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02/11/2009 Instants de grâce...(recueil Rêves divers)
Au temple de mes rêves, je médite un moment, Admirant l’alchimie filer tout doucement L’écheveau des pensées, aux lisières du Levant, En mélanges bleutés que disperse le vent.
Je suis une sirène, transformée par l’écrin De velours d’une scène d’arabesques d’airain, Sous le joug du pinceau de l’Artiste serein, Qui se plaît à briser la ligne de mes reins.
Toute d'or, puis grisée ; jolie métamorphose, D’une femme et d’un rêve en parfaite symbiose, Qui s’amusent à s’unir dans l’alcôve des choses, Libérées un beau jour sur un chemin d’osmose.
Si les courbes sublimes d’un corps éthéré, Lentement se devinent sous l’ombre jaspée, Par instant se répand, dans les nues irisées, Des nuances légères, savamment stylisées.
Comme un petit enfant s’élance, oublieux Des dangers du dehors, l’esprit se prend au jeu Des subtils labyrinthes en jolis camaïeux, Où se perdent, ravis, les chemins du gracieux.
Ces écharpes de soie qui se fondent et se traînent Dans le satin des gestes, délivrés de leurs chaînes, Frappés comme le seing sur le corps d’une reine, Disent la liberté et la joie suzeraines. ©Nelly 25/10/2009 Rêve sur la Loire...(recueil Rêves divers)
C'était un matin, un matin décor, De ces doux débuts, quand l'âme s'endort. Le vent a soufflé, a soufflé si fort, Que les souvenirs furent silence d'Or.
C’était un jour où, les mains se pressentent, Une aube comme ça, au cœur d’amarante, Où les liens terrestres, parfois, s’apparentent Aux déclarations d’enflammées amantes.
Prophètes des soifs en ces gracieux jours, Superbes et muettes esquisses d’amour, Les doigts avertis d’un artiste sourd Au soleil ligneux, s'unissent toujours.
La main du claveau se gante bientôt, Jette le plus loin son gris paletot, Dénude son corps comme l’Hottentot, Et grise les cœurs pris dans son étau,
Pour trouver enfin les corps en déroute, Dans de vieux linceuls imbibés de doute. Et l'ombre noiraude, appauvrie sans-doute Par trop de lumière mise sur sa route,
A coiffé le ciel d’un imperméable, Pour bien protéger les pleurs admirables, De ces espérances, enfin, avouables, Dans l’esprit ravi d’âmes charitables.
C'était un matin, un matin décor, De ces doux débuts, quand l'âme s'endort. Le vent a soufflé, a soufflé si fort, Que les souvenirs furent silence d'Or. ©Nelly 18/10/2009 Chemin faisant…
Cueille la vie, car le bonheur n'est pas Dans le Paradis des cimetières, Aussi belle que sera la tombe, Aussi nombreux que tous ceux-là Qui feront semblant de te regretter
Tout deviendra pauvre, nu, transfigurable, Nos meubles seront simples, simples comme des pierres La soif ne sera plus, nous qui aimions la soif Cette brûlure avait le don de nous faire vivre
Mais le plus cher, et non le moins cruel De tous les souvenirs sera la pluie Soudaine, brève, cette pluie d’été Dont nos bouches surprises s’enivraient
Nous marchions dans ce rideau, ces ondes rebelles C’était un autre monde que nous touchions, brillant, Remplaçant de ses larmes que nous n’avions plus Et nous en aimions tant le goût sur nos lèvres
Nos sens s’enivraient de cette odeur d’herbe Fraîche et vivante mais pourtant déjà loin Souffles mêlés, cheveux défaits, de l’or De l’or encore sans le savoir, la fin.
D’un horizon précaire, l’avenir était roi, Souverain incrédule d’un royaume au déclin. Pourtant tout est paisible, écouté sans regret, Mais malade en dedans, quand tout brille au dehors.
Oui, cueille la vie, elle te sera plus belle, Au jardin des sans-noms, l’écriture est si fine ! Et l’histoire est sereine nimbée de sa blancheur ; Compte bien chaque instant au cadran de ta vie. ©Nelly 03/10/2009 Songe d'automneSonge d’automne…
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! La brume est épaissie, il pleut en do funèbre, J’entends déjà venir le cortège si lourd
D’octobre et de novembre, ces jumeaux en colère, Qui, d’un coup sec et dur, balayent les mystères Des soirées douces et tièdes, parfumées d’espérance. Comme une fée allume, dans un ciel infernal L’aurore d’un miracle d’une scène banale
J’écoute en frémissant le doux chant d’un oiseau Egaré, inconscient, jetant des petits cris, Comme de l’eau bénite sur mon cœur prit d’assaut, Par les plaies de ce froid où le soleil fut prit.
