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    09/10/2009

    La maison natale...

     

    La maison natale…

     

    Ce lieu m’a adoptée aux brisées des vivants

    Je mets parfois un temps à me défaire d’avant

    Rentre dans mon costume pour aimer le présent

    Et dois recommencer un futur dans ce temps.

     

    Le vent me dit pourquoi et la marée m’écoute

    Ils sont si personnels, si loin de mes déroutes

    Et, quand dans les pinèdes, je vois l’aube et sa route,

    Je ressens les chemins qu’il faut aimer sans doute.

     

    Les lames d’horizon s’aiguisent tout doucement

    Tranchant dans mes paroles mes souffrances d’enfant

    J’aime si bien les dire, si bien me promenant,

    Parler de mes délires sans les nommer vraiment.

     

    Oui, je sais qu’il faut être, et admettre les tords,

    Regarder dans les cœurs des années du dehors

    Pour mieux se reconstruire et aimer les trésors

    Quand l’amour nous recouvre d’un fabuleux décor.

     

    Je reviendrai sans doute, me suis-je dit un jour,

    Il y a si longtemps ! Je ne suis plus toujours !

    Je sais, et c’est si simple, sans sertis, sans contours,

    Je reviendrai un jour reconstruire ma tour.

     

    Ce lieu m’a adoptée aux orées des brisants

    Noyant dans mes chagrins les douleurs de mes ans

    Me parlant de ces cours, aux horloges, gisants,

    Dans cet entre-deux terres au calme suffisant.

    ©Nelly

    06/10/2009

    Epître à l'aimer...

     

    Epître à l’Aimé…

     

    Maintenant que d’enfance qui me fit l’âme obscure

    Je sors, pâle et vainqueur

    Et que je sens la paix par cet amour si pur

    Qui reste dans mon cœur

     

    Maintenant que je puis, assise au bord des ondes,

    Emue par ce superbe et tranquille horizon,

    Examiner en moi les vérités profondes

    Et admirer les fleurs qui sont dans le gazon

     

    Maintenant que les mots ont trouvé le chemin

    De cette vérité

    Et que je trouve enfin du dessein d’un demain

    La réelle beauté

     

    Maintenant que l’esprit dans la Lumière se meut

    Franchissant les barrières sans se heurter le front

    Dans toutes les afflictions des autres, et s’émeut

    De ressentir enfin ! La peine sans l’affront

     

    Maintenant que sa main, qui rajeunit mon monde

    Et trie mes souvenirs

    Pour en recoudre presque les blessures immondes

    Panse mon avenir

     

    Je viens à toi ma Vie qui me fit tant souffrir

    Et porter, apaisée,

    Les lambeaux de mon cœur pour étoffe, et l’offrir

    Aux heures mal aisées

     

    Je dis que le tombeau où je m’étais glissée,

    Qui me semblait si doux au regard des moments

    Difficiles et cruels que tu m’as imposés,

    Malgré le froid cruel, ouvre le firmament

     .

    Je conviens humblement que rêver la beauté

    N’est pas la reconnaître,

    Que le reflet n’est rien, dans cette immensité

    Sans le Soleil terrestre.

     

    Je ressens désormais, comme une certitude,

    Que la colère n’est pas le plus joli combat,

    Mais l’expression secrète des tristes servitudes

    Qui nous lient en-dedans, et nous gâchent ici-bas.

     

    Si je tombe à genoux dans ce fleuve de paix ,

    Où les mots ne sont pas

    Absous de compassion et si loin de l’épée,

    C’est que je sais cela.

     

    Et que trancher l’artère de l’agneau si confiant

    Qui suivait la parole à l’oreille murmurée,

    N’est pas belle mission pour nous, certifiant

    Les voies, les espérances, les rêves démesurés.

     

    L’éternelle recherche du plus profond soumise

    A ces mêmes regards,

    Devenus, en ce temps, deux sphères qui se brisent,

    Ne sachant s’émouvoir.

     

    Je reconnais que l’être est souvent malaisé,

    Et que de voir charmant tout ce qui peut partir

    Est une vision là, qu’il nous faudrait briser,

    Pour accepter ceci et non point le subir.

     

    Nos destins ténébreux vont sous des lois immenses

    Que rien ne déconcerte,

    Que tu ne peux hélas y trouver de clémence

    Que les pensées désertent.

