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7/6/2009

La longue marche...

 

La longue marche…

 

Nous avions appris à regarder le temps

Mais pas à l’écouter

Nous avions admis que le soleil est important

Mais oublié qu’il brille

Et nous corps se sont embrasés

 

Nous étions pressés

 

Dans la naissance de nos cendres, surpris,

Nous n’avons rien emporté

Rien que nous ne comprenions ainsi

Et le ciel nous a recouverts

Dans l’espérance d’un dieu isolé

 

Nous restions figés

 

Même dans la sagesse de nos pères

Nous sommes restés prostrés

Les yeux brûlés de trop de pluies d’hiver

Nous avons gelé, sans la morsure du froid,

Dans la douceur d’un sombre été.

 

Nous avons marché

 

Nous avons grandi loi de ces lois

Qui abritent les égarés,

Chemins tracés dans les sous-bois,

Entrés dans le cortège de l’ignorance

Nous n’avons pas beaucoup rêvé

 

Nous avons cherché

 

Nous voulions tant ! Puis l’espérance

S’en est allée

Les dieux ont enlacé les engeances

Doucement soufflé les bougies

Puis se sont retirés

 

Nous avons couru

 

Nos mains se sont élevées, en effigie,

Pour récolter les gouttes dorées

Mais, loin des stratégies

Le ciel aussi s’était retiré

Sans un regard.

 

Nous étions seuls.

©Nelly

Voyage...

 

Voyage…

 

Nous partons mon Chéri

A la flamme du temps !

Et qu’importe le vent

Qu’importe les marées

Nous partons mon Chéri

A la flamme du temps !

 

Le voyage est un fou

Qu’aucune loi n’émeut

Il vole les matins

Et s’élance au-dehors

Le voyage est un fou

Qu’aucune loi n’émeut

 

Et les quatre-saisons

En font leur loi divine

Renaissant chaque fois

Qu’il est possible d’être

Et les quatre-saisons

En font leur loi divine

 

Alors, sabre-au-clair

Marchons la tête haute

Sans regarder l’avant

Autrement qu’en nos rêves

Alors, sabre-au-clair

Marchons la tête haute

 

Nous partons mon Chéri

A la flamme du temps !

Et qu’importe le vent

Qu’importe les marées

Nous partons mon Chéri

A la flamme du temps !

©Nelly

6/10/2009

Je respirais enfin...

Je respirais enfin…

 

Je marchais dans ces déserts dorés

Respirant la chance d’être

Joyeuse comme un pinson peut-être

Loin de ces rêves élaborés

 

Enchevêtrés comme les rêves

Mes pierres devenaient tendres,

Et d’ailleurs, pourquoi vouloir prétendre

Que la candeur n’a pas de trêve ?

 

A mains nues dans ce bruit de pluie,

Je chantonnais à perdre haleine

Au clair-obscur des tendres peines,

La lumière fut comme un ami

 

Chassons le temps s’il nous ennui !

Cessons donc de compter les heures

Qui se transforment en vapeurs

A chaque fois que vient minuit !

 

Si le dormeur vit dans sa tête,

Et que le poète ne sait rien,

Alors louons l’affreux saurien

Qui transforme l’homme en bête.

 

Et quand le feu est presque éteint

Et que dans l’âtre froidit la cendre,

J’aimerai bien la descendre

Moi, cette pente d’étain.

 

Sombre chemin, ou belle route ?

Le monde à personne n’appartient

Quand s’insinue bêtement le doute,

Et que le froid certain devient

 

Je respire à pleine voix

Le bonheur de t’avoir connu,

Marchant, tirant sur l’inconnu,

Toi le vagabond sans foi ni loi,

 

Prince du vent, bandit du temps,

Tueur des heures éphémères

Et des causes sans repère

De revenir, il était temps !

 

Pieds nus dans ce bruit de monde

Dans la houle enfle la lumière,

Et dans l’orage, le ciel éclaire

A tout jamais la mappemonde.

 

Si la surface de l’eau

N’est que lumière

Alors mes prières

Seront des flots.

©Nelly

5/14/2009

Sans histoire...

 

Sans histoire…

 

Je veux vous raconter ces molles enchanteresses

Ces diverses beautés qui parent la jeunesse

Je veux peindre en tout point la beauté de ces temps

Où l’enfance s’allie aux matures latent

 

Quand au vent balayant, ils offrent leur minois

Ils nous font cet effet, à la coque de noix,

D’un beau navire partant en conquête de large

Placides et triomphants dans leurs habits si larges

 

Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants

Ces futurs chevaliers, ou ces pauvres amants

Leurs gorges qui s’avancent, panneaux bombés et clairs

Comme des boucliers accrochent leurs éclairs

 

Quand au vent balayant, ils offrent leurs minois

Ils nous font cet effet de craintes qui se noient

Dans le sillage triste de ces étranges grâces

Qui ont perdu la foi et se trouvent en disgrâce

 

Et pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants

Ils conquièrent parfois bien inopinément

Ce rythme caressant, si lent, si paresseux,

De ceux qui bougent tout sans devenir chanceux

 

Je veux vous raconter ces molles enchanteresses,

Ces diverses vertus dont seul une maîtresse

Ne connaît pas le prix puisque libre est son corps ;

Armoire aux doux secrets, alcôve sans décor

 

Sous les volcans qu’ils chassent survivent les tourments

Quand au vent balayant ils offrent leurs minois

Qui, pourtant si fragiles dans leurs espoirs dormants

Veulent vous raconter ces craintes qui se noient.

