaiement l’immensité profonde.

     

    Souvent, pour m’amuser, je prends pour équipage

    Les étoiles de mer, et les algues sauvages,

    Les jolies fleurs des champs, et les herbes folâtres

    Et je sèche leurs corps comme statue d’albâtre,

    Eternisant ainsi leur beauté éphémère

    Mêlant à chaque fois la forêt et la Mer.,

    Dans une union sacrée aux espaces limpides

    Dont le feu clair remplit leur délicieux vide.

     

    Il est possible en fait de renouer l’alliance

    Mystérieuse et subtile, où la nature danse

    Entre plantes et femmes, hommes et adiantes.

    Ressusciter ce pacte entre créatures vivantes,

    Tous à la recherche de l’essentiel, transparente

    Magie des instants oubliés, mystères des corps

    Des âmes en fusion, dont la souffrance s’endort

    Dès lors que l’union s’accomplie, tout doucement

    Force d’aimer, originel enchantement.

     

    La voie des sens, des parfums, raffinement extrême

    Perception de ce que nous devons être mêmes

    Et non de ce que nous sommes, las, devenus.

    Nos émotions, nos instincts profonds, confondus

    En mémoires natives, à l’inverse des synthèses,

    Ne se contentent pas d’ouvrir une parenthèse

    Mais une émotion vraie, excursionniste et pure

    Pèlerine d’émois dans un désert impur

     

    J’aime ce monde là, végétal et vivant,

    Simples des jardins, sauvages nées sous le Vent.

    Tel un arbre et son écorce, je respire, grandit,

    Dans cette alchimie séculaire, mon souffle suffit.

    Je ferme les yeux et perçoit cet horizon

    De nacre et de bleu en parfaite floraison.

    Point n’est besoin pour moi d’être ailleurs qu’ici,

    La force de mon corps, symbolique sursit.

     

    Marche en avant précise sur les sentiers du temps

    Cœur et cheveux au Vent, je me donne souvent,

    Amoureuse d’effluves nécessaires à ma vie,

    Surprise à chaque fois quand l’étreinte survit

    Longtemps après que les corps se soient dispersés…

    Et doucement je flotte, douce coquille bercée,

    Fragile dans la mère des senteurs recouvrées,

    Où j’aime me noyer…venez m’y retrouver.

    ©Nelly

    4/23/2009

    Ce que les yeux racontent...

     

    Ce que les yeux racontent…

     

    Je vois comme un impair la douleur dans tes yeux

    Qui se nourrit de « non » protégeant son envol

    Rassurée un instant par le désir frivole

    De ne pas perdre autant que l’autre vie de Dieu

     

    Allume ta prunelle à la flamme des lustres !

    Regarde le dessein de la vie qui se perd

    Et cherche le moyen de commettre l’impair

    Pour que Demain ne soit plus la proie de ses rustres !

     

    Sois ce que tu voudras, mais SOIS, je t’en conjure

    Pour que naisse en ton cœur bien plus que l’indulgence

    Ou la ferme intention de repousser l’engeance,

    L’envie ne suffit plus, il faut trouver le pur !

     

    Je t’aime ainsi ! Pourtant il te faut aujourd’hui

    Comme un astre éclipsé, sortir de la pénombre,

    Cheminer un instant, réapprendre le nombre,

    Dans sa rare beauté  suivre la lame qui luit

     

    Et trancher dans le vif d’un coup sec et vengeur

    Sans ressentir en toi la haine du trépas

    Car le mal est conquis quand la colère n’est pas,

    Et jalouse le sort de ceux qui ont du cœur

     

    Si, quelque soir, d’un pleur obtenu sans effort,

    Pouvait fleurir enfin le végétal emblème

    Je me prends à songer que les larmes sont blêmes,

    Mais que le cœur n’est pas victime de son sort.