     

    Puisque tu es la Vie, utile à nos desseins,

    Et que nous t’implorons chaque soir en secret,

    Ecoute nos prières, appelle tous les saints

    A réécrire les lois en de tendres décrets.

     

    Nous ne voyons jamais qu’un seul côté des choses,

    L’autre devient la Nuit.

    Le mystère s’épaissit, amenant la nécrose,

    Niant la Lumière qui luit.

     

    Le mystère effrayant que l’homme doit subir,

    Sans connaître les causes, devient un joug trop lourd.

    Tout ce qu’il voit est court, inutile à mourir,

    Et le fardeau s’ajoute aux recherches d’amour

     .

    Ce long chemin sublime, ô combien difficile !

    Ne te fais rien à toi !

    Tu es la création, la roue indéfectible

    Qui nous offre le toit,

     

    Mais ne peut se mouvoir sans écraser quelqu’un;

    Du fruit tombant de l’arbre, à l’oiseau de son nid,

    De la fleur éphémère, dont s’enfuit le parfum,

    A l’aurore éclatante qu’aux vesprées tu renies.

     

    Les herbes et les fleurs,  je sais bien, je sais bien,

    Doivent, sous le Ciel bleu,

    Passer d’un jour à l’autre, et reprendre les biens

    Et pousser quand il pleut.

     

    Il m’a fallut du temps, et de pauvres souffrances,

    Pour comprendre le fait que tout change et s’efface,

    Mais aujourd’hui, j’avoue que dans la rayonnance,

    Je me sens éclairée et devine les traces.

     

    Maintenant que je vois, de quoi le monde est fait,

    Et que le beau existe,

    Je me courbe à tes pieds, devant tes cieux parfaits,

    Que la douleur assiste.

     

    Je cesse d’accuser, je cesse de maudire,

    Je regarde toujours ce moment de ma vie,

    Où il m’est apparut aux portes du gésir,

    Et je m’en nourrirais jusqu’au bout de l’obvie.

     

    Laisse-moi me pencher sur la glaciale toile

    Où pleurait cette enfant,

    Laisse-moi la regarder, et rechercher l’étoile

    Qui brille au firmament.

     

    Et si mes larmes coulent, tu nous as faits pour ça !

    Je laisserais les pleurs se répandrent et faiblirent

    Sur mes joues insensibles à ce qui ne sera,

    Mais ne sentirais point la colère revenir.

     

    Et ne t’irrites pas que je sois de la sorte

    Ô ma Vie ! Cette plaie

    A trop longtemps saigné, portée par la cohorte

    Des frayeurs qui brûlaient

     

    L’étoffe de mon enfance meurtrie et bafouée,

    Par l’inconscience d’un père, aujourd’hui disparu,

    Qui n’a pas su donner autre chose que le fouet,

    Car sa terreur du monde lui était apparue.

     

    Vois-tu, je reconnais quel magnifique cadeau

    Tu m’as offert un jour,

    Un beau jour de septembre, dans mon cœur en radeau ;

    Le visage de l’Amour.

     

    Que c’est la seule joie ici-bas qui persiste

    De tout ce qu’on rêva,

    Et que c’est accepter que c’est chose bien triste

    Le jour où il s’en va.

     

    Alors je marcherais, si cela devait être,

    Aveugle sans Lumière, mais confiante en ton pas.

    Toutes ces traces-là, disséminées peut-être,

    Mais sûrement lisibles, car toilées de trépas.

     

    Et chaque jour nouveau sera un autre monde,

    Dans l’absolu débat

    Des discussions stériles, du fond d’un gouffre immonde

    Où jamais tu n’seras.

     

    Et dans tes tendres bras emprunts de rayonnance,

    Je veux, à tout jamais, me perdre sans attendre,

    Recherchant l’illusion dans sa belle abondance,

    Et trouver de l’enfant, et le beau, et le tendre.

     

    Celui qui ne fut pas, et que je mandais tant,

    L’unique inconsolable ;

    La main qui se dérobe au pauvre cœur battant

    Dans le noir immuable.

     

    Toi ! La Lumière Céleste ! Toi, l’absolu chemin !