©Nelly

5/11/2009

Solitaire amie...(Prose)

 

Solitaire amie…(Prose)

 

La solitude, nos vies,

Ces chemins qui nous appellent

Dans la fraîcheur des prés

Où de l'eau brille.

La solitude, prêtresse qui ouvre ses mains

Quand la nuit tombe.

Nous la voyons errer au faîte des heures

Cherchant le rêve dans nos sommeils.

C'est une invitée discrète, je l'aime...parfois.

Parfois, aussi, je ne l’invite plus

Car elle me pèse.

Souriante ou grimaçante, son visage est ingrat

A la tombée du soir

Pas le matin…il fait si beau !

Dans l’ombre des décors, à nous, sans eux,

Vivants et purs, mais pâles.

Je veux plutôt donner aux autres

Ce qui n’est pas,

Ecouter sans entendre, et voir

L’horizon rétrécit, sans yeux, oreilles

Aux quatre vents, mélanger les essences.

Et dans les branches mouillées,

Inquiète,

L’attente de ma solitude qui hésite.

Première parole après un long silence

Premier feu à prendre au bas d’un monde mort.

Cette terre infertile, où tout pousse pourtant,

De noir, sans vie, utile inconscience.

Comme un tableau très sombre,

Qui rappelle aux vivants,

Que l’ombre ne grandit point auprès d’un corps détruit ;

Arbre sans feuille, chemin perdu,

Mais vie pourtant, sève cachée dessous l’écorce.

La solitude, nos vies,

Ces chemins qui nous appellent

Dans la fraîcheur des prés.

©Nelly

4/29/2009

Mon herbier imparfait...

 

Mon herbier imparfait…

 

Le plaisir de plonger dans cette volupté

D’évoquer le Printemps avec ma volonté

De tirer un soleil de mon cœur et de faire

De mes immaculées une tiède atmosphère

Est un reste d’enfance au parfum de verveine

De menthe et de jasmin, qui souvent me reviennent

Et font s’évaporer mes soucis vers le Ciel

En remplissant gaiement tous mes sens de miel

 

C’est un si vaste champ que l’on peut feuilleter

Cet herbier-souvenir au corps agrémenté

D’herbes devenues rares, bric-à-brac si confus

De formes et de couleurs, de parfums inconnus

De majestueuses lignes comme un cygne évadé

De sa cage de vert dont l’or vient à aider

Le soleil délicat par fragments s’établir

Achevant en beauté la page souvenir

 

Dans la fraîcheur des prés où la rosée s’amuse

A rajeunir l’été pour en être sa muse

Par la grâce de l’herbe s’allument les couleurs

Pour le bal des amis habillés de lueurs

Nuances de doré, de pourpre ou de carmin

Toute vie en essence parcoure ces chemins

Comme on cherche le rêve, nous voyons nos sommeils

Danser sur une terre parsemée de vermeil

Et, quand la nuit tombée, ils entrouvrent leurs mains

Les anges aux cheveux blonds dansent avec les lutins

 

Rien ne bouge vraiment, et pourtant tout s’anime

Dès que nos yeux parcourent l’immensité de rimes

Butent sur l’ancien nom au latin suranné

Et que l’on décortique comme le ferait un nez

Respirant malgré nous ces parfums de jeunesse

Nous enivrant, ravis, des errances traîtresses

Nous parcourrons ainsi millier de kilomètres

En voyant l’aube pâle grandir à la fenêtre

 

Ainsi dans l’océan où mon esprit s’exile

Je pense aux matelots oubliés dans une île

Par la verte bleutée d’une algue capricieuse

Qui résonna sans doute d’une voie mélodieuse

Les trompant sans vergogne dans ce somptueux décor

Où ils cherchent toujours le plus petit accord

Qui les réunira, ouvrira leur pensers

Pour un beau jour enfin ! Chez eux les ramener.

 

Mon herbier imparfait, mon monde de fraîcheur,

Derrière les ennuis et les vastes douleurs,

Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,

Devient celui qui peut, d’une aile vigoureuse

S’élancer vers les champs lumineux et sereins

A l’instar d’un ange et son grand front d’airain

Qui, ailes déployées, par-delà la mappemonde

Sillonne gaiement l’immensité profonde.

 

Souvent, pour m’amuser, je prends pour équipage

Les étoiles de mer, et les algues sauvages,

Les jolies fleurs des champs, et les herbes folâtres

Et je sèche leurs corps comme statue d’albâtre,

Eternisant ainsi leur beauté éphémère

Mêlant à chaque fois la forêt et la Mer.,

Dans une union sacrée aux espaces limpides

Dont le feu clair remplit leur délicieux vide.