     

    Je préfère, un instant, voir plus que l’horizon

    Dans cette plaine hideuse ou les esprits sont morts

    De n’être pas compris, et perdent la raison

    Qui fait leur existence dans cet humble décor

     

    Regarde ! Je ne suis rien, qu’un être sans visage,

    Un marin sans bateau, un soldat sans armée,

    Je nage, ou je survis en demandant rivage,

    Regardant l’autre rive comme un antre sacré

     

    Je voudrais aujourd’hui poser enfin mes armes

    Et regarder l’enfant avec que compassion

    Lui murmurer des mots, et récolter ses larmes

    Pour l’offrir en  bassin pour pieuses ablutions

     

    Il suffit pour cela ne plus voir dans tes yeux

    La douleur qui nourrit protégeant son envol

    Par ces « non » que le cœur protège, capricieux

    Que la raison surprend mais que le temps affole.

    ©Nelly

    2/20/2009

    Les pierres tendres...

     

    Les pierres tendres…

     

    Toute la sépia d’un soir d’été ne saurait dire

    L’odeur de l’herbe, l’étoffe de la pluie, terre,

    Nos recommencements, nos hâtes, nos souvenirs,

    Marchands de pluie, une autre sphère

     

    Nos espoirs étaient simples, lisses comme des pierres,

    Dont nous envahissions les fentes dans les murs

    Les mêmes, comme toujours, comme le lierre,

    Envahissant le tronc, pour s’en nourrir, sans blessures

     

    Sans l’étouffer, seulement le parer de vert

    La force de l’enfance, l’espoir d’ un autre monde

    Parler, presque chanter, après l’avoir souffert

    Ce lambeau d’étoffe nous rappelle la ronde

     

    « Traîne, traine mon balais…j’marirai mes filles… »

    Sauf que…faire de ce lambeau de tissus usé ?

    On le trouve dans sa mémoire, il nous titille,

    On le déplace ; les images, les années,

     

    Et puis soudain, les larmes, brusques, qui montent,

    Nous submergent, et on ne dit rien dans ses mots

    D’avant, l’autrefois sans nom se démonte,

    Devient un océan, musique d’une mer sans défaut

     

    Et l’on devient coquillage, lavé, relavé

    Par cette onde magique, transparente, inertielle

    Projeté sur un écran tactile, délavé,

    Parfaitement pur, comme une guérison partielle

     

    Ce ne sont plus nos doigts qui s’agitent, mais des mains,

    Des milliers de mains, sur un piano géant, guérisseuses,

    Dans la matière où trébuche l’espoir, demain,

    Au rêve de l’artiste, l’image attend, heureuse

     

    Sa délivrance, son tarissement de l’angoisse d’être.

    Reconnaissante enfin de ce droit qu’on lui donna

    De vivre, d’être là, ici, ailleurs, d’aimer,

    Et de vouloir aller plus loin, sans disparaître.

    ©Nelly

    2/9/2009

    Ebauche de l'esprit...

     

     

    Ebauche de l’esprit…

     

    Le charme est indéniable pour le cœur amoureux…

    Dans le nid de ces yeux, où rien ne se révèle

    De doux, ni d’amer,

    Se blottissent, ravis, les sens où s’entremêlent,

    L’Or avec le fer

    Orfèvrerie si pure et ahurissant jeu

     

    Comme le sable morne recherche le désert,

    Le sentiment perdu réclame son azur

    Dans ton corps si beau !

    Resplendit à jamais comme un trésor qui dure

    Miroir de ta peau

    Mer odorante et vaste, et jamais ne se perd

     

    Quand tout n’est qu’Or, acier, lumière et diamant,

    La froide majesté ni trouve point sa place

    Belle d’abandon

    Et son âme rêveuse se liquéfie de glace

    Cherchant à tâton

    Le fardeau de l’errance pendue au firmament

     

    Lors sa tête d’enfant écrasée de paresse

    Se balance en cadence alanguie et heureuse

    Au creux de ton cou

    Et la bouche remonte lentement et fiévreuse

    Recherche le tout

    Promis par cette nature avide de caresses

     

    Rappelons-nous l’objet que nous vîmes, mon âme,

    Ce beau matin d’été, sous un Soleil si doux

    Et Ciel pour témoin

    Au fond de nos regards, lit semé de cailloux,

    Au vent du matin

    Qui, surpris, nous regarde, puis d’un souffle se pâme

     

    Tout cela descendait, montait comme une vague,

    Déferlante et docile, tout à tour, et vivante

    Egale au plaisir

    En formes effacées, fluides, comme l’eau courante

    Tel un souvenir…

    Une traînée de vide et de plein qui divaguent

     

    Ebauche lente à venir sur la toile oubliée,

    Perdue dans le dédale de toutes ses pensées

    Et que l’Artiste achève juste par la mémoire

    Mais au fait j’y songe… Etait-ce la mémoire ?