Tout l’hiver va rentrer dans mon être forcé, Et, comme le soleil que le jour froid, glacé, Etreint, décolorant dans ses bras qui ne bougent Mon cœur enseveli dans un bloc froid et rouge.
Il me semble pourtant – C’était hier l’été ? Et voici qu’il est là ce rougeoyant automne, Avec ses compagnes les langueurs monotones ! Ce bruit mystérieux sonne l’éternité. ©Nelly 06/07/2009 Voyage...
Voyage…
Nous partons mon Chéri A la flamme du temps ! Et qu’importe le vent Qu’importe les marées Nous partons mon Chéri A la flamme du temps !
Le voyage est un fou Qu’aucune loi n’émeut Il vole les matins Et s’élance au-dehors Le voyage est un fou Qu’aucune loi n’émeut
Et les quatre-saisons En font leur loi divine Renaissant chaque fois Qu’il est possible d’être Et les quatre-saisons En font leur loi divine
Alors, sabre-au-clair Marchons la tête haute Sans regarder l’avant Autrement qu’en nos rêves Alors, sabre-au-clair Marchons la tête haute
Nous partons mon Chéri A la flamme du temps ! Et qu’importe le vent Qu’importe les marées Nous partons mon Chéri A la flamme du temps ! ©Nelly 14/05/2009 Sans histoire...Sans histoire…
Je veux vous raconter ces molles enchanteresses Ces diverses beautés qui parent la jeunesse Je veux peindre en tout point la beauté de ces temps Où l’enfance s’allie aux matures latent
Quand au vent balayant, ils offrent leur minois Ils nous font cet effet, à la coque de noix, D’un beau navire partant en conquête de large Placides et triomphants dans leurs habits si larges
Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants Ces futurs chevaliers, ou ces pauvres amants Leurs gorges qui s’avancent, panneaux bombés et clairs Comme des boucliers accrochent leurs éclairs
Quand au vent balayant, ils offrent leurs minois Ils nous font cet effet de craintes qui se noient Dans le sillage triste de ces étranges grâces Qui ont perdu la foi et se trouvent en disgrâce
Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants Ils conquièrent parfois bien inopinément Ce rythme caressant, si lent, si paresseux, De ceux qui bougent tout sans devenir chanceux
Je veux vous raconter ces molles enchanteresses, Ces diverses vertus dont seul une maîtresse Ne connaît pas le prix puisque libre est son corps ; Armoire aux doux secrets, alcôve sans décor
Sous les volcans qu’ils chassent survivent les tourments Quand au vent balayant ils offrent leurs minois Qui, pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants Veulent vous raconter ces craintes qui se noient. ©Nelly 29/04/2009 Mon herbier imparfait...Mon herbier imparfait…
Le plaisir de plonger dans cette volupté D’évoquer le Printemps avec ma volonté De tirer un soleil de mon cœur et de faire De mes immaculées une tiède atmosphère Est un reste d’enfance au parfum de verveine De menthe et de jasmin, qui souvent me reviennent Et font s’évaporer mes soucis vers le Ciel En remplissant gaiement tous mes sens de miel
C’est un si vaste champ que l’on peut feuilleter Cet herbier-souvenir au corps agrémenté D’herbes devenues rares, bric-à-brac si confus De formes et de couleurs, de parfums inconnus De majestueuses lignes comme un cygne évadé De sa cage de vert dont l’or vient à aider Le soleil délicat par fragments s’établir Achevant en beauté la page souvenir
Dans la fraîcheur des prés où la rosée s’amuse A rajeunir l’été pour en être sa muse Par la grâce de l’herbe s’allument les couleurs Pour le bal des amis habillés de lueurs Nuances de doré, de pourpre ou de carmin Toute vie en essence parcoure ces chemins Comme on cherche le rêve, nous voyons nos sommeils Danser sur une terre parsemée de vermeil Et, quand la nuit tombée, ils entrouvrent leurs mains Les anges aux cheveux blonds dansent avec les lutins
Rien ne bouge vraiment, et pourtant tout s’anime Dès que nos yeux parcourent l’immensité de rimes Butent sur l’ancien nom au latin suranné Et que l’on décortique comme le ferait un nez Respirant malgré nous ces parfums de jeunesse Nous enivrant, ravis, des errances traîtresses Nous parcourrons ainsi millier de kilomètres En voyant l’aube pâle grandir à la fenêtre
Ainsi dans l’océan où mon esprit s’exile Je pense aux matelots oubliés dans une île Par la verte bleutée d’une algue capricieuse Qui résonna sans doute d’une voie mélodieuse Les trompant sans vergogne dans ce somptueux décor Où ils cherchent toujours le plus petit accord Qui les réunira, ouvrira leur pensers Pour un beau jour enfin ! Chez eux les ramener.