 

Il est possible en fait de renouer l’alliance

Mystérieuse et subtile, où la nature danse

Entre plantes et femmes, hommes et adiantes.

Ressusciter ce pacte entre créatures vivantes,

Tous à la recherche de l’essentiel, transparente

Magie des instants oubliés, mystères des corps

Des âmes en fusion, dont la souffrance s’endort

Dès lors que l’union s’accomplie, tout doucement

Force d’aimer, originel enchantement.

 

La voie des sens, des parfums, raffinement extrême

Perception de ce que nous devons être mêmes

Et non de ce que nous sommes, las, devenus.

Nos émotions, nos instincts profonds, confondus

En mémoires natives, à l’inverse des synthèses,

Ne se contentent pas d’ouvrir une parenthèse

Mais une émotion vraie, excursionniste et pure

Pèlerine d’émois dans un désert impur

 

J’aime ce monde là, végétal et vivant,

Simples des jardins, sauvages nées sous le Vent.

Tel un arbre et son écorce, je respire, grandit,

Dans cette alchimie séculaire, mon souffle suffit.

Je ferme les yeux et perçoit cet horizon

De nacre et de bleu en parfaite floraison.

Point n’est besoin pour moi d’être ailleurs qu’ici,

La force de mon corps, symbolique sursit.

 

Marche en avant précise sur les sentiers du temps

Cœur et cheveux au Vent, je me donne souvent,

Amoureuse d’effluves nécessaires à ma vie,

Surprise à chaque fois quand l’étreinte survit

Longtemps après que les corps se soient dispersés…

Et doucement je flotte, douce coquille bercée,

Fragile dans la mère des senteurs recouvrées,

Où j’aime me noyer…venez m’y retrouver.

©Nelly

4/23/2009

Ce que les yeux racontent...

 

Ce que les yeux racontent…

 

Je vois comme un impair la douleur dans tes yeux

Qui se nourrit de « non » protégeant son envol

Rassurée un instant par le désir frivole

De ne pas perdre autant que l’autre vie de Dieu

 

Allume ta prunelle à la flamme des lustres !

Regarde le dessein de la vie qui se perd

Et cherche le moyen de commettre l’impair

Pour que Demain ne soit plus la proie de ses rustres !

 

Sois ce que tu voudras, mais SOIS, je t’en conjure

Pour que naisse en ton cœur bien plus que l’indulgence

Ou la ferme intention de repousser l’engeance,

L’envie ne suffit plus, il faut trouver le pur !

 

Je t’aime ainsi ! Pourtant il te faut aujourd’hui

Comme un astre éclipsé, sortir de la pénombre,

Cheminer un instant, réapprendre le nombre,

Dans sa rare beauté  suivre la lame qui luit

 

Et trancher dans le vif d’un coup sec et vengeur

Sans ressentir en toi la haine du trépas

Car le mal est conquis quand la colère n’est pas,

Et jalouse le sort de ceux qui ont du cœur

 

Si, quelque soir, d’un pleur obtenu sans effort,

Pouvait fleurir enfin le végétal emblème

Je me prends à songer que les larmes sont blêmes,

Mais que le cœur n’est pas victime de son sort.

 

Je préfère, un instant, voir plus que l’horizon

Dans cette plaine hideuse ou les esprits sont morts

De n’être pas compris, et perdent la raison

Qui fait leur existence dans cet humble décor

 

Regarde ! Je ne suis rien, qu’un être sans visage,

Un marin sans bateau, un soldat sans armée,

Je nage, ou je survis en demandant rivage,

Regardant l’autre rive comme un antre sacré

 

Je voudrais aujourd’hui poser enfin mes armes

Et regarder l’enfant avec que compassion

Lui murmurer des mots, et récolter ses larmes

Pour l’offrir en  bassin pour pieuses ablutions

 

Il suffit pour cela ne plus voir dans tes yeux

La douleur qui nourrit protégeant son envol

Par ces « non » que le cœur protège, capricieux

Que la raison surprend mais que le temps affole.

©Nelly

2/20/2009

Les pierres tendres...

 

Les pierres tendres…

 

Toute la sépia d’un soir d’été ne saurait dire

L’odeur de l’herbe, l’étoffe de la pluie, terre,

Nos recommencements, nos hâtes, nos souvenirs,

Marchands de pluie, une autre sphère

 

Nos espoirs étaient simples, lisses comme des pierres,

Dont nous envahissions les fentes dans les murs

Les mêmes, comme toujours, comme le lierre,

Envahissant le tronc, pour s’en nourrir, sans blessures

 

Sans l’étouffer, seulement le parer de vert

La force de l’enfance, l’espoir d’ un autre monde

Parler, presque chanter, après l’avoir souffert

Ce lambeau d’étoffe nous rappelle la ronde

 

« Traîne, traine mon balais…j’marirai mes filles… »

Sauf que…faire de ce lambeau de tissus usé ?