    ©Nelly

    1/27/2009

    La beauté des souvenirs...

    La beauté des souvenirs…

     

    Avant que le rêve ne nous prenne, indécis,

    Le rossignol a chanté encore une fois.

    Ce fut comme un frisson dans ma mémoire, ici,

    Il a chanté comme s’endort la vie parfois.

    Et c’était de l’Or.

     

    Sur la couche de son plaisir, puis du repos,

    Ainsi, consentit son rêve, à l’arrivant,

    Où faisait halte son errance, dans cet îlot,

    Il avait replié sous sa tête, l’avant.

    Sublime décor.

     

    C’était comme un sommeil d’été, des choses proches,

    Un feu qui passe, chaque fois, de branche en branche,

    Transmutation des métaux en rêve, approche,

    D’un univers si clôturé, une revanche ;

    Une année encore.

     

    Dans les brumes de mes sommeils si incessants,

    Aller ainsi, avec le même orient, si loin,

    Au-delà des images, tableaux harassants,

    Qui chacun, parfaits firmaments d’étoiles, oints,

    Deviennent trésor.

     

    Les soirs n’ont tant de la beauté qui s’attarde,

    Ne peut quitter une terre qu’elle a tant aimée,

    La façonnant de ses mains de lumière blafarde

    Qui dévale avec grand bruit dans mon écharde

    D’avenir sans mors.

     

    Et disent autre chose que ce qui est vraiment,

    Leur beauté, leurs mensonges, traverser l’angoisse

    De quelques-uns, mais aussi le bonheur, présent,

    Dont le feu court dans le passé en cendre ; la poisse

    Fait place à l’aurore.

    ©Nelly

    1/13/2009

    Croyance...

     

    Croyance…

     

    L'espérance d'un Dieu inaccessible et beau...
    Tout ce qui brille, hélas n'est pas d'or, et faux maître
    Trop souvent, il devient quand se forge le traître
    Et lancinant fleuve de charrieurs d'émaux.

    Pourtant fable d'Eden ressens-tu son absence?
    En Déesse-joyau, brave de ta présence
    Le bel Astre de nuit ou scintillent les belles
    Etoiles radieuses au dessus d'Immortels !

    Rauques en étaient les voix brûlantes dans les restes,
    Et rouge était le ciel sur les terres arides.
    Tout un fleuve de Lune sur la table terrestre
    Ouvrait, fermait les yeux d'une clarté livide.

    Là ou l'eau des bassins coulait sans aucun bruit
    Brillaient dans l'herbe pure une lumière divine ;
    Chemins de sable clair que le jour assassine
    Si proche, comme ce sein pour les lèvres, enfin fruits.

    Limpide son regard, véritable nature,
    Hèle plus qu'entités! Ou de fausses errances.
    Mes présages en "nouvelles" ; céleste nourriture,
    Invite à l'amour en unique croyance.

    Est t-il besoin encore de dire mon bleue de Mère
    Devant cet évidence, origine berceau ?
    Rêveur nie ses prières, aveugle son âme claire ;
    Vision originelle où perle son cœur... beau.

    ©Nelly et Domi

    1/3/2009

    Bonne Année à toutes et tous!!!!!

    Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.net

    Que la Paix du coeur et de l'esprit vous accompagne tout au long de cette Nouvelle Année.

    12/29/2008

    Tant de choix...