    Reviens et réponds-moi ! Je saurai t’écouter,

    Car tu es faite d’heures et de songes divins,

    De douleurs et d’espoirs, de rien d’éternité !

     

    De force et de faiblesse, comme le clair-obscur,

    Cet impossible fait,

    Car il ne peut s’agir que de demi-mesure

    Dans son plus bel effet.

     

    Tu te plais à plonger au sein de ton image ;

    Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur

    Se distrait quelquefois de sa propre rumeur,

    Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

     

    Nous sommes tous les deux ténébreux et discrets,

    Homme né de ton double que tous les jours abîment,

    Que, tellement avide de garder ses secrets,

    Tu ne nourris jamais de tes richesses intimes.

     

    Tu es belle pourtant ! comme un rêve de pierre,

    Vie rêvée, Vie aimée !

    Eternelle et muette ainsi que la matière

    Dont tu nous animais.

     

    Et sombres mendiants tu fais de nous parfois,

    Frissonnants, misérables, magnifiques et glacés,

    Tous droits dans nos armures, surveillant nos beffrois

    Ignorant que le temps ne fera que passer.

     

    Mais ces calmes héros, pareils à ces peintures

    Qui ne vivent jamais,

    Courbés sur leur destin de souffrances qui durent,

    Attendent désormais.

     

    Regardent le sillage et ne daignent rien voir,

    Lors qu’ils percent le vrai et terrifiant secret,

    Se tiennent à la barre et veillent le flot noir

    Des sèves d’énergie, tel un fleuve sacré.

     

    Désespérés, réels, et toujours si confiants

    Malgré leurs cris aphones,

    Persuadés en fait que d’être méfiants

    Ne change pas la donne.

     

    Tu ne fais que passer dans ta fausse chaleur,

    Nous offrant en secret l’inaccessible vrai.

    Il nous est nécessaire de l’admettre désormais

    Car le temps est ami quand il n’est plus de peur.

    ©Nelly

    01/10/2009

    Sans Soleil, ni levant...

     

    Sans Soleil, ni le Vent…

     

    Epiant le bon moment, je capture le Vent

    Dans l’espace interdit de mon esprit brumeux

    Au hasard des chemins devenus oublieux

    De toutes mes souffrances, depuis que tu es là,

    Remerciant encore notre Soleil Levant

     

    J’implore ta pitié, toi l’unique que j’aime,

    Pour faire que plus jamais le soleil ne se couvre

    D’un suaire de gris quand la Nuit se découvre

    Vocation d’amoureuse des confins, au-delà,

    Des amours composés d’un lien d’anathème

     

    Un Soleil sans chaleur à traversé ma Vie,

    Et mes yeux de brouillards ne voyaient plus le vrai.

    Dans ce pays plus nu que la glace recouvrait.

    Ni animaux, ni fleurs n’ont aimé celui-là,

    Cette froide cruauté où la noirceur survit

     

    J’ai bu bien des poisons pour endormir mon cœur

    Jalousant, oui, le sort des plus vils animaux

    Qui peuvent se plonger dans un sommeil d’émaux

    Alors que je souffrais de devoir vivre là

    Dévidant l’écheveau du temps au fil des heures

     

    Si, quelquefois, d’un pleur obtenu sans effort,

    Tu pouvais seulement me noyer ma cruelle

    Vie, fais-le et n’attends pas, icelui ou icelle

    Qui viendraient, nobles cœurs, d’un plus bel au-delà,

    Secourir ma pauvre âme frémissante d’encor

     

    Tu n’as pas écouté, et m’a offert ce glaive

    Afin de conquérir ma douce liberté,

    Non pas celle de l’âme, mais celle de l’aimer

    Au-delà des questions et tristes pugilats.

    Son regard fut vigueur, et la douleur fut brève

     

    Et là, au bon moment, je capture le Vent,

    A la triste beauté dont la douleur se prive

    Et dont le souvenir pour l’amour me ravive,

    Si profonde douleur ; tu ne seras pas là

    Au moment de mourir sous mon Soleil Levant.

    ©Nelly

    23/04/2009

    Ce que les yeux racontent...

     

    Ce que les yeux racontent…

     

    Je vois comme un impair la douleur dans tes yeux

    Qui se nourrit de « non » protégeant son envol

    Rassurée un instant par le désir frivole

    De ne pas perdre autant que l’autre vie de Dieu

     

    Allume ta prunelle à la flamme des lustres !

