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09/10/2009 La maison natale...La maison natale…
Ce lieu m’a adoptée aux brisées des vivants Je mets parfois un temps à me défaire d’avant Rentre dans mon costume pour aimer le présent Et dois recommencer un futur dans ce temps.
Le vent me dit pourquoi et la marée m’écoute Ils sont si personnels, si loin de mes déroutes Et, quand dans les pinèdes, je vois l’aube et sa route, Je ressens les chemins qu’il faut aimer sans doute.
Les lames d’horizon s’aiguisent tout doucement Tranchant dans mes paroles mes souffrances d’enfant J’aime si bien les dire, si bien me promenant, Parler de mes délires sans les nommer vraiment.
Oui, je sais qu’il faut être, et admettre les tords, Regarder dans les cœurs des années du dehors Pour mieux se reconstruire et aimer les trésors Quand l’amour nous recouvre d’un fabuleux décor.
Je reviendrai sans doute, me suis-je dit un jour, Il y a si longtemps ! Je ne suis plus toujours ! Je sais, et c’est si simple, sans sertis, sans contours, Je reviendrai un jour reconstruire ma tour.
Ce lieu m’a adoptée aux orées des brisants Noyant dans mes chagrins les douleurs de mes ans Me parlant de ces cours, aux horloges, gisants, Dans cet entre-deux terres au calme suffisant. ©Nelly 06/10/2009 Epître à l'aimer...Epître à l’Aimé…
Maintenant que d’enfance qui me fit l’âme obscure Je sors, pâle et vainqueur Et que je sens la paix par cet amour si pur Qui reste dans mon cœur
Maintenant que je puis, assise au bord des ondes, Emue par ce superbe et tranquille horizon, Examiner en moi les vérités profondes Et admirer les fleurs qui sont dans le gazon
Maintenant que les mots ont trouvé le chemin De cette vérité Et que je trouve enfin du dessein d’un demain La réelle beauté
Maintenant que l’esprit dans la Lumière se meut Franchissant les barrières sans se heurter le front Dans toutes les afflictions des autres, et s’émeut De ressentir enfin ! La peine sans l’affront
Maintenant que sa main, qui rajeunit mon monde Et trie mes souvenirs Pour en recoudre presque les blessures immondes Panse mon avenir
Je viens à toi ma Vie qui me fit tant souffrir Et porter, apaisée, Les lambeaux de mon cœur pour étoffe, et l’offrir Aux heures mal aisées
Je dis que le tombeau où je m’étais glissée, Qui me semblait si doux au regard des moments Difficiles et cruels que tu m’as imposés, Malgré le froid cruel, ouvre le firmament . Je conviens humblement que rêver la beauté N’est pas la reconnaître, Que le reflet n’est rien, dans cette immensité Sans le Soleil terrestre.
Je ressens désormais, comme une certitude, Que la colère n’est pas le plus joli combat, Mais l’expression secrète des tristes servitudes Qui nous lient en-dedans, et nous gâchent ici-bas.
Si je tombe à genoux dans ce fleuve de paix , Où les mots ne sont pas Absous de compassion et si loin de l’épée, C’est que je sais cela.
Et que trancher l’artère de l’agneau si confiant Qui suivait la parole à l’oreille murmurée, N’est pas belle mission pour nous, certifiant Les voies, les espérances, les rêves démesurés.
L’éternelle recherche du plus profond soumise A ces mêmes regards, Devenus, en ce temps, deux sphères qui se brisent, Ne sachant s’émouvoir.
Je reconnais que l’être est souvent malaisé, Et que de voir charmant tout ce qui peut partir Est une vision là, qu’il nous faudrait briser, Pour accepter ceci et non point le subir.
Nos destins ténébreux vont sous des lois immenses Que rien ne déconcerte, Que tu ne peux hélas y trouver de clémence Que les pensées désertent.
Puisque tu es la Vie, utile à nos desseins, Et que nous t’implorons chaque soir en secret, Ecoute nos prières, appelle tous les saints A réécrire les lois en de tendres décrets.
Nous ne voyons jamais qu’un seul côté des choses, L’autre devient la Nuit. Le mystère s’épaissit, amenant la nécrose, Niant la Lumière qui luit.