Mon herbier imparfait, mon monde de fraîcheur, Derrière les ennuis et les vastes douleurs, Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse, Devient celui qui peut, d’une aile vigoureuse S’élancer vers les champs lumineux et sereins A l’instar d’un ange et son grand front d’airain Qui, ailes déployées, par-delà la mappemonde Sillonne gaiement l’immensité profonde.
Souvent, pour m’amuser, je prends pour équipage Les étoiles de mer, et les algues sauvages, Les jolies fleurs des champs, et les herbes folâtres Et je sèche leurs corps comme statue d’albâtre, Eternisant ainsi leur beauté éphémère Mêlant à chaque fois la forêt et la Mer., Dans une union sacrée aux espaces limpides Dont le feu clair remplit leur délicieux vide.
Il est possible en fait de renouer l’alliance Mystérieuse et subtile, où la nature danse Entre plantes et femmes, hommes et adiantes. Ressusciter ce pacte entre créatures vivantes, Tous à la recherche de l’essentiel, transparente Magie des instants oubliés, mystères des corps Des âmes en fusion, dont la souffrance s’endort Dès lors que l’union s’accomplie, tout doucement Force d’aimer, originel enchantement.
La voie des sens, des parfums, raffinement extrême Perception de ce que nous devons être mêmes Et non de ce que nous sommes, las, devenus. Nos émotions, nos instincts profonds, confondus En mémoires natives, à l’inverse des synthèses, Ne se contentent pas d’ouvrir une parenthèse Mais une émotion vraie, excursionniste et pure Pèlerine d’émois dans un désert impur
J’aime ce monde là, végétal et vivant, Simples des jardins, sauvages nées sous le Vent. Tel un arbre et son écorce, je respire, grandit, Dans cette alchimie séculaire, mon souffle suffit. Je ferme les yeux et perçoit cet horizon De nacre et de bleu en parfaite floraison. Point n’est besoin pour moi d’être ailleurs qu’ici, La force de mon corps, symbolique sursit.
Marche en avant précise sur les sentiers du temps Cœur et cheveux au Vent, je me donne souvent, Amoureuse d’effluves nécessaires à ma vie, Surprise à chaque fois quand l’étreinte survit Longtemps après que les corps se soient dispersés… Et doucement je flotte, douce coquille bercée, Fragile dans la mère des senteurs recouvrées, Où j’aime me noyer…venez m’y retrouver. ©Nelly 09/02/2009 Ebauche de l'esprit...
Ebauche de l’esprit…
Le charme est indéniable pour le cœur amoureux… Dans le nid de ces yeux, où rien ne se révèle De doux, ni d’amer, Se blottissent, ravis, les sens où s’entremêlent, L’Or avec le fer Orfèvrerie si pure et ahurissant jeu
Comme le sable morne recherche le désert, Le sentiment perdu réclame son azur Dans ton corps si beau ! Resplendit à jamais comme un trésor qui dure Miroir de ta peau Mer odorante et vaste, et jamais ne se perd
Quand tout n’est qu’Or, acier, lumière et diamant, La froide majesté ni trouve point sa place Belle d’abandon Et son âme rêveuse se liquéfie de glace Cherchant à tâton Le fardeau de l’errance pendue au firmament
Lors sa tête d’enfant écrasée de paresse Se balance en cadence alanguie et heureuse Au creux de ton cou Et la bouche remonte lentement et fiévreuse Recherche le tout Promis par cette nature avide de caresses
Rappelons-nous l’objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d’été, sous un Soleil si doux Et Ciel pour témoin Au fond de nos regards, lit semé de cailloux, Au vent du matin Qui, surpris, nous regarde, puis d’un souffle se pâme
Tout cela descendait, montait comme une vague, Déferlante et docile, tout à tour, et vivante Egale au plaisir En formes effacées, fluides, comme l’eau courante Tel un souvenir… Une traînée de vide et de plein qui divaguent
Ebauche lente à venir sur la toile oubliée, Perdue dans le dédale de toutes ses pensées Et que l’Artiste achève juste par la mémoire Mais au fait j’y songe… Etait-ce la mémoire ? ©Nelly 20/11/2008 C'est si beau...C’est si beau…
Un cœur qui brille dans la pénombre Et ne sait plus où est le nombre Tant la Lumière est apparente Et la Vérité sous-jacente C’est si beau Un ange parfois assoupie Au bord du Monde qui dévie Comme le satin d’un cercueil Qui oblige qu’on s’y recueille C’est si beau