On le trouve dans sa mémoire, il nous titille,

On le déplace ; les images, les années,

 

Et puis soudain, les larmes, brusques, qui montent,

Nous submergent, et on ne dit rien dans ses mots

D’avant, l’autrefois sans nom se démonte,

Devient un océan, musique d’une mer sans défaut

 

Et l’on devient coquillage, lavé, relavé

Par cette onde magique, transparente, inertielle

Projeté sur un écran tactile, délavé,

Parfaitement pur, comme une guérison partielle

 

Ce ne sont plus nos doigts qui s’agitent, mais des mains,

Des milliers de mains, sur un piano géant, guérisseuses,

Dans la matière où trébuche l’espoir, demain,

Au rêve de l’artiste, l’image attend, heureuse

 

Sa délivrance, son tarissement de l’angoisse d’être.

Reconnaissante enfin de ce droit qu’on lui donna

De vivre, d’être là, ici, ailleurs, d’aimer,

Et de vouloir aller plus loin, sans disparaître.

©Nelly

2/9/2009

Ebauche de l'esprit...

 

 

Ebauche de l’esprit…

 

Le charme est indéniable pour le cœur amoureux…

Dans le nid de ces yeux, où rien ne se révèle

De doux, ni d’amer,

Se blottissent, ravis, les sens où s’entremêlent,

L’Or avec le fer

Orfèvrerie si pure et ahurissant jeu

 

Comme le sable morne recherche le désert,

Le sentiment perdu réclame son azur

Dans ton corps si beau !

Resplendit à jamais comme un trésor qui dure

Miroir de ta peau

Mer odorante et vaste, et jamais ne se perd

 

Quand tout n’est qu’Or, acier, lumière et diamant,

La froide majesté ni trouve point sa place

Belle d’abandon

Et son âme rêveuse se liquéfie de glace

Cherchant à tâton

Le fardeau de l’errance pendue au firmament

 

Lors sa tête d’enfant écrasée de paresse

Se balance en cadence alanguie et heureuse

Au creux de ton cou

Et la bouche remonte lentement et fiévreuse

Recherche le tout

Promis par cette nature avide de caresses

 

Rappelons-nous l’objet que nous vîmes, mon âme,

Ce beau matin d’été, sous un Soleil si doux

Et Ciel pour témoin

Au fond de nos regards, lit semé de cailloux,

Au vent du matin

Qui, surpris, nous regarde, puis d’un souffle se pâme

 

Tout cela descendait, montait comme une vague,

Déferlante et docile, tout à tour, et vivante

Egale au plaisir

En formes effacées, fluides, comme l’eau courante

Tel un souvenir…

Une traînée de vide et de plein qui divaguent

 

Ebauche lente à venir sur la toile oubliée,

Perdue dans le dédale de toutes ses pensées

Et que l’Artiste achève juste par la mémoire

Mais au fait j’y songe… Etait-ce la mémoire ?

©Nelly

1/27/2009

La beauté des souvenirs...

La beauté des souvenirs…

 

Avant que le rêve ne nous prenne, indécis,

Le rossignol a chanté encore une fois.

Ce fut comme un frisson dans ma mémoire, ici,

Il a chanté comme s’endort la vie parfois.

Et c’était de l’Or.

 

Sur la couche de son plaisir, puis du repos,

Ainsi, consentit son rêve, à l’arrivant,

Où faisait halte son errance, dans cet îlot,

Il avait replié sous sa tête, l’avant.

Sublime décor.

 

C’était comme un sommeil d’été, des choses proches,

Un feu qui passe, chaque fois, de branche en branche,

Transmutation des métaux en rêve, approche,

D’un univers si clôturé, une revanche ;

Une année encore.

 

Dans les brumes de mes sommeils si incessants,

Aller ainsi, avec le même orient, si loin,

Au-delà des images, tableaux harassants,

Qui chacun, parfaits firmaments d’étoiles, oints,

Deviennent trésor.

 

Les soirs n’ont tant de la beauté qui s’attarde,

Ne peut quitter une terre qu’elle a tant aimée,

La façonnant de ses mains de lumière blafarde

Qui dévale avec grand bruit dans mon écharde

D’avenir sans mors.

 

Et disent autre chose que ce qui est vraiment,

Leur beauté, leurs mensonges, traverser l’angoisse

De quelques-uns, mais aussi le bonheur, présent,

Dont le feu court dans le passé en cendre ; la poisse

Fait place à l’aurore.

©Nelly

1/13/2009

Croyance...

 

Croyance…

 

L'espérance d'un Dieu inaccessible et beau...
Tout ce qui brille, hélas n'est pas d'or, et faux maître
Trop souvent, il devient quand se forge le traître
Et lancinant fleuve de charrieurs d'émaux.

Pourtant fable d'Eden ressens-tu son absence?
En Déesse-joyau, brave de ta présence
Le bel Astre de nuit ou scintillent les belles
Etoiles radieuses au dessus d'Immortels !