Le mystère effrayant que l’homme doit subir, Sans connaître les causes, devient un joug trop lourd. Tout ce qu’il voit est court, inutile à mourir, Et le fardeau s’ajoute aux recherches d’amour . Ce long chemin sublime, ô combien difficile ! Ne te fais rien à toi ! Tu es la création, la roue indéfectible Qui nous offre le toit,
Mais ne peut se mouvoir sans écraser quelqu’un; Du fruit tombant de l’arbre, à l’oiseau de son nid, De la fleur éphémère, dont s’enfuit le parfum, A l’aurore éclatante qu’aux vesprées tu renies.
Les herbes et les fleurs, je sais bien, je sais bien, Doivent, sous le Ciel bleu, Passer d’un jour à l’autre, et reprendre les biens Et pousser quand il pleut.
Il m’a fallut du temps, et de pauvres souffrances, Pour comprendre le fait que tout change et s’efface, Mais aujourd’hui, j’avoue que dans la rayonnance, Je me sens éclairée et devine les traces.
Maintenant que je vois, de quoi le monde est fait, Et que le beau existe, Je me courbe à tes pieds, devant tes cieux parfaits, Que la douleur assiste.
Je cesse d’accuser, je cesse de maudire, Je regarde toujours ce moment de ma vie, Où il m’est apparut aux portes du gésir, Et je m’en nourrirais jusqu’au bout de l’obvie.
Laisse-moi me pencher sur la glaciale toile Où pleurait cette enfant, Laisse-moi la regarder, et rechercher l’étoile Qui brille au firmament.
Et si mes larmes coulent, tu nous as faits pour ça ! Je laisserais les pleurs se répandrent et faiblirent Sur mes joues insensibles à ce qui ne sera, Mais ne sentirais point la colère revenir.
Et ne t’irrites pas que je sois de la sorte Ô ma Vie ! Cette plaie A trop longtemps saigné, portée par la cohorte Des frayeurs qui brûlaient
L’étoffe de mon enfance meurtrie et bafouée, Par l’inconscience d’un père, aujourd’hui disparu, Qui n’a pas su donner autre chose que le fouet, Car sa terreur du monde lui était apparue.
Vois-tu, je reconnais quel magnifique cadeau Tu m’as offert un jour, Un beau jour de septembre, dans mon cœur en radeau ; Le visage de l’Amour.
Que c’est la seule joie ici-bas qui persiste De tout ce qu’on rêva, Et que c’est accepter que c’est chose bien triste Le jour où il s’en va.
Alors je marcherais, si cela devait être, Aveugle sans Lumière, mais confiante en ton pas. Toutes ces traces-là, disséminées peut-être, Mais sûrement lisibles, car toilées de trépas.
Et chaque jour nouveau sera un autre monde, Dans l’absolu débat Des discussions stériles, du fond d’un gouffre immonde Où jamais tu n’seras.
Et dans tes tendres bras emprunts de rayonnance, Je veux, à tout jamais, me perdre sans attendre, Recherchant l’illusion dans sa belle abondance, Et trouver de l’enfant, et le beau, et le tendre.
Celui qui ne fut pas, et que je mandais tant, L’unique inconsolable ; La main qui se dérobe au pauvre cœur battant Dans le noir immuable.
Toi ! La Lumière Céleste ! Toi, l’absolu chemin ! Reviens et réponds-moi ! Je saurai t’écouter, Car tu es faite d’heures et de songes divins, De douleurs et d’espoirs, de rien d’éternité !
De force et de faiblesse, comme le clair-obscur, Cet impossible fait, Car il ne peut s’agir que de demi-mesure Dans son plus bel effet.
Tu te plais à plonger au sein de ton image ; Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur Se distrait quelquefois de sa propre rumeur, Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Nous sommes tous les deux ténébreux et discrets, Homme né de ton double que tous les jours abîment, Que, tellement avide de garder ses secrets, Tu ne nourris jamais de tes richesses intimes.
Tu es belle pourtant ! comme un rêve de pierre, Vie rêvée, Vie aimée ! Eternelle et muette ainsi que la matière Dont tu nous animais.
Et sombres mendiants tu fais de nous parfois, Frissonnants, misérables, magnifiques et glacés, Tous droits dans nos armures, surveillant nos beffrois Ignorant que le temps ne fera que passer.
Mais ces calmes héros, pareils à ces peintures Qui ne vivent jamais, Courbés sur leur destin de souffrances qui durent, Attendent désormais.