Un violon nomade du Soir Qui chante le doux sur le tard Sans accompagner la tristesse Vers la sortie telle une princesse C’est si beau Ces mains qui jouent de l’arc-en-ciel Sur la toile de l’inertiel Et puis ces cris…et puis ces riens Qui changent le pieu en païen C’est si beau
C’est si beau de croire à l’oubli D’y voir un champ sans aucun pli Un chant d’Amour qu’aurait aimé Un poète fou ou bien désuet C’est si beau … C’est si beau de croire que jamais L’ab solitude est un chevet Sur lequel repose le foyer Qui brûle au cœur d’un air noyé C’est si beau
De penser au lieu de le faire De l’espérer comme l’enfer Alors que l’Amour inédit Se contente du Paradis C’est si beau De regarder sans vraiment voir La peau si blanche sous satin noir Et la noirceur du désespoir C’est si beau
De se réveiller un matin Et de se dire : « je n’crois en rien ! » Et de sourire à l’enfant né, Simple caprice d’ailleurs, inné C’est si beau Un cœur qui brille dans la pénombre Et ne sait plus si vit son ombre. C’est si beau… ©Nelly 22/04/2008 Ferveur...Ferveur…
Je remercie le destin et je rends grâce, Au déroulé des jours qui s’amusent, et passent, Pour ce cadeau du Ciel Qu’est l’Amour Eternel
Quand je te regarde, je sais ce qu’est ma Vie ; Le chemin des doutes de mes rêves, suivi, Nos croisements de cœur Perdus, à contrecœur.
La rivière de nos heures charrie les sens, De ces journées quotidiennes qui encensent Les peines qui s’éloignent En douceur et témoignent
De notre rencontre et de notre richesse. Etre à tes côtés est une allégresse, Une suite de joies Qui tapisse de soie
La maison de nos rêves que nous partageons Simplement, avec tous les êtres sans façon, Priant qu’ils soient heureux Dans ce monde poudreux.
©Nelly 09/04/2008 Percée...Percée…
Là où la lampe brille, où la porte grince, En s’ouvrant davantage, il y a ce rayon. Il recolore le sable où dansent les grillons, Collectionneurs d’obscurs, dans l’aube qui se rince
Sans mémoire ni visage, quel mal ont-ils souffert, Avant même de naître princesses ou même princes ? Dans un monde vénal ou l’orgueilleux nous pince, Il dansent dans le sable qu’ont foulé tant de serfs
Rentre, lui a-t-on chuchoté, à ce rayon, N’éclaire pas trop loin les marâtres diurnes Préfère donc ainsi les envolées nocturnes Noyées dans l’ivresse d’un joyeux tourbillon
Telle cette Lumière dans l’esprit taciturne Qui luit quand on la quitte, hésitation de l’iambe, Qui ne veut plus écrire et se perds dans ses jambes, Et ne franchira pas le cercle de saturne
Il s’en va retrouver une autre ombre dansante, Ni déjà la musique, ni déjà plus le bruit, Une douce façon de laisser dans le fruit, Le vers qui s’emmitoufle de songes qui le hante
Qu’aura donc duré, en temps, cet étrange abri ? Au creux duquel, pourtant rechanterait le monde S’il savait écouter avec la foi profonde De ceux qui n’ont plus rien mais savent le sens_cri. Nelly 17/03/2008 Organza...Organza…
La forme de nos rêves se confond en instants Chaque fois que le Ciel se perd dans l’Océan En kyrielle d’éclats ressemblant aux opales Qui parsèment le Temps d’aurores boréales Où s’oublie l’absolu dans l’antre bienséant
Et que nous engluons d'un manteau éphémère Qui détruirait nos âmes si nous n'étions d'éthers... Du règne végétal, je retire un instant Un chef-d’œuvre de verre où dormira longtemps L'impression que nos rêves redorent notre Terre
Parcourrant en riant les chemins de nos odes. Transparente de bleus la Fiancée de l’Aube Dans ses voiles nimbés de fragiles ulmaires Chuchote aux oreilles des bises de Frimaire Des flocons de serments qui souplement s’érodent
Et répandent lascifs des volutes d’esters. De n’avoir pas suivi le sentier des épeires L’oranger sécrété des pétales corrode Le carmin sanguinaire que l’Aurore rebrode De nos regards anis où l’étoilée se perd
La soierie des visions tapisse l’horizon De dentelles subtiles au délicat coton Qu’un délicieux nacré sublime de parterres Où grandissent ravies les douce cimeterres Gardiennes silencieuses des secrets adytons. Nelly 15/02/2008 RecueilRoman noir…et blanc
Lecture… I Beauté sauvage d’une illusion comme un voyage Comme un chemin qui nous parcoure de douceur blonde. Une lecture, pour nous précieuse, dans nos bagages Que nous aimons à parcourir ; chemin de ronde.