    Regarde le dessein de la vie qui se perd

    Et cherche le moyen de commettre l’impair

    Pour que Demain ne soit plus la proie de ses rustres !

     

    Sois ce que tu voudras, mais SOIS, je t’en conjure

    Pour que naisse en ton cœur bien plus que l’indulgence

    Ou la ferme intention de repousser l’engeance,

    L’envie ne suffit plus, il faut trouver le pur !

     

    Je t’aime ainsi ! Pourtant il te faut aujourd’hui

    Comme un astre éclipsé, sortir de la pénombre,

    Cheminer un instant, réapprendre le nombre,

    Dans sa rare beauté  suivre la lame qui luit

     

    Et trancher dans le vif d’un coup sec et vengeur

    Sans ressentir en toi la haine du trépas

    Car le mal est conquis quand la colère n’est pas,

    Et jalouse le sort de ceux qui ont du cœur

     

    Si, quelque soir, d’un pleur obtenu sans effort,

    Pouvait fleurir enfin le végétal emblème

    Je me prends à songer que les larmes sont blêmes,

    Mais que le cœur n’est pas victime de son sort.

     

    Je préfère, un instant, voir plus que l’horizon

    Dans cette plaine hideuse ou les esprits sont morts

    De n’être pas compris, et perdent la raison

    Qui fait leur existence dans cet humble décor

     

    Regarde ! Je ne suis rien, qu’un être sans visage,

    Un marin sans bateau, un soldat sans armée,

    Je nage, ou je survis en demandant rivage,

    Regardant l’autre rive comme un antre sacré

     

    Je voudrais aujourd’hui poser enfin mes armes

    Et regarder l’enfant avec que compassion

    Lui murmurer des mots, et récolter ses larmes

    Pour l’offrir en  bassin pour pieuses ablutions

     

    Il suffit pour cela ne plus voir dans tes yeux

    La douleur qui nourrit protégeant son envol

    Par ces « non » que le cœur protège, capricieux

    Que la raison surprend mais que le temps affole.

    ©Nelly

    Renaissance...

     

    Renaissance…

     

    J’ai besoin quelquefois de marcher au Soleil

    Si les chemins sans terres

    Dans des brumes si pures, entourée de merveilles

    Où l’âme s’enterre

     

    Je regarde l’instant où le bleu se mélange

    A la grise chimère

    Et redessine encore l’esquisse si étrange

    De notre terre-mère

     

    Avancée si fragile désirée, redoutée,

    Annonciatrice d’hivers

    De printemps, de bonheur et de sensuels étés,

    Dans leurs teintes de vert

     

    J’en redemande encore, et je cherche et je trouve

    Ces moments sans impairs

    Suspendus dans l’espace et le temps qui approuvent

    Quand le bonheur opère

     

    - tu peux venir te poser sur moi Soleil si doux !

    Te tatouer sur ma peau

    T’accrocher à mon ancre, te lover dans mon cou

    J’ai trouvé le repos !

     

    J’ai besoin quelquefois de marcher au Soleil

    Si les chemins sans terres

    Dans des brumes si pures, entourée de merveilles

    Car parfois je m’y perds.

    ©Nelly

    24/10/2008

    Dans l’Aube d’un poète…

     
    Dans l’Aube d’un poète…
     
    La transparence est là, hurlant sa Vérité
    Tapie sous un sonnet dans sa pâle beauté,
    Douce comme satin d’une aube sans son voile,
    Parure si fragile qui parfois se dévoile.
     
    Tant de larmes ont coulé, et couleront encore
    Et l'âme du poète ;  sa sensibilité,
    Continue son ouvrage avec humilité
    Faisant naître en ce Monde un fabuleux décor,
     
    Erigé comme un fort où ne viennent jamais
    Se battre les remords, pas plus que les regrets,
    Ni les sempiternelles questions de l’autre rive ;
    Il maintient le navire, évite la dérive.
     
    Poète de toujours, ou même d’un instant,
    A chacun de tes mots posons encore un pas,
    Sur ce si long chemin qui chasse le trépas
    Et sur lequel, mA foi, sommes bien hésitants.
     