Rauques en étaient les voix brûlantes dans les restes,
Et rouge était le ciel sur les terres arides.
Tout un fleuve de Lune sur la table terrestre
Ouvrait, fermait les yeux d'une clarté livide.

Là ou l'eau des bassins coulait sans aucun bruit
Brillaient dans l'herbe pure une lumière divine ;
Chemins de sable clair que le jour assassine
Si proche, comme ce sein pour les lèvres, enfin fruits.

Limpide son regard, véritable nature,
Hèle plus qu'entités! Ou de fausses errances.
Mes présages en "nouvelles" ; céleste nourriture,
Invite à l'amour en unique croyance.

Est t-il besoin encore de dire mon bleue de Mère
Devant cet évidence, origine berceau ?
Rêveur nie ses prières, aveugle son âme claire ;
Vision originelle où perle son cœur... beau.

©Nelly et Domi

1/3/2009

Bonne Année à toutes et tous!!!!!

Image hébergée gratuitement chez www.imagehotel.net

Que la Paix du coeur et de l'esprit vous accompagne tout au long de cette Nouvelle Année.

12/29/2008

Tant de choix...

 

 

Tant de choix…

 

Et des choses et des noms, c’était comme si

Les voies, les espérances s’unissaient en même point ;

A l’aval de ce fleuve, fleuve de paix, d’amour,

Trop pour ce monde, entre ciel et chambre, ainsi

Qu’un soleil terrestre, le minime dans ses mains

Où parfois le miroir se prend au jeu du toujours.

 

Evidence d’une vérité qui avance,

Comme l’enfant émerveillé sous la treille,

Étonné d’être là, si petit, cœur battant.

Il se dresse heureux, perdu d’innocence,

Tend sa main pour saisir les merveilles ;

La grappe rouge du raisin, insouciant.

 

Tant de Lumière dans son cœur où n’est plus

La chaleur d’un sourire, une main maternelle

Caressant ses souffrances, comme on flatte la vie.

L’enfant-roi, disparu, englouti, reclus

Dans son antre sans paix, indifférent au ciel

Qui se couvre parfois au détour d’une obvie

 

Comme s’il allait nu, sur une plage, ici

Ou là, seul dans sa voix, dans ses rêves, incertain.

Il s’arrête pourtant, distrait, et son pied pousse

L’eau dans le sable, une lampe cachée, voici,

L’ombre dansante dans la trouée d’un matin,

Telle cette lumière dans l’esprit, pâle et douce.

 

Vivante illusion que ces mains savantes, avant,

Qui préservèrent la braise sous la cendre, si vives,

Si vraies. Qui d’un pied nu aura laissé l’empreinte ?

Qui redessine ce doux visage d’enfant ?

Nul n’a voulu, nul n’est venu, qui vive,

Seulement le souvenir dans la mémoire qui s’éreinte.

©Nelly

12/21/2008

Forêt de sapins au salon d'ivoire...

  Rencontre au hasard des blogs de poésie... 

Ce texte sublime, au coeur de l'hiver, est un coup de coeur. Il est l'oeuvre d'un ami poète québecois Réal. Encore bravo cher cousin!!

Forêt de sapins au salon d’ivoire
(Chant Royal)

Noël racontait légende à l’enfant
Ses yeux d’heure attrait avaient plus que voix
Se dit loup-garou au Premier de l'an
La lune est en ciel à faire sa loi
L’histoire est contée au lieu fait de bois
Le temps est à pied sous serment de vent
L’océan à quai la mer a cent ans
Chapelle est à voir avant nuit d’étrennes
La neige est en vers doigts blancs sur le noir
La lampe est placée décrire la scène
Forêt de sapins au salon d’ivoire

Parlant de tous mots langage savant
Le loup est propos à l’édit d’émoi
Il est le manteau pour gel au couchant
Parce que son pas, silence le roi
Il est pré-dateur jamais à l’étroit
S’inscrit à l’écrit on le sait menant
Il est pour l’un sien, il est fait de blanc
Tenant en chemin l’histoire de plaine
Où toute chaleur emplie bien le soir
Un siffleur de temps paré de pré-vaine
Forêt de sapins au salon d’ivoire

Avant de coucher la maison du rang
Lueur au volet triant tout le froid
L’hiver est secret disait le parlant
Il jonglait les mots seul est son patois
Il est au plus long d’un jour à la fois
La louve au coteau connaissait l’étang
Âgé de sommeil ses yeux parlaient tant
Le rêve est en lui malgré toute peine
Sa main tient la lieue de tout son savoir
Sa raison pendule et coucou fredaine
Forêt de sapins au salon d’ivoire

Avant le matin y’avait cet instant
Que l’on attendait si tant il est joie
Tantôt éveillé parfois moins présent
À vouloir que l’oui soumis et pantois
Se su à ce crie demandant pourquoi
L’oral où l’écrit du loup est troublant
Un sentier de peur où les cailloux lents
Espèrent un chasseur avant la huitaine
La bête à trapper en faire devoir
Avant la tombée en fin de semaine
Forêt de sapins au salon d’ivoire