Regardent le sillage et ne daignent rien voir, Lors qu’ils percent le vrai et terrifiant secret, Se tiennent à la barre et veillent le flot noir Des sèves d’énergie, tel un fleuve sacré.
Désespérés, réels, et toujours si confiants Malgré leurs cris aphones, Persuadés en fait que d’être méfiants Ne change pas la donne.
Tu ne fais que passer dans ta fausse chaleur, Nous offrant en secret l’inaccessible vrai. Il nous est nécessaire de l’admettre désormais Car le temps est ami quand il n’est plus de peur. ©Nelly 01/10/2009 Sans Soleil, ni levant...Sans Soleil, ni le Vent…
Epiant le bon moment, je capture le Vent Dans l’espace interdit de mon esprit brumeux Au hasard des chemins devenus oublieux De toutes mes souffrances, depuis que tu es là, Remerciant encore notre Soleil Levant
J’implore ta pitié, toi l’unique que j’aime, Pour faire que plus jamais le soleil ne se couvre D’un suaire de gris quand la Nuit se découvre Vocation d’amoureuse des confins, au-delà, Des amours composés d’un lien d’anathème
Un Soleil sans chaleur à traversé ma Vie, Et mes yeux de brouillards ne voyaient plus le vrai. Dans ce pays plus nu que la glace recouvrait. Ni animaux, ni fleurs n’ont aimé celui-là, Cette froide cruauté où la noirceur survit
J’ai bu bien des poisons pour endormir mon cœur Jalousant, oui, le sort des plus vils animaux Qui peuvent se plonger dans un sommeil d’émaux Alors que je souffrais de devoir vivre là Dévidant l’écheveau du temps au fil des heures
Si, quelquefois, d’un pleur obtenu sans effort, Tu pouvais seulement me noyer ma cruelle Vie, fais-le et n’attends pas, icelui ou icelle Qui viendraient, nobles cœurs, d’un plus bel au-delà, Secourir ma pauvre âme frémissante d’encor
Tu n’as pas écouté, et m’a offert ce glaive Afin de conquérir ma douce liberté, Non pas celle de l’âme, mais celle de l’aimer Au-delà des questions et tristes pugilats. Son regard fut vigueur, et la douleur fut brève
Et là, au bon moment, je capture le Vent, A la triste beauté dont la douleur se prive Et dont le souvenir pour l’amour me ravive, Si profonde douleur ; tu ne seras pas là Au moment de mourir sous mon Soleil Levant. ©Nelly 23/04/2009 Ce que les yeux racontent...Ce que les yeux racontent…
Je vois comme un impair la douleur dans tes yeux Qui se nourrit de « non » protégeant son envol Rassurée un instant par le désir frivole De ne pas perdre autant que l’autre vie de Dieu
Allume ta prunelle à la flamme des lustres ! Regarde le dessein de la vie qui se perd Et cherche le moyen de commettre l’impair Pour que Demain ne soit plus la proie de ses rustres !
Sois ce que tu voudras, mais SOIS, je t’en conjure Pour que naisse en ton cœur bien plus que l’indulgence Ou la ferme intention de repousser l’engeance, L’envie ne suffit plus, il faut trouver le pur !
Je t’aime ainsi ! Pourtant il te faut aujourd’hui Comme un astre éclipsé, sortir de la pénombre, Cheminer un instant, réapprendre le nombre, Dans sa rare beauté suivre la lame qui luit
Et trancher dans le vif d’un coup sec et vengeur Sans ressentir en toi la haine du trépas Car le mal est conquis quand la colère n’est pas, Et jalouse le sort de ceux qui ont du cœur
Si, quelque soir, d’un pleur obtenu sans effort, Pouvait fleurir enfin le végétal emblème Je me prends à songer que les larmes sont blêmes, Mais que le cœur n’est pas victime de son sort.