    Sur le terrain boueux que nous foulons parfois,
    Oublieux de l’Amour et sa force de loi,
    Nous, devenus forçats résignés et funèbres,
    Découvrons lourdement de trop longues ténèbres,
     
    Et enfin nous voyons ce qui rend plus complètes,
    Les mystérieuses lois de nos vies si parfaites ;
    Sortir de notre fosse née d’un parcours « injuste »,
    Pour accéder enfin à la Lumière des Justes !
     
    Et c’est à sa Lumière, sa chandelle d’écrits,
    -Quoique le sujet soit bien triste en vérité-
    Qu’enfin nous moissonnons, nourrissant la Beauté
    De ce monde si beau que l’imparfait décrit.
    ©Nelly
    19/06/2008

    l'onde sèche...

     

    L’onde sèche…

     

    Le Soleil s’est couvert d’un crêpe de couleur

    Pour accueillir, heureux, la beauté des saisons

    J’aime à le contempler

    Il ne brûlera pas le regard des enfants

    Mais cuivrera leurs corps,

    Comme on pose de l’Or pour finir un chef-d’œuvre.

    Comme un  astre éclipsé qui sort de la pénombre

    Il devient la Lumière

     

    Sur les caveaux d’airain, où songe la tristesse,

    Il voudrait bien entrer d’un rayon rose et gai

    Comme un beau visiteur

    Puis par instant briller, s’allonger dans sa pause

    Pour mieux en profiter

    Charme profond, magique, dont parfois il nous grise

    Pour, d’un doux souvenir, cueillir la fleur exquise

    Au musc invétéré

     

    Et des ombres d’oiseaux, en faire une rivière,

    Qui coulerait toujours, en rebond délicieux,

    Qui parfois nous appellent

    Dans la fraîcheur des prés où l’eau vive délasse,

    Ses invités ravis

    Ils entrouvrent leurs mains (au fait ont-ils des mains ?)

    Nous en voyons errer aux faîtes de nos arbres

    Je crois qu’ils ont des mains

     

    Comme on cherche le rêve, le Soleil pèlerin

    Parcoure sans fatigue la plaine de nos songes

    Avant la nuit. Ô terre !

    Sans alourdir la Lune et la Voûte d’encor

    Mais claire cette nuit

    Même au-delà du temps, à l’Aube qui se lève,

    Il murmure l’écume et le feuillage d’Or

    Comme ce Ciel, d’encore.

    ©Nelly

    26/05/2008

    Po(au)se...

     

    Po (au) se…

     

    La beauté d’un regard où se fige le Temps*

    Ne peut savoir demain, mais peut nous le décrire.

    Dans le glacis gracieux des visions de la Nuit.

    Allongées sur le lit des Anges du désir

    Captivants et curieux ; force qui nous apprend.

     

    Musique différente qui capture le rêve

    Et réécrit le Vent dans la force du croire,

    A jamais disparu au Temple des délires.

    Trace du fond des âges, issue du désespoir

    Qu’il nous faut embaumer d’une substance brève.

     

    La fin de l’espérance n’est pas un désespoir

    Dans l’écrit achevé des textes de la Vie,

    Mais un simple passage au chapitre suivant.

    Se fondre dans les airs est un jeu qui ravit

    L’apparence trompeuse, à la source du Noir.

     

    Rechercher dans l’opaque la blondeur de la grève,

    Sans chercher à comprendre l’infini si tranquille,

    Est un parcours étrange, initiatique leurre,

    Sans hommage réel d’osmose d’elles et d’ils,

    Pèlerins du St Graal aux recherches sans trêve.

     

    La beauté d’un regard où se fige le Temps*

    Ne peut savoir demain, mais peut tout nous apprendre,

    Dans le glacis curieux des visions de la Nuit.

    Allongée sur le lit des Anges, peut surprendre,

    Capturant le curieux dans l’antre, et nous attend.

    ©Nelly

     

    *L’instant

    21/04/2008

    Légèreté...

     

    Légèreté…

     

    Transparence du vert,

    Miroir de jade où se baigne l’avenir,

    Que j’aime à loisir

    Partager en mots bleus sur la toile de l’envers

     

    Là, se reflète bien

    La somptuosité des formes d’un décor,

    En délicats accords ;

    Flexibles et mouvants roseaux libres de liens,

     

    Semblables aux pensées

    Electrons libres, forts, sous la caresse d’Or

    D’un Soleil, sans efforts,

    Ils se balancent, et d’effluves, encensés.