Ainsi se voulait la veillée d’antan
L’escalier craquait un pas et deux trois
En milieu de nuit le givre suintant
Où l’ombelle plie pour châssis de bois
Un chant comme hiver d’un je ne sais quoi
La table à vêtir d’un repas gourmand
Grand-père à l’endroit ses pieds au bois franc
Giguer le présent sans perdre haleine
La note au violon l’archet au pouvoir
Dans l’air rigodon moment que l’on s’aime
Forêt de sapins au salon d’ivoire

Le matin suivant de l’aurore pleine
Jouant à vêtir la neige de laine
On a aperçu le blanc du terroir
Dévoilant l’intrus près de la fontaine
Forêt de sapins au salon d’ivoire
(Atouthasard)

Réal

12/8/2008

Note astrale...

 
 

La note astrale…

 

J’ai souvent évoqué cette Lune enchantée

Vénus la si belle, légendaire et dévote

Qui bâti dans les cœurs un peu d’éternité

Jusqu’à ce que l’oubli les jette dans sa hotte.

 

Ainsi qu’une médaille Vénus s’étalait

Comme un fleuve dormant sur le corps de la Nuit

Fabuleuse endémie de partout ruisselait

Eclaboussant de vie les ombres de l’ennui.

 

Dans cette aube pluvieuse, s’éveillait lentement

La lumière crue des âmes, mouvante et délicieuse,

Que tourmentait sans cesse un curieux sentiment

Mêlé de solitude et présence pieuse.

 

Ravie d’illuminer un ciel bourbeux et noir

La douceur endormie réveillait dans les prés

Les vers comme les roses, et les fontaines-miroir,

Rajeunissant les cœurs et les jeunes cyprès.

 

Tout à coup, au milieu de l’intimité libre,

Eclose et vibratoire, une note plaintive,

Devenait un sonore instrument où ne vibre

Que la claire gaité, puissante et fugitive.

 

Syllabe brève puis longue, hésitation de l’ïambe

Qui n’ose pas franchir le souffle qui espère,

Ce son qui réunit divisant les choriambes…

Ce beau commencement quand l’aurore se terre.

©Nelly

11/30/2008

L'étoile livide...(A mon ami d'enfance, Philippe, disparu le 27 Novembre dernier)

 

L’étoile livide…

 

Ils s'attardaient, le soir, sur la terrasse d'ambre

D'où partaient les chemins, de sable clair et doux

Sous un ciel sans nombre. Et si nue devant nous

Etait l'Etoile sans vie, nous devenions ses membres

 

Elle était l’illusion, un espoir que l’on fume,

Le feu naissant de soi, des cendres désunies.

A la flamme plus vaste que celle d’un ciel terni,

Ce jour là nous avons rendu ce que nous fûmes.

 

Et nos pas s’en allèrent dans l’herbe sans mémoire,

Dormant, ne nous sachant, nous en aimions le goût.

Suante, empoussiérée, l’attente malgré nous,

Poursuivait son chemin, recherchant le savoir.

 

Au lieu qu’encor, de nuit, sous des arbres bruyants,

Elle s’arrête et frappe à des portes fermées,

Elle préférait marcher vers des mains endiablées

Et, d’un cri, embrasé, le crépuscule fuyant.

 

Et vite elle nous menait là où la nuit retombe,

Là où deux pas devant il n’est plus rien qu’on sache.

Plus de chemin pour nous ;  de l’herbe qu’on arrache,

Plus de passage à gué…un parfum d’outre-tombe.

©Nelly

 

 

11/20/2008

C'est si beau...

 

C’est si beau…

 

Un cœur qui brille dans la pénombre

Et ne sait plus où est le nombre

Tant la Lumière est apparente

Et la Vérité sous-jacente

C’est si beau

Un ange parfois assoupie

Au bord du Monde qui dévie         

Comme le satin d’un cercueil

Qui oblige qu’on s’y recueille

C’est si beau

 

Un violon nomade du Soir

Qui chante le doux sur le tard

Sans accompagner la tristesse

Vers la sortie telle une princesse

C’est si beau

Ces mains qui jouent de l’arc-en-ciel

Sur la toile de l’inertiel

Et puis ces cris…et puis ces riens

Qui changent le pieu en païen

C’est si beau

 

C’est si beau de croire à l’oubli

D’y voir un champ sans aucun pli

Un chant d’Amour qu’aurait aimé

Un poète fou ou bien désuet

C’est si beau …

C’est si beau de croire que jamais

L’ab solitude est un chevet

Sur lequel repose le foyer

Qui brûle au cœur d’un air noyé

C’est si beau

 

De penser au lieu de le faire

De l’espérer comme l’enfer

Alors que l’Amour inédit

Se contente du Paradis

C’est si beau

De regarder sans vraiment voir

La peau si blanche sous satin noir

Et la noirceur du désespoir

C’est si beau

 

De se réveiller un matin

Et de se dire : « je n’crois en rien ! »

Et de sourire à l’enfant né,

Simple caprice d’ailleurs, inné

C’est si beau

Un cœur qui brille dans la pénombre

Et ne sait plus si vit son ombre.