Je préfère, un instant, voir plus que l’horizon Dans cette plaine hideuse ou les esprits sont morts De n’être pas compris, et perdent la raison Qui fait leur existence dans cet humble décor
Regarde ! Je ne suis rien, qu’un être sans visage, Un marin sans bateau, un soldat sans armée, Je nage, ou je survis en demandant rivage, Regardant l’autre rive comme un antre sacré
Je voudrais aujourd’hui poser enfin mes armes Et regarder l’enfant avec que compassion Lui murmurer des mots, et récolter ses larmes Pour l’offrir en bassin pour pieuses ablutions
Il suffit pour cela ne plus voir dans tes yeux La douleur qui nourrit protégeant son envol Par ces « non » que le cœur protège, capricieux Que la raison surprend mais que le temps affole. ©Nelly Renaissance...Renaissance…
J’ai besoin quelquefois de marcher au Soleil Si les chemins sans terres Dans des brumes si pures, entourée de merveilles Où l’âme s’enterre
Je regarde l’instant où le bleu se mélange A la grise chimère Et redessine encore l’esquisse si étrange De notre terre-mère
Avancée si fragile désirée, redoutée, Annonciatrice d’hivers De printemps, de bonheur et de sensuels étés, Dans leurs teintes de vert
J’en redemande encore, et je cherche et je trouve Ces moments sans impairs Suspendus dans l’espace et le temps qui approuvent Quand le bonheur opère
- tu peux venir te poser sur moi Soleil si doux ! Te tatouer sur ma peau T’accrocher à mon ancre, te lover dans mon cou J’ai trouvé le repos !
J’ai besoin quelquefois de marcher au Soleil Si les chemins sans terres Dans des brumes si pures, entourée de merveilles Car parfois je m’y perds. ©Nelly 24/10/2008 Dans l’Aube d’un poète…Dans l’Aube d’un poète…
La transparence est là, hurlant sa Vérité
Tapie sous un sonnet dans sa pâle beauté,
Douce comme satin d’une aube sans son voile,
Parure si fragile qui parfois se dévoile.
Tant de larmes ont coulé, et couleront encore
Et l'âme du poète ; sa sensibilité,
Continue son ouvrage avec humilité
Faisant naître en ce Monde un fabuleux décor,
Erigé comme un fort où ne viennent jamais
Se battre les remords, pas plus que les regrets,
Ni les sempiternelles questions de l’autre rive ;
Il maintient le navire, évite la dérive.
Poète de toujours, ou même d’un instant,
A chacun de tes mots posons encore un pas,
Sur ce si long chemin qui chasse le trépas
Et sur lequel, mA foi, sommes bien hésitants.
Sur le terrain boueux que nous foulons parfois,
Oublieux de l’Amour et sa force de loi,
Nous, devenus forçats résignés et funèbres,
Découvrons lourdement de trop longues ténèbres,
Et enfin nous voyons ce qui rend plus complètes,
Les mystérieuses lois de nos vies si parfaites ;
Sortir de notre fosse née d’un parcours « injuste »,
Pour accéder enfin à la Lumière des Justes !
Et c’est à sa Lumière, sa chandelle d’écrits,
-Quoique le sujet soit bien triste en vérité-
Qu’enfin nous moissonnons, nourrissant la Beauté
De ce monde si beau que l’imparfait décrit.
©Nelly 19/06/2008 l'onde sèche...L’onde sèche…
Le Soleil s’est couvert d’un crêpe de couleur Pour accueillir, heureux, la beauté des saisons J’aime à le contempler Il ne brûlera pas le regard des enfants Mais cuivrera leurs corps, Comme on pose de l’Or pour finir un chef-d’œuvre. Comme un astre éclipsé qui sort de la pénombre Il devient la Lumière
Sur les caveaux d’airain, où songe la tristesse, Il voudrait bien entrer d’un rayon rose et gai Comme un beau visiteur Puis par instant briller, s’allonger dans sa pause Pour mieux en profiter Charme profond, magique, dont parfois il nous grise Pour, d’un doux souvenir, cueillir la fleur exquise Au musc invétéré
Et des ombres d’oiseaux, en faire une rivière, Qui coulerait toujours, en rebond délicieux, Qui parfois nous appellent Dans la fraîcheur des prés où l’eau vive délasse, Ses invités ravis Ils entrouvrent leurs mains (au fait ont-ils des mains ?) Nous en voyons errer aux faîtes de nos arbres Je crois qu’ils ont des mains
Comme on cherche le rêve, le Soleil pèlerin Parcoure sans fatigue la plaine de nos songes Avant la nuit. Ô terre ! Sans alourdir la Lune et la Voûte d’encor Mais claire cette nuit Même au-delà du temps, à l’Aube qui se lève, Il murmure l’écume et le feuillage d’Or Comme ce Ciel, d’encore. ©Nelly 26/05/2008 Po(au)se...Po (au) se…
La beauté d’un regard où se fige le Temps* Ne peut savoir demain, mais peut nous le décrire. Dans le glacis gracieux des visions de la Nuit. Allongées sur le lit des Anges du désir Captivants et curieux ; force qui nous apprend.