     

    Le calme plat ; la main

    Qui guide les yeux fermés, et les voies ravies

    Qui se prennent ainsi

    Au rien l’une de l’autre, tentent le chemin

     

    De l’écriture qui,

    D’une croisade sans douleur et sans amer,

    En offre l’éphémère,

    Partage, entre tout, d’être sans son acquis.

    ©Nelly

    24/03/2008

    Altitude

     

     

    Altitude…

     

    La Nature est un temple où j'aime aller cueillir

    Les fruits de la sagesse sans m’en enorgueillir

    Laissant au temps qui passe le droit d’initier

    Quand ma raison s’envole avec agilité

     

    Fredonnent les transports de l’esprit et des sens

    Qui se parent d’Autan, de chaleur, et d’encens

    En forêts de symboles, sans délit d’initié

    Quand ma raison s’envole avec agilité

     

    Les parfums, les couleurs, et les sons se répondent

    Comme de longs échos qui de loin se confondent

    Dans une magnifique et profonde unité

    Quand ma raison s’envole avec agilité

     

    Celui dont les pensées, comme des alouettes

    Vers les cieux, le matin, prennent un libre essor

    Plane enfin sur la Vie et comprend sans effort

    Où ma raison s’envole avec agilité

     

    Ce voyageur ailé est semblable au Poète

    Qui veut se purifier dans l’air anachorète

    Vaste comme la nuit et comme la clarté

    Où ma raison s’envole avec agilité.

    ©Nelly

    08/02/2008

    Mais oui...(Et Si...suite)

     

    Mais oui…

     

    Je pousse très souvent la porte des jardins

    Faisant voler dans l’air une pluie de blondins

    Rayons qui se reflètent dans les doux lavandins

    Réveillant, dans leurs arbres, les joyeux muscardins

     

    Je m’introduis ainsi au cœur de tes secrets

    Pailletant chaque instant d’un regard indiscret

    Qu’éclaire doucement une pâleur de craie

    Sous le manteau lascifs des nuanciers concrets

     

    J’éclaire doucement d’un Soleil matinal

    L’aube des souvenirs qui s’endorment si mal

    Et aiment à souffrir sous les dais échevins

     

    Ah ! Les premières lueurs, qu’elles sont parfumées !

    Et sensuel et sucré, comme un bon verre de vin

    Le tout premier « je t’aime » de nos heures charmées !

    ©Nelly

    31/01/2008

    Peut-être que...(Et si suite)

     

    Peut-être que…

     

    Et si le temps figé dans le Ciel incertain

    Etait en fait ami de tous nos doux matins

    Pourrais-je ainsi comprendre l’essence de tes mots ?

    Et la douceur des Nuits, leur aubade d’émaux ?

    Magique résurgence d’un océan sans tain

    Qui aime à s’engouffrer dans les fonts baptismaux

     

    Je n’aimerai sans doute que le Soleil d’été

    Icelui qui réchauffe les routes désertées

    Après un bel orage, ruisselant de promesses.

    Les gerbes épanouies en kyrielles progressent

    Tombant comme une pluie de cœurs déshérités

    Qui sanglotent au bassin des muses prophétesses

     

    Et si je méprisais le profond de leurs yeux

    Les charmantes ténèbres aimeraient-elles par jeu

    Encenser l’immortelle d’ambre gris invisible 

    -Exprimant vérités et Amours impossibles-

    A l’ange sans étoiles sur son socle soyeux

    Retiré dans l’alcôve des sens incorruptibles ?

     

    Je ne serais sans doute qu’une tendre cloison

    Où tes mains se promènent balayant les toisons

    De mes nuits sans étoiles et tes soirées obscures

    Mêlant avec sagesse les boucles et les ramures

    Egales en épaisseur retenant le poison

    Qui coule dans les failles de mon étrange armure.

    ©Nelly

    21/01/2008

    Et si...