Quand l’air est immobile, tout semble rêvasser ; On dirait que le Ciel aime la solitude Et que l’onde elle-même adore bavasser En glissements emprunts d’une grave attitude.
Dans cette promenade, l’espérance construite Résonne doucement d’un air tendre et serein ; Un mystère divin que l’homme, tout de suite, De questions, assombrit d’une chape d’airain.
Comme une sérénade rédigée par amour Que l’on déclame un soir au bonheur d’un balcon, Et qui, dès l’aube née, dénuée de glamour, S’assoupit lentement dans nos esprits féconds.
Puis le Silence fait qu’on voudrait se sauver, Ce Silence éternel protecteur et sournois, Qui s’abat sur le corps tel un lieu dépravé, Qui d’accueillant le soir, à l’aurore nous noie.
II Tout à l’heure j’entendais résonner doucement, L’orage des pensées, tourbillonnantes rondes, Nuées de ces soirées en étoffe d’aimant Qui s’accolent à mon être comme un essaim de mondes.
A chaque fois que je m’enivre de ses mots Il devient une pluie, surprenante et cruelle, Brève et pourtant si longue dans les plis de mes maux, Mais si chère à mon âme dont elle est la ruelle !
Comme une pluie d’été, nous en aimons le goût Sur nos lèvres scellées, quand seuls nos sens aigus Aiment à emporter les aquarelles, où, Les yeux se sont perdus dans des rêves ambigus.
Une hâte secrète nous appelle parfois Derrière les volets qui cèlent nos envies ; Cet or que l’alchimie, au manquement de foi, Aura autant cherché, que l’esprit, l’exuvie.
Diva, ne nous sachant, la lecture innocente, Fait entendre sa voix qui veut si bien qu’on l’aime, Et tôt après le Ciel nous donnait, consentante, La clarté du Soleil à l’étrange enthymème.
III Parcourir aussi bien le mystère profond De ces livres si chers aux âmes engourdies, Est un plaisir charnel, comme serait, au fond, Le sein qu’aime à rêver l’artiste au cœur transit
L’étoffe des écrits tapisse les heures sombres De rouge dégradé du rose à l’indigo Imagine, passant, la musique des nombres Souffles mêlés des rêves aux instants mendigots
Lumière de nos la, éprise de son chant, Dansante, illuminée, accompagnant le temps Où le refuge n’est plus qu’un cri chevauchant La monture des sens emportés pour longtemps
Qu’en lieu, encore, de nuit, elle s’arrête et frappe A des portes fermées d’où les mots inversés Retrouvent enfin le rêve quand le sommeil nous frappe Et entrouvre ses mains pour mieux nous caresser
Penchons-nous l’un vers l’autre, en se touchant à peine, Rassemblons tous nos mots pour enfin se comprendre, Et nous verrons ainsi nos ombres sous les frênes, Lourdes d’eau et de musc, s’aromatiser d’ambre.
IV Avant le jour si clair, comme peut-être la Nuit, La beauté absolue des signes accordés Dans l’accords des principes des lignes raccordées Devient fleuve de vie aux couleurs sans ennuis
Du sable, puis de l’écume dans ce lit préparé, Plus de passage à gué, rien que de l’herbe haute Et dessin qu’elles nous font quand le rêve tressaute En marchant sur les dunes sans jamais l’écraser
Que son monde demeure à l’absence sans mots Si d’aventure nous ne serions qu’un à jamais Dans la couleur de l’ombre, et si désormais La feuille devient sèche sous le regard d’émaux
Et lorsque l’on revient dans la chambre si claire Pour revoir notre hier plein de désillusions C’est à demain nos ombres faisant leurs ablutions Que je confierai bien le bâti de mon aire
Pourvoir prêter l’oreille pour entendre d’abord La musicalité des écrits de jadis Du sang de nos aèdes, coulant des interstices De nos statues vivantes figées de prime abord.