     

     

    Tant de choix…

     

    Et des choses et des noms, c’était comme si

    Les voies, les espérances s’unissaient en même point ;

    A l’aval de ce fleuve, fleuve de paix, d’amour,

    Trop pour ce monde, entre ciel et chambre, ainsi

    Qu’un soleil terrestre, le minime dans ses mains

    Où parfois le miroir se prend au jeu du toujours.

     

    Evidence d’une vérité qui avance,

    Comme l’enfant émerveillé sous la treille,

    Étonné d’être là, si petit, cœur battant.

    Il se dresse heureux, perdu d’innocence,

    Tend sa main pour saisir les merveilles ;

    La grappe rouge du raisin, insouciant.

     

    Tant de Lumière dans son cœur où n’est plus

    La chaleur d’un sourire, une main maternelle

    Caressant ses souffrances, comme on flatte la vie.

    L’enfant-roi, disparu, englouti, reclus

    Dans son antre sans paix, indifférent au ciel

    Qui se couvre parfois au détour d’une obvie

     

    Comme s’il allait nu, sur une plage, ici

    Ou là, seul dans sa voix, dans ses rêves, incertain.

    Il s’arrête pourtant, distrait, et son pied pousse

    L’eau dans le sable, une lampe cachée, voici,

    L’ombre dansante dans la trouée d’un matin,

    Telle cette lumière dans l’esprit, pâle et douce.

     

    Vivante illusion que ces mains savantes, avant,

    Qui préservèrent la braise sous la cendre, si vives,

    Si vraies. Qui d’un pied nu aura laissé l’empreinte ?

    Qui redessine ce doux visage d’enfant ?

    Nul n’a voulu, nul n’est venu, qui vive,

    Seulement le souvenir dans la mémoire qui s’éreinte.

    ©Nelly

    12/21/2008

    Forêt de sapins au salon d'ivoire...

      Rencontre au hasard des blogs de poésie... 

    Ce texte sublime, au coeur de l'hiver, est un coup de coeur. Il est l'oeuvre d'un ami poète québecois Réal. Encore bravo cher cousin!!

    Forêt de sapins au salon d’ivoire
    (Chant Royal)

    Noël racontait légende à l’enfant
    Ses yeux d’heure attrait avaient plus que voix
    Se dit loup-garou au Premier de l'an
    La lune est en ciel à faire sa loi
    L’histoire est contée au lieu fait de bois
    Le temps est à pied sous serment de vent
    L’océan à quai la mer a cent ans
    Chapelle est à voir avant nuit d’étrennes
    La neige est en vers doigts blancs sur le noir
    La lampe est placée décrire la scène
    Forêt de sapins au salon d’ivoire

    Parlant de tous mots langage savant
    Le loup est propos à l’édit d’émoi
    Il est le manteau pour gel au couchant
    Parce que son pas, silence le roi
    Il est pré-dateur jamais à l’étroit
    S’inscrit à l’écrit on le sait menant
    Il est pour l’un sien, il est fait de blanc
    Tenant en chemin l’histoire de plaine
    Où toute chaleur emplie bien le soir
    Un siffleur de temps paré de pré-vaine
    Forêt de sapins au salon d’ivoire

    Avant de coucher la maison du rang
    Lueur au volet triant tout le froid
    L’hiver est secret disait le parlant
    Il jonglait les mots seul est son patois
    Il est au plus long d’un jour à la fois
    La louve au coteau connaissait l’étang
    Âgé de sommeil ses yeux parlaient tant
    Le rêve est en lui malgré toute peine
    Sa main tient la lieue de tout son savoir
    Sa raison pendule et coucou fredaine
    Forêt de sapins au salon d’ivoire

    Avant le matin y’avait cet instant
    Que l’on attendait si tant il est joie
    Tantôt éveillé parfois moins présent
    À vouloir que l’oui soumis et pantois
    Se su à ce crie demandant pourquoi
    L’oral où l’écrit du loup est troublant
    Un sentier de peur où les cailloux lents
    Espèrent un chasseur avant la huitaine
    La bête à trapper en faire devoir
    Avant la tombée en fin de semaine
    Forêt de sapins au salon d’ivoire