C’est si beau…

©Nelly

11/9/2008

Vogue l'Ame...

 

Vogue l’Ame…

 

Aux Chemins oubliés que nimbe l’amertume ;

Tous mes vagues à l’âme dans leur manteau d’écume

Deviennent des récifs échoués sous ma plume

Mourant tout simplement sous son voile de brume

 

Et sous les Cieux ravis que leur Aube progresse,

Des journées infinies tissent de belles promesses

Pour les cœurs engourdis des belles poétesses

Qui deviennent ainsi étranges prophétesses

 

Si les marchands de rêves, qui s’endorment déjà

Sous un Ciel de traîne qu’ils n’achèveront pas

Esquissent des enfants leurs contours jouvenceaux

C’est pour mieux retrouver de l’enfance le beau

 

Quand l’interminable se prend à nos jeux

Jouant à cache-cache, brûlant mille feux,

Je te veux ami, et non demi-dieu

Pour mieux m’endormir au creux de tes yeux

 

Et finir ainsi l’esquisse divine

Qui fut commencée en courbe d’échine

Dans un Ciel d’orage où l’âme devine

Les formes mouvantes d’ombres sibyllines.

 

Pour s’élever là où naît le courage

Afin d’arrêter ce curieux voyage

Qui ne mène à rien d’autre qu’au naufrage

Je me permets donc de finir la page           

 

Où chemineront, nimbés d’infortune,

Mes vagues à l’âme en manteau d’écume

Devenus récifs mourant sous ma plume

Pour s’étendre alors noyés sous la brume.

©Nelly

Renaissance...

 

Renaissance…

 

J’ai besoin quelquefois de marcher au Soleil

Si les chemins sans terres

Dans des brumes si pures, entourée de merveilles

Où l’âme s’enterre

 

Je regarde l’instant où le bleu se mélange

A la grise chimère

Et redessine encore l’esquisse si étrange

De notre terre-mère

 

Avancée si fragile désirée, redoutée,

Annonciatrice d’hivers

De printemps, de bonheur et de sensuels étés,

Dans leurs teintes de vert

 

J’en redemande encore, et je cherche et je trouve

Ces moments sans impairs

Suspendus dans l’espace et le temps qui approuvent

Quand le bonheur opère

 

- tu peux venir te poser sur moi Soleil si doux !

Te tatouer sur ma peau

T’accrocher à mon ancre, te lover dans mon cou

J’ai trouvé le repos !

 

J’ai besoin quelquefois de marcher au Soleil

Si les chemins sans terres

Dans des brumes si pures, entourée de merveilles

Car parfois je m’y perds.

©Nelly

10/24/2008

Dans l’Aube d’un poète…

 
Dans l’Aube d’un poète…
 
La transparence est là, hurlant sa Vérité
Tapie sous un sonnet dans sa pâle beauté,
Douce comme satin d’une aube sans son voile,
Parure si fragile qui parfois se dévoile.
 
Tant de larmes ont coulé, et couleront encore
Et l'âme du poète ;  sa sensibilité,
Continue son ouvrage avec humilité
Faisant naître en ce Monde un fabuleux décor,
 
Erigé comme un fort où ne viennent jamais
Se battre les remords, pas plus que les regrets,
Ni les sempiternelles questions de l’autre rive ;
Il maintient le navire, évite la dérive.
 
Poète de toujours, ou même d’un instant,
A chacun de tes mots posons encore un pas,
Sur ce si long chemin qui chasse le trépas
Et sur lequel, mA foi, sommes bien hésitants.
 
Sur le terrain boueux que nous foulons parfois,
Oublieux de l’Amour et sa force de loi,
Nous, devenus forçats résignés et funèbres,
Découvrons lourdement de trop longues ténèbres,
 
Et enfin nous voyons ce qui rend plus complètes,
Les mystérieuses lois de nos vies si parfaites ;
Sortir de notre fosse née d’un parcours « injuste »,
Pour accéder enfin à la Lumière des Justes !
 
Et c’est à sa Lumière, sa chandelle d’écrits,
-Quoique le sujet soit bien triste en vérité-
Qu’enfin nous moissonnons, nourrissant la Beauté
De ce monde si beau que l’imparfait décrit.
©Nelly
10/9/2008

Contraste

 

Contraste…

 

Mariage de fleurs et de saisons

Coule la vie sans déraison

Subtiles teintes

Déclinaison

Jamais ne feinte

 

L’absolue sienne dans son étreinte

Nous dit les ocres que rien n’éreinte

Coule la vie

Pas de contraintes

Dans l’infini

 

L’enivrante monotonie

D’un peintre fier de son génie

Silence d’Or

Et rêverie

Qui nous endort

 

Nuls astres d’ailleurs, nuls météores

Du Soleil même aux teintes fluor

Chasse le brumeux

Qui nous dévore

Au fond des yeux

 

Pendule au rythme laborieux

Ponctue le temps d’un son curieux

Et rassurant

Comme un adieu

Au firmament

©Nelly

10/7/2008

Elle regarde...