V Aux lecteurs avisés je ne dirais qu’un mot : Vous avez empoigné les crins de l’aventure Avec une telle fougue que l’on pourrait y voir Un œil remplit de feu et de mésaventures Oublieux de maîtrise au pied de l’écritoire !
Poète, notre sang, bouillonne dans nos corps ! Suintant comme l’encre à travers le buvard Expirant chaque jour en bénissant nos plumes Qui confère puissance et faiblesse au hasard En fabriquant de l’or transpirant par nos pores
Et quand je m’assieds face au jusant de ces larmes, Que mes amis si chers ont versé dans la brume Pour essayer en vain de nous apercevoir, Je me dis que la vie est faite d’amertume Mais aussi de parfums qui souvent nous désarme
Qu’il serait bon je crois de ne plus regarder Qu’avec les yeux du cœur, ou tout du moins le soir Aux lueurs des chandelles, relire nos bouquins Pour y puiser la force un rien ostentatoire Et continuer de lire sans jamais décider
De ce qui est ou non le meilleur du souffrir Et prendre le chemin du sentier taquin Qui titille, ravit, nos souvenirs légers Qui, de leurs promenades, ramèneront chacun Un peu de leur vécu qu’ils voudront nous offrir. Nelly 07/02/2008 Départ...(L'Hiver suite et fin)Départ…
Tu disparais ainsi, glacé sous ton manteau Fantomatique Hiver au teint marmoréen Dans l’autrefois sans tain de la Lumière d’airain D’humaines vies précaires déposant leur veto
Elles aiment les clameurs des bruits de ton silence Feutrées par la froidure sous un soleil meurtrit Mais ta couleur laiteuse, au cœur des incompris S’apparente à la mort, singeant son indolence
Il manque en eux c’est vrai, cette odeur d’herbe sèche Restée à les attendre depuis le dernier Vent Cachée dans leur mémoire, bien orgueilleux savant Qui dort dans leurs eaux calmes où l’esprit se dessèche
Dans leurs maisons perdues de trop longues journées Leurs mots ne semblaient plus ne parler d’autre chose Que de ton remplaçant au corps tiède qui ose Détrôner dans leurs couches cet amant suranné
Ils savaient tous aussi, que l’été allait poindre Ramenant avec lui les rayons salutaires Avançant, majestueux, brillant au baptistaire, Dans l’acte lumineux des âmes qu’il faut oindre. Nelly 02/02/2008 RecueilRoman noir…et blanc
Confidences…
I J’aime le souvenir de ces époques là, Dimensions incertaines où l’esprit aime à dire La jouissance des songes source de l’au-delà ; Corps simples que le temps ne saurait assagir.
Poète d’aujourd’hui, j’aime ainsi de pouvoir Ecrire sans façon les natives erreurs Des vues de nos esprits, ces lieux où se fait voir La nudité de l’homme au tréfonds des splendeurs.
Voilà pourquoi je plante le décor des plaisirs En délicates phrases ou plaisantes couleurs, Car la Nuit est plus belle quand elle peut s’enrichir Des sentiments cachés dans l’antre des ferveurs,
Et son rire trempé de pleurs qu’on ne voit pas Peut inonder les terres de sentiments nouveaux, Pourvu que l’eau en sang ne se transforme pas En creusant des trous grands comme un champ de tombeaux ;
- Réceptacle vivant d’impassibles rosaires, Où il faut employer la pelle et le râteau- Trouvera dans son sol un peu de notre terre Pour l’emporter enfin vers l’île de Watteau.
Et qui sait si les fleurs enfin tapisseront Les murs de nos hommages aux idées d’autrefois, Si j’aime, aux souvenances, préférer le giron De l’Amour romantique qui s’enfuit quelquefois !
II Appelant les morsures que le temps nous inflige Des « cicatrices » dues à nos erreurs passées, Nous martelons ainsi la terre qui nous afflige En nous forçant à vivre d’un poids outrepassé,
Et d’un rayon d’hiver transperçons nos étés Tout chargé de mystère et de faible froidure, Afin que nos enfants n’aient point à supporter Les croyances de fer qui lestent nos armures.