    Ainsi se voulait la veillée d’antan
    L’escalier craquait un pas et deux trois
    En milieu de nuit le givre suintant
    Où l’ombelle plie pour châssis de bois
    Un chant comme hiver d’un je ne sais quoi
    La table à vêtir d’un repas gourmand
    Grand-père à l’endroit ses pieds au bois franc
    Giguer le présent sans perdre haleine
    La note au violon l’archet au pouvoir
    Dans l’air rigodon moment que l’on s’aime
    Forêt de sapins au salon d’ivoire

    Le matin suivant de l’aurore pleine
    Jouant à vêtir la neige de laine
    On a aperçu le blanc du terroir
    Dévoilant l’intrus près de la fontaine
    Forêt de sapins au salon d’ivoire
    (Atouthasard)

    Réal

    12/8/2008

    Note astrale...

     
     

    La note astrale…

     

    J’ai souvent évoqué cette Lune enchantée

    Vénus la si belle, légendaire et dévote

    Qui bâti dans les cœurs un peu d’éternité

    Jusqu’à ce que l’oubli les jette dans sa hotte.

     

    Ainsi qu’une médaille Vénus s’étalait

    Comme un fleuve dormant sur le corps de la Nuit

    Fabuleuse endémie de partout ruisselait

    Eclaboussant de vie les ombres de l’ennui.

     

    Dans cette aube pluvieuse, s’éveillait lentement

    La lumière crue des âmes, mouvante et délicieuse,

    Que tourmentait sans cesse un curieux sentiment

    Mêlé de solitude et présence pieuse.

     

    Ravie d’illuminer un ciel bourbeux et noir

    La douceur endormie réveillait dans les prés

    Les vers comme les roses, et les fontaines-miroir,

    Rajeunissant les cœurs et les jeunes cyprès.

     

    Tout à coup, au milieu de l’intimité libre,

    Eclose et vibratoire, une note plaintive,

    Devenait un sonore instrument où ne vibre

    Que la claire gaité, puissante et fugitive.

     

    Syllabe brève puis longue, hésitation de l’ïambe

    Qui n’ose pas franchir le souffle qui espère,

    Ce son qui réunit divisant les choriambes…

    Ce beau commencement quand l’aurore se terre.

    ©Nelly

    11/30/2008

    L'étoile livide...(A mon ami d'enfance, Philippe, disparu le 27 Novembre dernier)

     

    L’étoile livide…

     

    Ils s'attardaient, le soir, sur la terrasse d'ambre

    D'où partaient les chemins, de sable clair et doux

    Sous un ciel sans nombre. Et si nue devant nous

    Etait l'Etoile sans vie, nous devenions ses membres

     

    Elle était l’illusion, un espoir que l’on fume,

    Le feu naissant de soi, des cendres désunies.

    A la flamme plus vaste que celle d’un ciel terni,

    Ce jour là nous avons rendu ce que nous fûmes.

     

    Et nos pas s’en allèrent dans l’herbe sans mémoire,

    Dormant, ne nous sachant, nous en aimions le goût.

    Suante, empoussiérée, l’attente malgré nous,

    Poursuivait son chemin, recherchant le savoir.

     

    Au lieu qu’encor, de nuit, sous des arbres bruyants,

    Elle s’arrête et frappe à des portes fermées,

    Elle préférait marcher vers des mains endiablées

    Et, d’un cri, embrasé, le crépuscule fuyant.

     

    Et vite elle nous menait là où la nuit retombe,

    Là où deux pas devant il n’est plus rien qu’on sache.

    Plus de chemin pour nous ;  de l’herbe qu’on arrache,

    Plus de passage à gué…un parfum d’outre-tombe.

    ©Nelly

     

     

    11/20/2008

    C'est si beau...