Musique différente qui capture le rêve Et réécrit le Vent dans la force du croire, A jamais disparu au Temple des délires. Trace du fond des âges, issue du désespoir Qu’il nous faut embaumer d’une substance brève.
La fin de l’espérance n’est pas un désespoir Dans l’écrit achevé des textes de la Vie, Mais un simple passage au chapitre suivant. Se fondre dans les airs est un jeu qui ravit L’apparence trompeuse, à la source du Noir.
Rechercher dans l’opaque la blondeur de la grève, Sans chercher à comprendre l’infini si tranquille, Est un parcours étrange, initiatique leurre, Sans hommage réel d’osmose d’elles et d’ils, Pèlerins du St Graal aux recherches sans trêve.
La beauté d’un regard où se fige le Temps* Ne peut savoir demain, mais peut tout nous apprendre, Dans le glacis curieux des visions de la Nuit. Allongée sur le lit des Anges, peut surprendre, Capturant le curieux dans l’antre, et nous attend. ©Nelly
*L’instant 21/04/2008 Légèreté...Légèreté…
Transparence du vert, Miroir de jade où se baigne l’avenir, Que j’aime à loisir Partager en mots bleus sur la toile de l’envers
Là, se reflète bien La somptuosité des formes d’un décor, En délicats accords ; Flexibles et mouvants roseaux libres de liens,
Semblables aux pensées Electrons libres, forts, sous la caresse d’Or D’un Soleil, sans efforts, Ils se balancent, et d’effluves, encensés.
Le calme plat ; la main Qui guide les yeux fermés, et les voies ravies Qui se prennent ainsi Au rien l’une de l’autre, tentent le chemin
De l’écriture qui, D’une croisade sans douleur et sans amer, En offre l’éphémère, Partage, entre tout, d’être sans son acquis.
©Nelly 24/03/2008 Altitude
Altitude…
La Nature est un temple où j'aime aller cueillir
Les fruits de la sagesse sans m’en enorgueillir Laissant au temps qui passe le droit d’initier Quand ma raison s’envole avec agilité
Fredonnent les transports de l’esprit et des sens Qui se parent d’Autan, de chaleur, et d’encens En forêts de symboles, sans délit d’initié Quand ma raison s’envole avec agilité
Les parfums, les couleurs, et les sons se répondent Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une magnifique et profonde unité Quand ma raison s’envole avec agilité
Celui dont les pensées, comme des alouettes Vers les cieux, le matin, prennent un libre essor Plane enfin sur la Vie et comprend sans effort Où ma raison s’envole avec agilité
Ce voyageur ailé est semblable au Poète Qui veut se purifier dans l’air anachorète Vaste comme la nuit et comme la clarté Où ma raison s’envole avec agilité. ©Nelly 08/02/2008 Mais oui...(Et Si...suite)
Mais oui…
Je pousse très souvent la porte des jardins Faisant voler dans l’air une pluie de blondins Rayons qui se reflètent dans les doux lavandins Réveillant, dans leurs arbres, les joyeux muscardins
Je m’introduis ainsi au cœur de tes secrets Pailletant chaque instant d’un regard indiscret Qu’éclaire doucement une pâleur de craie Sous le manteau lascifs des nuanciers concrets
J’éclaire doucement d’un Soleil matinal L’aube des souvenirs qui s’endorment si mal Et aiment à souffrir sous les dais échevins
Ah ! Les premières lueurs, qu’elles sont parfumées ! Et sensuel et sucré, comme un bon verre de vin Le tout premier « je t’aime » de nos heures charmées ! ©Nelly 31/01/2008 Peut-être que...(Et si suite)Peut-être que…
Et si le temps figé dans le Ciel incertain Etait en fait ami de tous nos doux matins Pourrais-je ainsi comprendre l’essence de tes mots ? Et la douceur des Nuits, leur aubade d’émaux ? Magique résurgence d’un océan sans tain Qui aime à s’engouffrer dans les fonts baptismaux
Je n’aimerai sans doute que le Soleil d’été Icelui qui réchauffe les routes désertées Après un bel orage, ruisselant de promesses. Les gerbes épanouies en kyrielles progressent Tombant comme une pluie de cœurs déshérités Qui sanglotent au bassin des muses prophétesses
Et si je méprisais le profond de leurs yeux Les charmantes ténèbres aimeraient-elles par jeu Encenser l’immortelle d’ambre gris invisible -Exprimant vérités et Amours impossibles- A l’ange sans étoiles sur son socle soyeux Retiré dans l’alcôve des sens incorruptibles ?