Comme l’azur du Ciel, les oiseaux et les fleurs, Nos parfums, nos chansons et nos écrits laissés Dénués de l’orgueil que l’on prête aux vainqueurs, Glisseront, tel un baume, sur les âmes blessées,
Répandant, insouciants, leurs effluves nacrés, Construits de bonheurs simples et générosité, Dans l’œil limpide et clair d’une source sacrée Où la sainte jeunesse sera infinité.
III J’aime aussi la pensée de voir qu’on peut aimer L’idée, même sans elle, pourvu qu’elle soit ermite Dans l’esprit d’un ascète, puis devient favorite Par la force d’un Vent, libertin, déclamé,
Qui joue avec le Ciel, cause avec les nuages Pour retranscrire en pur tout ce qui ne l’est pas, Cherchant à deviner sans le moindre faux-pas, Au moins ce qui ne peut être de son voyage ;
Car l’espoir est ainsi, usurpant les passions. Il pose sur nos têtes sa forte et frêle main, Se frayant en nos âmes un douloureux chemin Fait de force et de vies baignées dans la scission,
Division de couronnes, de terre et puis d’enfer Dans les rangs douloureux de nos saintes questions, Imposer par le fait même de nos actions De traverser les temps et tous les univers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Nos jugements érodent de pâle absurdité Nos intuitions si belles qui à jamais se fondent.
IV Quel dommage mes amis ! Que la pensée ne soit Que cette onde légère dans l’esprit incertain ! Car si dans le contraire, elle devenait une arme Nous serions sans doute combattants du matin, Pleins de force et de vie où la violence sursoit !
Nous voudrions, c’est sûr, sécher toutes les larmes ! Sans en omettre aucune ! Déni de la raison Que ce flot intangible, qui coule lentement, En dehors de nos corps comme autant de saisons, Devenant, chaque fois, fleuve qui nous désarme.
Les yeux pleurent souvent, mais le corps rarement Ou alors quand il pleure nous ne l’entendons pas, Convertis que nous sommes à nos chagrins apôtres. Pourtant qu’il est si doux de se plaindre, n’est-ce pas ? A vous faire oublier la force des serments !
J’aime à penser parfois que la raison se vautre Dans les limbes du temps en oubliant ainsi De tout réglementer dans un ordre passif : Les sentiments, l’amer, la victoire d’un autre, Ou d’une autre vision que l’on perçoit aussi,
Qui s’arrête ravie de nous apercevoir, Puis ramasse ses gouaches pour aller peindre ailleurs Un tableau délicat qu’une âme plus subtile Glissera lentement dans le creux de ses heures Pour pouvoir écouter les mots qu’on ne peut voir.
Oui vraiment, mes amis, l’aboutit est bien vil, Si nous nous persuadons que la pensée n’est rien ! Qu’une secrète lueur dans le nid de nos âmes ; Résultante improbable d’un produit eulérien, Inondant nos déserts d’une pluie infertile !
V Indubitablement, mon intention d’écrire, Obscurcie de question dans ma Lumière moderne, Devenait prosodie, mystérieux délire Constitué de pensées que la musique cerne.
C’est vous dire, Chers Amis, à quel point il est pur De contempler, sereins, nos raisons jouvencelles ! Et d’en admirer l’art d’une fraîcheur qui dure Avant que de comprendre son âge réel
Si primitivement, nos intuitions réveillent En nous quelques questions, il est sain d’aborder L’origine des lois, qui régissent l’éveil Dans le fait de poser simplement nos idées,
Sur de très jolies feuilles, blanches, immaculées Et de bien savamment les assombrir de lettres, D’expressions ou de termes, où se trouvent acculés Nos chagrins et nos rires dans les rangs de nos êtres.