 

Elle regarde…

 

Elle regarde l’azur dont les rayons parfaits

S’accouplent singuliers, à ceux, de son regard

Etranges et pénétrants, dans les ombres du Soir,

Puis deviennent fragiles quand dorment les effraies

 

Tel le fluide soyeux de l’onde sur un corps

Découvrant au matin la blanche nudité,

Se dévoilent au fond des riens d’éternité

Qui vous font frissonner dans ce curieux décor.

 

Trahissant sans façon l’humide profondeur,

Une flamme vacille rendant la nuit plus noire,

Emblématique scène d’un profond désespoir

Sortie droit d’un tableau, absoute de laideur.

 

Tête-à-tête si sombre, mais tout aussi limpide,

Que le cœur au miroir dès l’instant qu’il se mire,

Pour puits de Vérité quand s’endort un empire

Où semble s’égarer une étoile livide.

 

Son absolu regard ne demande pourquoi

Qu’à l’instant du repos dans ce détroit fatal

Tel un navire pris dans un piège de cristal

Pour avoir oublier, l’Océan et ses lois.

 

« Souviens-toi que la Vie reprend ce qu’elle donne,

Car  elle aime tricher, et gagner, car elle gagne !

C’est sa loi, c’est ainsi. Malgré toute sa hargne

Lorsque le jour décroit, la nuit devient madone. »

 

De cet accouplement, aucune lassitude,

Ne viendra perturber les vibrantes douleurs

Que les cœurs plein d’effroi refusent dans la peur

De voir se reconstruire l’hideuse solitude.

 

Si l’amour est son phare, le bateau est son âme

Perdu, sans capitaine, il reconnaît pourtant

A l’attache si fine, son ancre dont le temps

Use si bien le fer, et dont le bois se pâme.

 

Tantôt sonnera l’heure où la Vie gagnera.

Il lui faudra partir vers un nouvel ailleurs,

Lors elle emmènera, assez près de son cœur,

Cette absolue fusion que l’Amour lui donna.

©Nelly

9/30/2008

J'ai vu la Colombe...

 

J’ai vu la Colombe…

 

Il pleure en hiver et marche au jardin

L’étrange univers,

Dans les yeux d’un homme au sourire divin ;

Viendra la Colombe ?…

 

Noyant sans façon les cieux d’outre-tombe

D’un Soleil carmin,

Et rayonnera sans chinoises ombres

Au curieux destin ?

 

Il marche en hiver et pleure au jardin

Cet étrange monde,

Dans l’aura d’un Etre aux gestes ondins

Choyant la Colombe.

 

Nourris de couleurs et douces prières,

Des espoirs sans fin,

Montent au créneau jouant pour hier

L’harmonie céleste.

 

Il prie au jardin, marchant sur les restes

D’un ancien Monde ;

Le Soleil d’été brille dans ses gestes…

J’ai vu la Colombe.

©Nelly

8/25/2008

L'Or du fruit mûr...

 

L’Or du fruit mûr…

 

C’est un bonheur sans nom que de vouloir aimer

Tout cela ? Et le plus

Notre bonheur, celui qu’on a construit,

C’est le nôtre, vaste

Sans puissance d’oubli, et après qu’il eu plu

 

Et encore, et l’Eté, la terre qui vient à nous

Comme pour demander

Qu’une autre main la guide, et que rien ne la brûle

Hormis cette Lumière

Sortie tout droit de nous et qui est sans esprit

 

Nos âmes tentent le gué, mais nos corps s’y refusent,

Et se prennent au rien

Et l’une et l’autre soient de notre suffisance,

Persuadés, en fait

Que rien n’a d’importance, que le fait d’être aimés

 

Lors la Vie devient eau. Bois de cette eau qui est,

Fleuve qui devient rêve,

Et se trompe de lit, perdu à tout jamais,

Comme cesse le temps.

Et lorsque l’on revient, on voit qu’il dort en paix.

 

Nimbé de son pouvoir, se détacher enfin

De ce qui fut chemin,

Et ne plus rechercher le fruit inaccessible

Sur l’arbre de l’hiver

Où grelotte toujours celui qui ne sait pas.

 

Quant tout est immobile, sentir le bruissement

Imperceptible, doux,

L’imminence du fruit ! Ouverture de l’Aube,

Malgré la grange vide ;

Palette de couleurs pour un œil averti.

 

L’un à l’autre nous sommes, et l‘absence et le mot,

Ne sont qu’un à jamais

Dilués dans sa couleur inconnue et superbe ;

La couleur de nos traces

Comme brillance et or, quand l’eau quitte la main.

©Nelly

 

Nelly vous transmet du Soleil...

Bienvenue dans mon Univers…
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