Je ne serais sans doute qu’une tendre cloison Où tes mains se promènent balayant les toisons De mes nuits sans étoiles et tes soirées obscures Mêlant avec sagesse les boucles et les ramures Egales en épaisseur retenant le poison Qui coule dans les failles de mon étrange armure. ©Nelly 21/01/2008 Et si...Et si…
Quand on se dit que peut-être… Juste là, au-dessus de nous Au bord du vide et sans le voir Justice sans palais, espoir Déçu mais clair, si clair, renoue Avec les âmes qui s’empêtrent
Arbre sans feuilles, ses racines Si fortes cherchent à s’abreuver Malgré l’aride qui ulcère Et l’enlisé qui s’exaspère Assèche l’eau sans dériver Dans l’éminence si divine
Grise oui certes, mais bien là, A observer l’étrange son Qui virevolte, liant le temps, Si profitable dans l’instant, Pourvu qu’on garde la leçon, Et un regard sur l’au-delà
Peut-être pas peut être union Dans l’illusion d’un jour sans vie Où la douleur presse le pas Sans recouvrer dans le trépas Son espérance inassouvie Ensevelie d’imprécations
Quand on se dit que peut-être… Le Ciel se couvre de nuages Si beaux, si purs, étranges voiles Celant l’inaccessible étoile Celle qu’on atteint dans ses voyages Quand on se dit que peut-être… ©Nelly 03/12/2007 Hommage à un Artiste...(Lavis suite et fin)Hommage à un Artiste…
Hommage singulier d’un Ami égoïste Qui bien qu’irrégulier fait connaître l’artiste Icelui qui s’ignore dans la peine à trouver La folie d’un décor que lui-même à créer Redessinant le Temps boudé par l’égotiste
Un moment renaissance au décor recréé Le temps peint son essence sans la folie dorée Et l’Ami dédaigneux au regard réaliste Redevient un moment singulier égotiste Mais connaît le talent dans la peine trouvé
Dans la reconnaissance si le talent persiste On reconnaît l’Ami singulier égoïste Qui signe dans la peine un décor à trouver Que le courroux du Vent a lui-même créé Ignorant ses talents de fabuleux artiste
Et si le Temps s’essaie dans sa folie dorée A repeindre l’instant sans la peine de trouver Le pourquoi de l’hommage d’un Ami à l’artiste Alors bien singulier il devient égoïste Et détruit le chef-d’œuvre qu’un Artiste a créé
Au nom de l’Amitié pour le cœur de l’Artiste L’Ami bien singulier dans le sien à trouver Un décor merveilleux sans doré égoïste. ©Nelly 29/11/2007 Reconnaissance...(Lavis suite)Reconnaissance…
Ami ne sois pas triste Je ne rayonne point Mais ton âme d’artiste J’achète sans appoint !
Le tableau est superbe Je ne reconnais plus L’Hiver aux tons acerbes Ni le gris le la rue !
Quand la ville s’éveille A tes cuivrés matins La nature appareille Pour un îlot lointain
Ni le doux, ni l’amer, Par toi ne se révèlent Car le cuivre et le fer Dans le froid s’entremêlent
Chrysocalque parfait D’une étoile vacillante Dont le noir imparfait Rend la Nuit insolente
Le sable n’est plus morne Ni l’azuré désert Quand les pourpres qui l’ornent Dans le décor l’insèrent
Ami ne sois pas triste Je suis reconnaissant A ton âme d’artiste D'enluminer le Temps ! ©Nelly 23/11/2007 Incendie...(Lavis suite)
Incendie…
Regarde le Soleil ; à quoi peut-il rêver ? Se souvient-il encor de cette sensation folle Alors que ses rayons se traînaient au lever ? Une illumination d’âmes qui caracolent !