     

    Et si…

     

    Quand on se dit que peut-être…

    Juste là, au-dessus de nous

    Au bord du vide et sans le voir

    Justice sans palais, espoir

    Déçu mais clair, si clair, renoue

    Avec les âmes qui s’empêtrent

     

    Arbre sans feuilles, ses racines

    Si fortes cherchent à s’abreuver

    Malgré l’aride qui ulcère

    Et l’enlisé qui s’exaspère

    Assèche l’eau sans dériver

    Dans l’éminence si divine

     

    Grise oui certes, mais bien là,

    A observer l’étrange son

    Qui virevolte, liant le temps,

    Si profitable dans l’instant,

    Pourvu qu’on garde la leçon,

    Et un regard sur l’au-delà

     

    Peut-être pas peut être union

    Dans l’illusion d’un jour sans vie

    Où la douleur presse le pas

    Sans recouvrer dans le trépas

    Son espérance inassouvie

    Ensevelie d’imprécations

     

    Quand on se dit que peut-être…

    Le Ciel se couvre de nuages

    Si beaux, si purs, étranges voiles

    Celant l’inaccessible étoile

    Celle qu’on atteint dans ses voyages

    Quand on se dit que peut-être…

    ©Nelly

    03/12/2007

    Hommage à un Artiste...(Lavis suite et fin)

     

    Hommage à un Artiste…

     

    Hommage singulier d’un Ami égoïste

    Qui bien qu’irrégulier fait connaître l’artiste

    Icelui qui s’ignore dans la peine à trouver

    La folie d’un décor que lui-même à créer

    Redessinant le Temps boudé par l’égotiste

     

    Un moment renaissance au décor recréé

    Le temps peint son essence sans la folie dorée

    Et  l’Ami dédaigneux au regard réaliste

    Redevient un moment singulier égotiste

    Mais connaît le talent dans la peine trouvé

     

    Dans la reconnaissance si le talent persiste

    On reconnaît l’Ami singulier égoïste

    Qui signe dans la peine un décor à trouver

    Que le courroux du Vent a lui-même créé

    Ignorant ses talents de fabuleux artiste

     

    Et si le Temps s’essaie dans sa folie dorée

    A repeindre l’instant sans la peine de trouver

    Le pourquoi de l’hommage d’un Ami à l’artiste

    Alors bien singulier il devient égoïste

    Et détruit le chef-d’œuvre qu’un Artiste a créé

     

     Au nom de l’Amitié pour le cœur de l’Artiste

    L’Ami bien singulier dans le sien à trouver

    Un décor merveilleux sans doré égoïste.

    ©Nelly

    29/11/2007

    Reconnaissance...(Lavis suite)

     

    Reconnaissance…

     

    Ami ne sois pas triste

    Je ne rayonne point

    Mais ton âme d’artiste

    J’achète sans appoint !

     

    Le tableau est superbe

    Je ne reconnais plus

    L’Hiver aux tons acerbes

    Ni le gris le la rue !

     

    Quand la ville s’éveille

    A tes cuivrés matins

    La nature appareille

    Pour un îlot lointain

     

    Ni le doux, ni l’amer,

    Par toi ne se révèlent

    Car le cuivre et le fer

    Dans le froid s’entremêlent

     

    Chrysocalque parfait

    D’une étoile vacillante

    Dont le noir imparfait

    Rend la Nuit insolente

     

    Le sable n’est plus morne

    Ni l’azuré désert

    Quand les pourpres qui l’ornent

    Dans le décor l’insèrent

     

    Ami ne sois pas triste

    Je suis reconnaissant

    A ton âme d’artiste

    D'enluminer le Temps !

    ©Nelly

    23/11/2007

    Incendie...(Lavis suite)

     

    Incendie…

     

    Regarde le Soleil ; à quoi peut-il rêver ?

    Se souvient-il encor de cette sensation folle 

    Alors que ses rayons se traînaient au lever ?

    Une illumination d’âmes qui caracolent !

     

    C’était un bien inouï que tous ces flots magiques

    Qui emplissaient son astre d’un fluide cristal !

    Irisait ses faisceaux d’un bleuté onirique

    A l’instant où sa pointe plongeait dans le métal

     

    D’un glacial océan dompté par tant de grâce.

    Et sur ces merveilles baroques se griffait

    L’auréole d’un ange dans un linceul de glace

    Que réchauffait un Or au tracé imparfait.

     

    Quand l’aspect permanent des plus pâles ténèbres

    Enveloppa l’azur, il ne désira pas

    Revenir près du Vent dont la chanson funèbre

    N’avait plus rien de doux à l’approche du froid.