     

    C’est si beau…

     

    Un cœur qui brille dans la pénombre

    Et ne sait plus où est le nombre

    Tant la Lumière est apparente

    Et la Vérité sous-jacente

    C’est si beau

    Un ange parfois assoupie

    Au bord du Monde qui dévie         

    Comme le satin d’un cercueil

    Qui oblige qu’on s’y recueille

    C’est si beau

     

    Un violon nomade du Soir

    Qui chante le doux sur le tard

    Sans accompagner la tristesse

    Vers la sortie telle une princesse

    C’est si beau

    Ces mains qui jouent de l’arc-en-ciel

    Sur la toile de l’inertiel

    Et puis ces cris…et puis ces riens

    Qui changent le pieu en païen

    C’est si beau

     

    C’est si beau de croire à l’oubli

    D’y voir un champ sans aucun pli

    Un chant d’Amour qu’aurait aimé

    Un poète fou ou bien désuet

    C’est si beau …

    C’est si beau de croire que jamais

    L’ab solitude est un chevet

    Sur lequel repose le foyer

    Qui brûle au cœur d’un air noyé

    C’est si beau

     

    De penser au lieu de le faire

    De l’espérer comme l’enfer

    Alors que l’Amour inédit

    Se contente du Paradis

    C’est si beau

    De regarder sans vraiment voir

    La peau si blanche sous satin noir

    Et la noirceur du désespoir

    C’est si beau

     

    De se réveiller un matin

    Et de se dire : « je n’crois en rien ! »

    Et de sourire à l’enfant né,

    Simple caprice d’ailleurs, inné

    C’est si beau

    Un cœur qui brille dans la pénombre

    Et ne sait plus si vit son ombre.

    C’est si beau…

    ©Nelly

    11/9/2008

    Vogue l'Ame...

     

    Vogue l’Ame…

     

    Aux Chemins oubliés que nimbe l’amertume ;

    Tous mes vagues à l’âme dans leur manteau d’écume

    Deviennent des récifs échoués sous ma plume

    Mourant tout simplement sous son voile de brume

     

    Et sous les Cieux ravis que leur Aube progresse,

    Des journées infinies tissent de belles promesses

    Pour les cœurs engourdis des belles poétesses

    Qui deviennent ainsi étranges prophétesses

     

    Si les marchands de rêves, qui s’endorment déjà

    Sous un Ciel de traîne qu’ils n’achèveront pas

    Esquissent des enfants leurs contours jouvenceaux

    C’est pour mieux retrouver de l’enfance le beau

     

    Quand l’interminable se prend à nos jeux

    Jouant à cache-cache, brûlant mille feux,

    Je te veux ami, et non demi-dieu

    Pour mieux m’endormir au creux de tes yeux

     

    Et finir ainsi l’esquisse divine

    Qui fut commencée en courbe d’échine

    Dans un Ciel d’orage où l’âme devine

    Les formes mouvantes d’ombres sibyllines.

     

    Pour s’élever là où naît le courage

    Afin d’arrêter ce curieux voyage

    Qui ne mène à rien d’autre qu’au naufrage

    Je me permets donc de finir la page           

     

    Où chemineront, nimbés d’infortune,

    Mes vagues à l’âme en manteau d’écume

    Devenus récifs mourant sous ma plume

    Pour s’étendre alors noyés sous la brume.

    ©Nelly

    Renaissance...

     

    Renaissance…

     

    J’ai besoin quelquefois de marcher au Soleil

    Si les chemins sans terres

    Dans des brumes si pures, entourée de merveilles

    Où l’âme s’enterre

     

    Je regarde l’instant où le bleu se mélange

    A la grise chimère

    Et redessine encore l’esquisse si étrange

    De notre terre-mère

     

    Avancée si fragile désirée, redoutée,

    Annonciatrice d’hivers

    De printemps, de bonheur et de sensuels étés,

    Dans leurs teintes de vert

     

    J’en redemande encore, et je cherche et je trouve

    Ces moments sans impairs

    Suspendus dans l’espace et le temps qui approuvent

    Quand le bonheur opère

     

    - tu peux venir te poser sur moi Soleil si doux !

    Te tatouer sur ma peau

    T’accrocher à mon ancre, te lover dans mon cou

    J’ai trouvé le repos !

     

    J’ai besoin quelquefois de marcher au Soleil

    Si les chemins sans terres

    Dans des brumes si pures, entourée de merveilles

    Car parfois je m’y perds.

    ©Nelly