C’était un bien inouï que tous ces flots magiques Qui emplissaient son astre d’un fluide cristal ! Irisait ses faisceaux d’un bleuté onirique A l’instant où sa pointe plongeait dans le métal
D’un glacial océan dompté par tant de grâce. Et sur ces merveilles baroques se griffait L’auréole d’un ange dans un linceul de glace Que réchauffait un Or au tracé imparfait.
Quand l’aspect permanent des plus pâles ténèbres Enveloppa l’azur, il ne désira pas Revenir près du Vent dont la chanson funèbre N’avait plus rien de doux à l’approche du froid.
Laissant là ses étés, ses printemps dans l’hiver Et regardant tomber des pleurs de sa paupière, Il dédaigna l’Ami - sentiment délétère- Retirant à jamais son doré de la Terre.
Artiste malgré lui, le Vent désabusé, Macula l’horizon d’un embryon carmin, Incendiant de courroux leur amitié lésée, En cuivrant la Lumière pour voiler le chemin. ©Nelly 19/11/2007 Sépia...(Lavis suite)
Sépia…
De ce singulier paysage, Que seul l’esprit d’un fou envie, Ce matin encore l’image Pleure ses limbes de « lavis »
Sommeil divin ! Miraculeux ! J’ouvre mes yeux sans volonté Sur l’Univers tuberculeux Et toutes ses jaspées domptées
Volutes d’arbres chocolatées Plagiant un palais infini Dans les brumes cacaotées D’enivrante monotonie
Pas de Soleils, pas d’astres d’Or, Nuls vestiges pour illuminer D’un rayon jaune ce brun décor Aux cuivres rouges disséminés
A peine un souffle « carmin triste » Semble rougir le bas du Ciel Comme pour illuminer l’Artiste Qui brûle d’un feu passionnel
Et tout, même la couleur sombre, Semble havane ou bien tabac, Châtaigne d’ambre quand jouent les ombres Sur les bronzes aux jambes sans bas. ©Nelly 16/11/2007 Lavis...
Lavis…
De l’effigie du Temps je me suis approchée Emmêlant mes cheveux au tourbillon touffu De la rousse ramure à l’ivoire superflu ; Antithèse superbe des verdures asséchées.
Il m’a conté le Vent, son ami irrité, Qui d’un souffle rageur un beau jour balaya L’Or de toutes ses teintes pour le cuivre sépia Depuis que le Soleil, son mentor, l’a quitté
Soufflant sur chaque feuille en rougissant leurs corps, Il va chercher "lavis"le transforme en flambeaux Débarrassant les ombres de leurs gris oripeaux Brunissant leurs estampes de curieux désaccords
Artiste révolté qui ne sait plus croquer Il mélange les couleurs, à l’air de s’en moquer, Pourvu que son effet subjugue la Lumière !
Rompant le nœud gordien de manière brutale En allumant le feu dans les blondes crinières Il raille ainsi le Ciel d’un pinceau infernal ! ©Nelly 24/10/2007 Parcours décrit…
Parcours décrit…
Du cœur, je suis la route de ma mémoire liée, Là, sur le fil du Temps, libre, coiffée de brume, Qui oscille un instant sans jamais oublier De jouer du vague-à-l’âme dans le cœur de l’écume.
Je célèbre les Anges les divins soirs d’été, En négligeant les noirs récits faits d’amertume Qui, d’un rayon de lune, recouvrent leur beauté En phrases sibyllines sous le joug de ma plume
Les mots s’y reconstruisent dans la sérénité Transcendant les adieux que les larmes vernissent, Car la passion ne croît que dans l’immensité De ces bains d’encre bleue où les ondes frémissent.
Sous les corps enfiévrés des heures qui verdissent, Comme les fleurs au jardin quand l’orage s’enrhume Au contact des songes jouent les ombres métisses, Devenant silhouettes dans la nuit qui s’allume ;
Le fil de mes idées se brode à Ciel ouvert Sur champ de Liberté quand ces ombres se tissent, Nimbant la belle étoile d’un fin crêpe d’éther, Qui s’adonne aux plaisirs dans les bras des abysses.
Dans cette obscurité délicieuse j’espère, Surprendre l’essentiel d’une lumière diffuse, En jouant à cache-cache au travers des esters De ce bel entrelacs d’écritures confuses. ©Nelly |
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