Puis, juste divaguer dans le bruit du silence, L’esprit baissé sur le futur, poudré de rêves, De ceux qui aiment là, éclabousser l’enfance De belles confidences qui parcourent la drève. Nelly 28/01/2008 Nuit d'hiver...(L'Hiver suite)Nuit d’hiver…
Hiver du fond des âges, enfant aux yeux obscurs Comme toi, Nuit immense, mes pensées sont mêlées De foi et de tendresse, de parfums qui rassurent De rondes avec les elfes et séraphins ailés. Hiver du fond des âges, enfant aux yeux obscurs
Par ton charme profond, magique, tu nous grises Amante sensuelle, égérie de nos songes Je reconnais bien là ton Eminence grise Tapie au fond des grâces désavouant le mensonge. Par ton charme profond, magique, tu nous grises
Amante de l’hiver, tu aimes à contempler La douceur d’un foyer, la beauté des caresses Tel un fluide pudique qu’il nous faut inhaler ; Effluves interdits qu’on dévoile aux maîtresses. Amante de l’hiver, tu aimes à contempler
Tous ces serments d’éther, ces baisers interdits -Que ta robe épaissit ainsi qu’une cloison- Rendent doux et amer ton hiver érudit Elevant en mémoire d’une lente oraison Tous ces serments d’éther, ces baisers interdits
Beau cadre sans peinture où le génie s’éveille Tu as je ne sais quoi d’étrange et captivant Tel un spectre limpide glissant dans nos sommeils Tu effraies, tu fascines, libérant tes solvants. Beau cadre sans peinture où le génie s’éveille
Tous mes écrits pareils à des fables casuelles Se distinguent parfois des volontés mystiques Diluant en ton corps leurs ombres spirituelles Où l’ébène remplit d’idéal ascétique Tous mes écrits pareils à des fables casuelles Nelly 14/01/2008 Adamantin...(L'Hiver suite)Adamantin…
C’est le socle d’un cœur Le souvenir lointain D’un Printemps libertin D’anémones en fleurs
Paraphant le diamant D’une épitaphe libre Ce radieux équilibre Singe le firmament
Pour l’esprit qui s’évade La promenade est belle Dans ce lieu irréel Où le songe parade
La pureté des actes Redonne le frisson Aux donneurs de leçons Qui distribuent les tracts
Sur les terrains minés Des moins belles histoires Destructrices d’espoir Aux fins déterminées
Il suffit de vouloir Voir le socle d’un cœur D’un Printemps sans rancœur Pour t’y apercevoir…
Adamantin…souvenir. Nelly 06/01/2008 Façades...(l'Hiver suite)Façades…
Les immenses façades qui ne reflètent rien Alignés sous mes yeux qui ne regardent pas Font partie d’un décor que je ne renie pas Et que j’aime à dorer au gré de mes instincts.
Je perçois une vie aux fenêtres celées Qui dissimule tout et révèle si bien Le battement d’un cœur aux rythmes amphibiens Tel un fleuve serein aux joies dissimulées.
Une fenêtre et puis, une fenêtre encore Et parfois un balcon au cœur d’une mêlée De jardinières vides, où les fleurs adulées Reviennent refleurir, au Printemps, le décor.
De toutes les couleurs, c’est le gris qui domine, Car le Soleil d’hiver ne se charge pas d’Or ; Les illuminations se logent au dehors, Dans les douces guirlandes qui lui donnent bonne mine.
Alors les arabesques, légères et dorées, Qui rappellent aux fleurs leur écrin d’étamine Colorent ainsi les rues, et façades illuminent, Comme des miroirs sans tain, mais que j’aime à dorer. Nelly 03/01/2008 L'Hiver...L’Hiver…
Sous son glacial manteau, je contemple l’Hiver Qui gélifie mes mots et engourdit mes vers ; Aux Editions « glacées », l’éditeur est « divers ». Oui, sous son froid manteau, je contemple l’Hiver.
Parfois, au fil des mots, je perçois le revers : Que sous son blanc manteau, il tremble mon Hiver , Et grelotte de froid dans ses voies de travers. Oui, sous son froid manteau, je contemple l’Hiver.
Calligraphiant le beau, je découvre l’envers Du décor d’émaux où s’est oublié le vert… Précipité de gris comme un tableau d’Anvers. Oui, sous son froid manteau, je contemple l’Hiver.
Même les chants d’oiseaux, emprisonnés du verre Du linceul de l’eau, « remplissent » l’Univers De murmures feutrés, lorsque l’écho s’avère. Oui, sous son froid manteau, je contemple l’Hiver.
Pourtant sous ce manteau, mes stances si sévères, Se réchauffent de beau au feu de tes yeux verts Où la flamme d’Amour se tortille, légère, Oui, sous son froid manteau, j’adule mon Hiver. Nelly 04/12/2007 Le bleu de notre azur...(L'Aube Nouvelle suite et fin)Le bleu de notre Azur…
Etonnamment visible Au bleu de notre azur S’accroche l’invincible Au saphir de nos murs
Il revêt l’impossible D’une douce parure Etonnamment visible
L’image qui perdure Capture l’accessible Dans le bleu de l’azur
Où le son inaudible Des accords, semble pur, Etonnamment visible
Quand s’ébat la mesure Sur des Ut impassibles Dans le bleu de l’azur
Et mon rêve accessible Regagne mon cœur pur Etonnamment visible Dans le bleu de l’azur Nelly |
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