     

    Laissant là ses étés, ses printemps dans l’hiver

    Et regardant tomber des pleurs de sa paupière,

    Il dédaigna l’Ami - sentiment délétère-

    Retirant à jamais son doré de la Terre.

     

    Artiste malgré lui, le Vent désabusé,

    Macula l’horizon d’un embryon carmin,

    Incendiant de courroux leur amitié lésée,

    En cuivrant la Lumière pour voiler le chemin.

    ©Nelly

    19/11/2007

    Sépia...(Lavis suite)

     

    Sépia…

     

    De ce singulier paysage,

    Que seul l’esprit d’un fou envie,

    Ce matin encore l’image

    Pleure ses limbes de « lavis »

     

    Sommeil divin ! Miraculeux !

    J’ouvre mes yeux sans volonté

    Sur l’Univers tuberculeux

    Et toutes ses jaspées domptées

     

    Volutes d’arbres chocolatées

    Plagiant un palais infini

    Dans les brumes cacaotées

    D’enivrante monotonie

     

    Pas de Soleils, pas d’astres d’Or,

    Nuls vestiges pour illuminer

    D’un rayon jaune ce brun décor

    Aux cuivres rouges disséminés

     

    A peine un souffle « carmin triste »

    Semble rougir le bas du Ciel

    Comme pour illuminer l’Artiste

    Qui brûle d’un feu passionnel

     

    Et tout, même la couleur sombre,

    Semble havane ou bien tabac,

    Châtaigne d’ambre quand jouent les ombres

    Sur les bronzes aux jambes sans bas.

    ©Nelly

    16/11/2007

    Lavis...

     

    Lavis…

     

    De l’effigie du Temps je me suis approchée

    Emmêlant mes cheveux au tourbillon touffu

    De la rousse ramure à l’ivoire superflu ;

    Antithèse superbe des verdures asséchées.

     

    Il m’a conté le Vent, son ami irrité,

    Qui d’un souffle rageur un beau jour balaya

    L’Or de toutes ses teintes pour le cuivre sépia

    Depuis que le Soleil, son mentor, l’a quitté

     

    Soufflant sur chaque feuille en rougissant leurs corps,

    Il va chercher "lavis"le transforme en flambeaux

    Débarrassant les ombres de leurs gris oripeaux

    Brunissant leurs estampes de curieux désaccords

     

    Artiste révolté qui ne sait plus croquer

    Il mélange les couleurs, à l’air de s’en moquer,

    Pourvu que son effet subjugue la Lumière !

     

    Rompant le nœud gordien de manière brutale

    En allumant le feu dans les blondes crinières

    Il raille ainsi le Ciel d’un pinceau infernal !

    ©Nelly

    24/10/2007

    Parcours décrit…

     

     

    Parcours décrit…

     

    Du cœur, je suis la route de ma mémoire liée,

    Là, sur le fil du Temps, libre, coiffée de brume,

    Qui oscille un instant sans jamais oublier

    De jouer du vague-à-l’âme dans le cœur de l’écume.

     

    Je célèbre les Anges les divins soirs d’été,

    En négligeant les noirs récits faits d’amertume

    Qui, d’un rayon de lune, recouvrent leur beauté

    En phrases sibyllines sous le joug de ma plume

     

    Les mots s’y reconstruisent dans la sérénité

    Transcendant les adieux que les larmes vernissent,

    Car la passion ne croît que dans l’immensité

    De ces bains d’encre bleue où les ondes frémissent.

     

    Sous les corps enfiévrés des heures qui verdissent,

    Comme les fleurs au jardin quand l’orage s’enrhume

    Au contact des songes jouent les ombres métisses,

    Devenant silhouettes dans la nuit qui s’allume ;

     

    Le fil de mes idées se brode à Ciel ouvert

    Sur champ de Liberté quand ces ombres se tissent,

    Nimbant la belle étoile d’un fin crêpe d’éther,

    Qui s’adonne aux plaisirs dans les bras des abysses.

     

    Dans cette obscurité délicieuse j’espère,

    Surprendre l’essentiel d’une lumière diffuse,

    En jouant à cache-cache au travers des esters

    De ce bel entrelacs d’écritures confuses.

    ©Nelly